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L’Entièreté de l’Esprit … ou juste la technique ?

L’automne dernier, à l’invitation de l’association volte-espace, Marc Gutekunst a présenté son livre « Qi Gong Un Périple au Cœur du Souffle – Pratique de prise de conscience »1 à St-Jean de Maurienne. Une trentaine de personnes a assisté à cette soirée, généreusement accueillie par l’indispensable librairie Des Livres et Vous Maurienne.2 Le 7 juin prochain il animera une journée de Qi Gong à Modane.3

Marc est un enseignant de Qi Gong hors pair – exigeant envers lui-même & ses élèves -, praticien de médecine traditionnelle chinoise, un ami précieux. Il ne se contente pas de transmettre un ensemble cohérent de « techniques, recettes, savoirs », mais, ce qui est beaucoup plus rare, invite à cette entièreté de l’Esprit qui fait tant défaut à notre modernité déboussolée et en propose diverses clés d’accès.4 Ce que, modestement, je fais aussi en partageant la Vision du Soi & la méditation dans l’esprit du zen.5

Occasion saisie de le remercier donc. Occasion aussi de bien entendre cette citation de Christian Bobin, en dépit de l’habituel retard – immense – de chaque époque sur l’intuition de ses poètes :

« L’Occident exsangue, au bord de se dévorer lui-même, s’en va depuis quelque temps voler aux Orientaux ce qu’il croit être leur « sagesse ». Dans ce pillage il le dénature, le change en cela seulement qu’il comprend : des techniques, des recettes, des savoirs. »

Métaphysique des bébés 6

Si les disciplines plurimillénaires que sont Qi Gong, Yoga, Méditation, … sont coupées de leur essence spirituelle, alors ce ne sont plus que des coquilles vides. L’intérêt du divertissement exotique, du bien-être et de la santé subsiste, certes, mais une perte immense a lieu. Par la complicité de consommateurs et d’instructeurs qui se « contentent de trop peu », au diapason d’une époque ignorante, avide de « fun » et rétive à « la vraie grandeur ».7

Si elles ne visent pas la métamorphose radicale du pratiquant, sa « métanoia » (le dépassement de l’idole du mental), si elles ne lui permettent pas « d’avoir pour corps l’univers entier », d’« être le lieu où l’univers se réjouit d’être l’univers », de vivre simplement & concrètement la non-dualité et la compassion universelle qui en découle, alors elles ne servent à rien. Comme il est désolant que bon nombre de ces contrefaçons soient pourtant vendues … et achetées !8

Cette dimension contemplative première – qu’il est bien entendu possible d’explorer par d’autres arts et activités – constitue peut-être l’unique planche de salut d’une humanité désormais confrontée aux désordres violents du dérèglement climatique, de l’épuisement des ressources, de l’idolâtrie technologique et du chaos sociopolitique qui en résulte.9

« Il faudrait, pour qu’il en soit autrement, refouler le primat de l’argent, donner à l’activité économique une place accessoire, freiner le progrès technique, placer au premier plan la vie personnelle et spirituelle. C’est-à-dire très exactement, détruire le capitalisme. … Le plus haut point de rupture envers cette société technicienne, l’attitude vraiment révolutionnaire, serait l’attitude de contemplation au lieu de l’agitation frénétique. »

Jacques Ellul 10

Sinon ? Un matérialisme individualiste achèvera de détruire les conditions d’une vie décente sur Terre pour tous les êtres vivants, processus déjà fort avancé. Qu’attendons-nous alors pour de nouveau coïncider silencieusement avec l’Entièreté de l’Esprit, réintégrer la « joie spacieuse« , pour faire … volte – espace !11


