« … Yet in spite of the magical and uncanny quality of this vision, it was no dream, no esoteric revelation.
Quite the reverse : it felt like a sudden waking from the sleep of ordinary life, an end to dreaming.
It was self-luminous reality for once swept clean of all obscuring mind.
It was the revelation, at long last, of the perfectly obvious.
It was a lucid moment in a confused life-history.
It was a ceasing to ignore something which (since early childhood at any rate) I had always been too busy or too clever to see…. »
« … Malgré son caractère magique et mystérieux, cette vision n’était ni un rêve ni une révélation ésotérique.
Précisément l’inverse : comme la fin du rêve, l’éveil subit qui extirpe du sommeil de la vie quotidienne.
Une réalité lumineuse en soi, pour une fois expurgée de toute complication mentale.
C’était enfin la révélation de l’évidence même.
Un instant lucide dans une vie confuse.
Je n’ignorai plus quelque chose que je n’avais pas vu (depuis ma prime enfance en tout cas), ayant toujours été trop affairé ou trop intelligent. … »
Les « happy few » lecteurs de volte-espace auront reconnu le neuvième paragraphe de « Vision », chapitre initial de « Vivre Sans Tête – Une contribution au zen en occident ». Le désir m’est venu de reprendre, paragraphe par paragraphe, ce texte fondateur en proposant une traduction parfois légèrement différente de celle de Catherine et quelques commentaires. La considération finale de l’ensemble du texte pourra conduire à retoucher un peu chaque partie.
Ce simple & court, dense & inépuisable texte de Douglas Harding pourrait « peser » aussi lourd que toutes vos autres lectures spirituelles … Il vous donnera peut-être envie de participer à un atelier de Vision du Soi, de transformer le « ouï-dire » en expérience personnelle, les concept en percepts …
1 – Un peu de « mystère » ne nuira pas à cet essai de traduction !
2 – « L’éveil subit » ramène au plus près de ce zen dont il sera beaucoup question dans la suite du livre.
3 – « La pensée » n’obscurcit pas nécessairement, mais le jeu du « mental » complique parfois singulièrement l’existence.
6 – « Affairé » rapproche également de « l’homme sans affaires » du zen.
Et oui, l’excès d’intelligence – naturelle et/ou artificielle ! – ne facilite pas la Vision.
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NB : traduction originale de Catherine Harding :
« … Pourtant, malgré la qualité magique et surprenante de cette perception visuelle, il ne s’agissait ni d’un rêve, ni d’une révélation ésotérique. Plutôt l’inverse : un éveil soudain qui m’arrachait au sommeil de la vie ordinaire, la fin d’un rêve, une réalité qui rayonnait de sa propre lumière, et pour la première fois lavée de la pensée qui obscurcit. C’était la révélation tant attendue de l’évidence même, un moment de clairvoyance dans l’histoire confuse de ma vie. Je cessais d’ignorer une chose que (depuis ma plus tendre enfance, en tout cas) je n’avais pu voir, égaré par trop d’occupations ou de faux-fuyants. … »
Cordialement

