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1 - Pratique de la Vision du Soi Fondamentaux Vision du Soi

Vision 2.0 !

« Vision », le texte fondateur de la Vision du Soi selon Douglas Harding est présent sur volte-espace, dans ses versions originales (anglais & français), depuis le 12 novembre 2012.

Et depuis ce jour-là, de très nombreux billets renvoient à ce … chef d’œuvre. Même si le véritable chef d’œuvre est moins ce texte que les diverses expériences qui permettent de le faire sien.

Comme je l’ai écrit dans « Vision 1 – Le plus beau jour de ma vie », le désir m’est venu de reprendre ce texte fondateur en proposant une traduction parfois légèrement différente de celle de Catherine. Je vous le propose ci-dessous dans son intégralité, avec les renvois en fin de billet pour accéder aux commentaires.


« Le meilleur jour de ma vie – ma renaissance pour ainsi dire – fut le jour où je me découvris sans tête. Ce n’est ni une figure de style ni un paradoxe pour susciter à tout prix l’intérêt. Je suis tout à fait sérieux : je n’ai pas de tête. … »

« The best day of my life – my rebirthday, so to speak – was when I found I had no head. This is not a literary gambit, a witticism designed to arouse interest at any cost. I mean it in all seriousness : I have no head. »

« … Cette découverte advint il y a dix-huit ans, j’en avais alors trente-trois. Subitement certes, mais en réponse à une quête ardente : depuis plusieurs mois la question : qu’est-ce que je suis ? me possédait. … »

« … It was eighteen years ago, when I was thirty-three, that I made the discovery. Though it certainly came out of the blue, it did so in response to an urgent enquiry ; I had for several months been absorbed in the question : what am I ? … »

« …  Qu’elle soit survenue lors d’une randonnée en Himalaya importe peu, même si cette région est dit-on réputée pour favoriser des états de conscience inhabituels. Quoi qu’il en soit, ce jour si clair, si calme et la vue de la crête où j’étais, par delà des vallées nimbées d’une brume bleutée jusqu’à la plus haute chaîne de montagnes du monde, avec parmi ses cimes enneigées le Kangchenjunga et l’Everest, composaient un cadre digne de la plus grandiose vision. … »

« … The fact that I happened to be walking in the Himalayas at the time probably had little to do with it ; though in that country unusual states of mind are said to come more easily. However that may be, a very still clear day, and a view from the ridge where I stood, over misty blue valleys to the highest mountain range in the world, with Kangchenjunga and Everest unprominent among its snow-peaks, made a setting worthy of the grandest vision. … »

« … Il se passa quelque chose d’absurdement simple et non spectaculaire : la pensée cessa. Un calme étrange, une curieuse sorte d’attentive détente ou torpeur m’ont saisi. La raison, l’imagination et tout le bavardage mental disparurent. … »

« … What actually happened was something absurdly simple and unspectacular : I stopped thinking. A peculiar quiet, an odd kind of alert limpness or numbness, came over me. Reason and imagination and all mental chatter died down. … »

« … Les mots me manquèrent véritablement pour la première fois. Passé et avenir se dissipèrent. J’oubliai qui et ce que j’étais : nom, humanité, animalité, tout ce qui pouvait être appelé mien. Comme si je venais tout juste de naître, flambant neuf, sans mental, vierge de tout souvenir. Seul Maintenant existait, cet instant présent et ce qu’il offrait en toute clarté. Voir suffisait. … »

« … For once, words really failed me. Past and future dropped away. I forgot who and what I was, my name, manhood, animalhood, all that could be called mine. It was as if I had been born that instant, brand new, mindless, innocent of all memories. There existed only the Now, that present moment and what was clearly given in it. To look was enough. … »

« … Je découvris deux jambes de pantalon camouflé conduisant à une paire de chaussures marrons, des manches camouflées menant sur les cotés à deux mains roses, et l’avant d’une veste camouflée se terminant en haut par … absolument rien ! Certainement pas par une tête. … »

« … And what I found was khaki trouserlegs terminating downwards in a pair of brown shoes, khaki sleeves terminating sideways in a pair of pink hands, and a khaki shirtfront terminating upwards in – absolutely nothing whatever ! Certainly not in a head. … »