  1. Ce livre nécessaire d’un pratiquant & enseignant occidental de longue date s’avère très utile. Mais, détaché d’une pratique régulière du Zhi Neng Qi Gong il ne sert quasiment à rien ; comme toujours, l’expérience directe est essentielle. Vérifiez lors de la journée que Marc animera le 7 juin 2025 à Modane.
    D’autres livres : Théorie du Zhineng Qigong. Tome 1 et Théorie du Zhineng Qigong. Tome 2. ↩︎
  2. Aucun compte-rendu de cette belle soirée n’avait encore été fait ; cette lacune est tardivement réparée. Mais je ne peux décemment pas établir un lien vers la page fessebouc de cette librairie, puisque ce réseau asocial fait activement partie de la maladie du monde : il fracture les liens au lieu de les conforter. ↩︎
  3. Centre Wu Ji – Qi Gong Téléphone : 06 64 93 75 61 ↩︎
  4. Je suis conscient de l’apport des « Lumières », des sciences & techniques et désormais de la technoscience à la prospérité et au confort de notre modernité. Mais à force de séparer pour étudier, comprendre, fabriquer, utiliser, mettre en valeur … nous avons perdu tout sens de l’Entièreté. Ce n’est pas juste un manque esthétique ou philosophique, c’est ce qui nous rend indifférents, malades et malheureux, c’est ce qui nous coupe de l’Essentiel. C’est ce qui rend de plus en plus difficile, presque impossible, l’accès à l’esprit d’Éveil. ↩︎
  5. Vision du Soi et méditation dans l’esprit du zen sont toutes deux des pratiques & théories de l’Entièreté. Le livre-somme de Douglas Harding s’intitule « La Hiérarchie du Ciel et de la Terre – Un nouveau diagramme de l’Homme dans l’Univers ». Et pour le regretté Yvan Amar : « La méditation c’est le lieu où l’univers se réjouit d’être l’univers. » Si vous avez le profond désir de cette Entièreté – simple, concrète, joyeuse -, venez vérifier ce qu’il en est chaque mardi soir à St-Jean de Maurienne de 19 à 21 H. Et & ou demandez-moi d’animer un atelier de Vision du Soi. ↩︎
  6. L’écriture de Christian Bobin était parfois qualifiée de « mièvre » de son vivant … Il est toujours critiqué par des imbéciles qui n’ont pas su & pu le lire, jaloux d’un succès qui ne fait que commencer … Comme on peut le constater dans cette introduction, l’auteur est au plus loin aussi bien du « béni-oui-oui » que de « Oui-Oui ». Suite à un diagnostic très sur de nos maux (« avidité … angoisse infernale »), il est au plus près de la seule connaissance qui vaille, celle d’une totale « confiance envers le vent sur les brins d’herbe ». Celle de l’ouverture au « Souffle & Esprit » … qui, comme chacun sait, souffle où il veut. ↩︎
  7. Je m’entends souvent dire que j’exagère, qu’il faut bien commencer « petit », qu’un peu de Qi Gong, Yoga, Méditation, … « light » vaux mieux que rien. Ce bon sens racorni me laisse dubitatif. Contrairement à ce qui est massivement cru & colporté, ces disciplines ont un sens extrêmement précis. Une erreur de cap qui pourrait sembler minime au départ ne va cesser de s’aggraver avec le temps et conduire ailleurs que … « sur l’autre rive » ! L’azimut erroné que je dénonce ici n’est pas mineur : se contenter d’utiliser ces voies au service du bien-être dans la zone périphérique « je suis humain » du dessin ci-dessous – notre « autoportrait » -, c’est de tromper rigoureusement de 180° ! C’est Jonas qui fuit à Tarsis (plein Ouest) lorsqu’il lui est demandé de se rendre à Ninive (plein Est) ! Je demeure infiniment reconnaissant envers Arnaud Desjardins pour m’avoir fait prendre conscience dès 1986 de ce risque majeur. Pour information, ça se passait à l’École Française de Yoga de la Ste-Baume … ↩︎
  8. Là encore on va trouver que j’exagère, que tout travail mérite salaire et autres justifications. Je me contenterai d’écrire que s’il s’agit réellement de contrefaçons, elles devraient être sévèrement réprimées pour « exercice illégal de la sagesse », mais par qui … ? Le problème est bien là : pas de structure officielle et heureusement ! On pourrait évoquer également la responsabilité, immense, des écoles de formation qui laissent assez souvent à désirer, « business as usual » oblige … La justesse ne repose que sur la conscience de l’immense responsabilité qu’impose toute transmission spirituelle. Il ne semble pas que ce soit la chose la mieux partagée au monde … ↩︎
  9. Là je prends le risque de me faire traiter de « bisounours ». Pourquoi pas, mais alors « Grosréveil » plutôt que « Grosdodo » ou « Groscopain » ! Plus sérieusement, qui peut encore ignorer en son for intérieur que désordres, injustices & violences ne cesseront que par cette « relance de l’économie » évoquée par Taïkan Jyoji, par la « nécessaire réduction du transport aérien » et de tous les autres modes carbonés, que « l’avenir est dans l’espace » procède de la plus totale illusion, etc. La majeure partie de la solution relève d’un autre type humain, capable d’« apprécier sa vie », le « miracle du printemps », ↩︎
  10. J’ai regroupé ici par facilité deux citations bien distinctes de Jacques Ellul. Je préfère lire « détruire le matérialisme », désormais commun à tous les systèmes politiques qu’ils soient d’obédience tant marxiste que libérale. Cf. le copieux site internet de l’Association Internationale Jacques Ellul. ↩︎
  11. Toute voie spirituelle est voie de retournement, de retour à l’Origine, au Visage Originel, en Genèse, … Faire volte-espace, c’est-à-dire s’appuyer sur la Vision du Soi selon Douglas Harding n’est pas la plus mauvaise option. Vérifiez ! ↩︎


Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

2 réponses sur « L’Entièreté de l’Esprit … ou juste la technique ? »

J’ai envoyé ce courrier à un lama français de ma connaissance, je le recopie ici en le synthétisant. A partir du moment où l’on pose des gestes de façon méthodique et répétée, selon une technique précise, pour obtenir un certain résultat, on effectue une pratique. C’est-à-dire un rituel. Votre vision sans tête en fait partie. Et les questions que je pose à ce lama et à son bouddhisme peuvent tout aussi bien être posées à d’autres spiritualités comme la vôtre. Cela pour compléter le versant positif de vos billets.
1/ Les relations conjugales : une imperfection ?
Comme vous le savez, nombre de lamas, quelles que soient l’école ou la tradition à laquelle ils appartiennent, sont mariés ou entretiennent des relations avec des femmes. Ce qui pose un vrai problème.
En effet, le but et la finalité du dharma n’est pas le mariage ni l’union sexuelle, mais l’état de délivrance totale et définitive qui implique un détachement envers tout et notamment envers le désir.
Est-ce que le fait d’être marié ou d’entretenir une relation avec une femme et des relations sexuelles ne sont pas le signe d’une imperfection, voire d’un échec dans la Voie et dans la pratique? Ainsi que je l’ai moi-même constaté chez un certain nombre de lamas qui avaient cédé à cette tentation. Surtout si on se réfère à la vie du Bouddha qui n’a pas hésité à quitter sa femme, son fils et sa vie de famille pour s’engager dans la voie du renoncement et du détachement définitif et total envers la sensualité et la sexualité, et ce jusqu’à la fin de sa vie. On sait que la doctrine du tantrisme, jusque dans ses pratiques souvent borderlines, a pris le contre-pied de cette vérité pour affirmer un nirvâna non plus d’extinction, et notamment d’extinction du désir, mais au contraire d’élations mystiques. Un nirvâna qui serait saturé de bonheurs sublimes, de plaisirs spirituels et de jouissances mystiques. Mais cette conception est-elle valide d’un point de vue bouddhique, ou est-elle ce qu’on pourrait appeler une hérésie, une inversion ?
2/ La question de l’efficacité des rites.
Dans le cas où un pratiquant, sérieusement motivé et engagé, dépendrait encore de la vie sexuelle et des plaisirs sensuels dans la voie du dharma, ne serait-ce pas le signe que les pratiques en vigueur et les rituels qu’il effectue, même correctement appliqués selon les conseils des lamas et les textes, ne sont pas aussi efficaces que ces derniers le prétendent ?Autrement dit, pendant combien de temps faut-il accomplir ces rites que l’on retrouve dans tous les monastères et les centres, puisqu’on ne connaît jamais précisément le moment où leurs effets sont vraiment probants et durables, ni celui où il n’est plus nécessaire de les pratiquer ? A un niveau supérieur et politique:
Faut-il rappeler les rituels impressionnants – comme les cérémonies royales tibétaines effectuées à grands renforts d’oracles, d’offrandes de mandalas, de danses sacrées et d’extases chamaniques en tous genres, comme les invocations aux divinités protectrices du pays, la récitation des mantras… – que les dignitaires tibétains et le clergé lamaïque ont effectué pendant des années pour que le Tibet soit protégé et résiste aux envahisseurs, notamment chinois. Et pour quel résultat ?
Après une invasion destructrice et plus d’un million de morts, force est de constater que le Tibet est toujours occupé et que les rites tantriques n’y ont rien changé. Si les rituels collectifs, à l’échelle d’un pays, sont aussi peu efficaces, que dire alors des rites communautaires et des pratiques individuelles ? Peut-on constater leur efficacité dans les transformations intérieures de chaque adepte tantrique ?
