
« … It took me no time at all to notice that this nothing, this hole where a head should have been was no ordinary vacancy, no mere nothing.
On the contrary, it was very much occupied.
It was a vast emptiness vastly filled, a nothing that found room for everything – room for grass, trees, shadowy distant hills, and far above them snowpeaks like a row of angular clouds riding the blue sky.
I had lost a head and gained a world. … »
« … Je découvris instantanément que ce rien, cette ouverture où une tête aurait dû se trouver, n’était pas un vide ordinaire, un simple rien.
Il était au contraire entièrement plein.
C’était un vaste vide largement rempli, un rien qui accueillait tout – les prés, les arbres, les lointaines collines dans l’ombre et, bien au-delà, les cimes enneigées semblables à une rangée de nuages anguleux chevauchant l’azur.
J’avais perdu une tête et gagné un monde. … »
Les « happy few » lecteurs de volte-espace auront reconnu le septième paragraphe de « Vision », chapitre initial de « Vivre Sans Tête – Une contribution au zen en occident ». Le désir m’est venu de reprendre, paragraphe par paragraphe, ce texte fondateur en proposant une traduction parfois légèrement différente de celle de Catherine et quelques commentaires. La considération finale de l’ensemble du texte pourra conduire à retoucher un peu chaque partie.
Ce simple & court, dense & inépuisable texte de Douglas Harding pourrait « peser » aussi lourd que toutes vos autres lectures spirituelles … Il vous donnera peut-être envie de participer à un atelier de Vision du Soi, de transformer le « ouï-dire » en expérience personnelle, les concept en percepts …
1 – « Ouverture » me convient mieux que « trou ». Et « vacuité » comme « néant » me semblent trop élaborés et connotés. J’ai choisi de suivre la proposition de Paul Valéry : « Entre deux mots il faut choisir le moindre ».
2 – Idem pour « occupied ». De plus le couple rien & plein sonne plutôt bien en français. L’expérience ouvre en réalité sur une plénitude … suprême ! Vérifiez !
3 – Je doute que Douglas Harding ait vu beaucoup de « gazon » de l’endroit où il se trouvait. Et le degré d’exigence anglais quant au dit gazon impose ce retrait !
NB : traduction originale de Catherine Harding :
Je découvris instantanément que ce rien, ce trou où aurait dû se trouver une tête, n’était pas une vacuité ordinaire, un simple néant. Au contraire, ce vide était très habité. C’était un vide énorme, rempli à profusion, un vide qui faisait place à tout – au gazon, aux arbres, aux lointaines collines ombragées et, bien au-delà d’elles, aux cimes enneigées semblables à une rangée de nuages anguleux parcourant le bleu du ciel. J’avais perdu une tête et gagné un monde.
Cordialement