« … Je découvris instantanément que ce rien, cette ouverture où une tête aurait dû se trouver, n’était pas un vide ordinaire, un simple rien. Il était au contraire entièrement plein. C’était un vaste vide largement rempli, un rien qui accueillait tout – les prés, les arbres, les lointaines collines dans l’ombre et, bien au-delà, les cimes enneigées semblables à une rangée de nuages anguleux chevauchant l’azur. J’avais perdu une tête et gagné un monde. … »

« … It took me no time at all to notice that this nothing, this hole where a head should have been was no ordinary vacancy, no mere nothing. On the contrary, it was very much occupied. It was a vast emptiness vastly filled, a nothing that found room for everything – room for grass, trees, shadowy distant hills, and far above them snowpeaks like a row of angular clouds riding the blue sky. I had lost a head and gained a world. … »

« … Cela me coupa littéralement le souffle. Immergé dans ce Présent, j’avais presque suspendu ma respiration. Voila : ce paysage grandiose, intensément rayonnant dans l’air pur, isolé et sans support, mystérieusement suspendu dans le vide et – en cela résidait le vrai miracle, l’émerveillement et la joie – totalement délivré de « moi », détaché de tout observateur. Son entière présence était mon entière absence, de corps et de mental. Plus léger que l’air, plus transparent que le verre, complètement libéré de moi-même, je n’étais plus nulle part à la ronde. … »

« … It was all, quite literally, breathtaking. I seemed to stop breathing altogether, absorbed in the Given. Here it was, this superb scene, brightly shining in the clear air, alone and unsupported, mysteriously suspended in the void, and (and this was the real miracle, the wonder and delight) utterly free of « me », unstained by any observer. Its total presence was my total absence, body and soul. Lighter than air, clearer than glass, altogether released from myself, I was nowhere around. … »

« … Malgré son caractère magique et mystérieux, cette vision n’était ni un rêve ni une révélation ésotérique. Précisément l’inverse : comme la fin du rêve, l’éveil subit qui extirpe du sommeil de la vie quotidienne. Une réalité lumineuse en soi, pour une fois expurgée de toute complication mentale. C’était enfin la révélation de l’évidence même. Un instant lucide dans une vie confuse. Je n’ignorai plus quelque chose que je n’avais pas vu (depuis ma prime enfance en tout cas), ayant toujours été trop affairé ou trop intelligent. … »

« … Yet in spite of the magical and uncanny quality of this vision, it was no dream, no esoteric revelation. Quite the reverse : it felt like a sudden waking from the sleep of ordinary life, an end to dreaming. It was self-luminous reality for once swept clean of all obscuring mind. It was the revelation, at long last, of the perfectly obvious. It was a lucid moment in a confused life-history. It was a ceasing to ignore something which (since early childhood at any rate) I had always been too busy or too clever to see…. »

« … C’était une attention nue, sans jugement, à ce qui n’avait jamais cessé de me « dévisager » : mon absence totale de visage. Bref, tout cela était parfaitement simple, ordinaire et direct, en-deçà du raisonnement, de la pensée et des mots. L’expérience elle-même ne suscitait ni question ni référence, seulement la paix, une douce joie et la sensation d’avoir déposé un insupportable fardeau. »

« … It was naked, uncritical attention to what had all along been staring me in the face – my utter facelessness. In short, it was all perfectly simple and plain and straightforward, beyond argument, thought, and words. There arose no questions, no reference beyond the experience itself, but only peace and a quiet joy, and the sensation of having dropped an intolerable burden. »


Ma reconnaissance éternelle à Douglas Harding, auteur de ce texte & inventeur de la Vision du Soi, et à Catherine sa femme & première traductrice en français.

  1. Vision 1 – Le plus beau jour de ma vie …
  2. Vision 2 – une recherche obstinée
  3. Vision 3 – Peu importe le lieu …
  4. Vision 4 – j’arrêtai de penser
  5. Vision 5 – Voir, cela suffisait
  6. Vision 6 – Certainement pas une tête
  7. Vision 7 – J’avais perdu une tête et gagné un monde
  8. Vision 8 – Sa présence totale était mon absence totale
  9. Vision 9 – un éveil soudain qui m’arrachait au sommeil de la vie ordinaire
  10. Vision 10 – tout cela était parfaitement simple, ordinaire et direct

Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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