Dans le cas des lamas aux comportements immoraux et dévoyés, comme Chögyam Trungpa et Sogyal Rinpoché dont je parlerai plus loin, on peut très bien estimer que ceux-ci étaient atteints de certaines pathologies mentales. Ce qui, en soi, n’est pas condamnable. Et on peut admettre que leurs propres pratiques religieuses, parfaitement accomplies durant toute leur vie, étaient des modèles du genre et devaient remplir toutes les conditions nécessaires et suffisantes pour que des effets thérapeutiques soient rapidement tangibles et les transforment tout en les aidant à guérir de leurs symptômes. Or, il n’en a rien été. Et ces lamas ont continué à sévir de façon criminelle au nom même de leurs croyances tantriques tibétaines.
Doit-on en conclure que ces pratiques sont nulles et non avenues ? Ou qu’elles sont le signe d’autre chose, d’une réalité méconnue de la doctrine bouddhique comme de ses adeptes?
3/ La question de la finalité des rites.
Peut-on émettre alors l’hypothèse selon laquelle ces pratiques sont devenues à leur tour la finalité même de toute pratique du tantrisme tibétain ? Et qu’il ne faille pas chercher une autre efficacité rituelle que leur propre mise en œuvre? La pratique renverrait ainsi à la pratique, en un cercle pas nécessairement vertueux. L’efficacité du rite résiderait alors dans sa pratique même et dans rien d’autre, presque sur un mode performatif ou plus exactement sur le mode de la pensée mystique ou magique qui ne distingue pas le rite de son effet, comme si celui-ci était immédiat ou nécessairement efficient. Ce qui reste bien évidemment à vérifier et à prouver…Quoi qu’il en soit, cette conception contredit le principe bouddhiste selon lequel les techniques méditatives ou autres ne sont que des moyens en vue d’une fin. Et que celle-ci une fois atteinte, ces techniques peuvent être oubliées à l’image du radeau que l’on abandonne lorsque le fleuve du samsâra a été franchi…Peut-on le constater dans le cas du Vajrayâna si attaché à son culte et à ses préceptes doctrinaux, comme à sa culture tibétaine ?
4/ Quels sont les rites vraiment efficaces ?
Si ces rituels et si toutes ces pratiques ne sont pas aussi efficaces et ne permettent pas de se délivrer aisément du désir sensuel qui retient dans le samsara, alors quelles sont les pratiques efficaces qu’il faut appliquer pour pouvoir se détacher définitivement et efficacement du désir ? Et vous-même connaissez-vous une telle pratique et l’avez-vous effectuée ?
5/ La question de la nature bouddhique des rites tantriques.
Plusieurs auteurs ont relevé le caractère ouvertement immoral et antibouddhique de la plupart des rites tantriques. Et de fait, toutes ces pratiques tantriques n’ont objectivement rien de commun avec le dharma du Bouddhisme premier. Et elles en sont même souvent à l’opposé. Peut-on en déduire que toutes les pratiques proposées et imposées par le tantrisme tibétain dans les Centres n’ont aucune efficacité réelle, et que leur mise en scène ne sert qu’à occulter une réalité sociologique délétère : celle de l’emprise des lamas sur l’esprit des fidèles pour mieux les dominer et les influencer ?Phénomène connu et répandu dans toute les formes religieuses de cléricalisme. Au moins, la question se pose…
6/ Sur la fonction exacte des rituels tibétains.
Les pratiques de base comme les « préliminaires », les rituels de Tara, de Tchenrézi, de Mahakala, ainsi que tous les autres qui sont indéfiniment récités dans les Centres par les simples bouddhistes ayant pris refuge, sont-ils vraiment des rites nécessaires pour parvenir à l’éveil ? Ou bien ne sont-ils que des rituels destinés aux néophytes qui n’auront jamais accès au rites secrets et majeurs, lesquels ne sont dispensés et pratiqués que dans les retraites spécialisées et destinées uniquement à des élites de lamas qui se les gardent pour mieux gouverner leurs disciples et exercer ainsi leur domination ? Des rites destinés à contenir et à nourrir la ferveur des simples laïcs, à contenir leurs désirs de connaissance, mais qui en vérité les maintiennent dans l’ignorance par leur répétition et leur multiplication infinie, jamais suffisante, et sert à entretenir l’illusion d’un savoir occulte et caché uniquement détenu par les lamas Ce qui les assure de leur autorité, de leur légitimité et les gratifie d’un savoir spécial ou secret uniquement réservé aux initiés. Ce phénomène est connu dans toutes les sectes. Auquel cas, ces rites ne conduiraient nullement à l’Eveil et ne feraient qu’aggraver l’ignorance de ceux qui les pratiquent. On se trouverait alors dans ce qu’une sociologue des religions a appelé « une communauté de déni », représentée par le Sangha propre au tantrisme tibétain. De plus, l’anthropologie a relevé qu’au lieu d’apporter un bienfait ou une connaissance, les rituels religieux, toutes religions confondues, peuvent avoir des effets de méconnaissance sur ceux-là mêmes qui les pratiquent. Ne serait-ce pas le cas de tous les pratiquants du tantrisme tibétains, à commencer par les lamas comme vous ? Et si ces rites produisent des effets de méconnaissance sur ceux qui les réalisent, comment leur faire confiance, puisqu’ils ignorent ce que ces rites produisent sur eux-mêmes ? En ce sens, pratiquer le Vajrayâna, c’est ignorer ce que l’on fait et pourquoi on le fait…
7/ L’acculturation : un processus inexistant.
Je soulève cette question rarement abordée, car elle me semble cruciale :
Pourquoi le phénomène d’acculturation du bouddhisme tibétain ne s’est toujours par réalisé ? Qu’est-ce qui fait problème ? Quels sont les obstacles qu’il faudrait enfin lever ? Serait-ce la croyance théocratique tibétaine totalement incompatible avec les régimes politiques occidentaux ? Pourquoi voit-on encore des lamas habillés à la mode tibétaine et non pas vêtus à l’occidental ? Comment se fait-il que ces mêmes lamas ignorent tout de notre façon de vivre, de penser, de parler (aucun ne parle vraiment français !!), alors qu’ils profitent largement de notre accueil et vivent en France ou en Europe depuis des décennies? Aucun ne sait vraiment ce que veut dire travailler, épargner, payer des impôts, envoyer ses enfants à l’Ecole, faire des études, et aucun ne connaît les affres du chômage, ni la vie urbaine avec ses contraintes…D’un point de vue religieux, aucun lama ne s’est sérieusement confronté à un dialogue interreligieux sérieux. Même le Dalaï-lama n’a fait qu’effleurer la connaissance des autres religions, comme si celles-ci n’avaient guère d’importance au regard du Vajrayâna. Et aucun lama ne s’est mis sérieusement à l’étude de la philosophie, de l’Histoire, du Droit, des sciences humaines ou physiques…Dans ces conditions, comment leur parole serait-elle crédible pour un occidental? Je ne comprends d’ailleurs pas votre démarche personnelle, puisqu’il s’est agi pour vous, comme pour beaucoup d’occidentaux convertis au Bouddhisme, de vous adapter à la culture tibétaine, et non l’inverse. Comme si vous aviez chassé votre propre culture pour y substituer une autre ?Mais cette adaptation ou cette acculturation inversée est-elle une condition pour atteindre l’Éveil ? Personnellement, j’en doute…

Bonjour Bruno,

J’ai finalement approuvé récemment ce commentaire ancien. Mais je le reprendrai pied à pied tellement il s’inscrit dans votre ligne habituelle …
Patience.

Cordialement

Jean Marc

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