Ce très ancien article de Marie Balmary, initialement paru dans Christus n° 119 (juillet 1983), a été repris dans le Hors Série « Psychologie et vie spirituelle » n° 210 de mai 2006. Une version revue et augmentée de ce Hors Série a été éditée en novembre 2022 sous le n° 276.
Sa lecture est réservée aux abonné(e)s. L’article est disponible en version numérique en ligne pour la modique somme de 2,50 euros. Et la Revue 276HS est également disponible en version papier et numérique dans la boutique de Christus.
Le premier lien ci-dessus ne donne accès qu’au plan de l’article :
Exode : « le don de la Loi »
Genèse : « Va vers toi »
Évangile : « être à ce qui est de son père »
La transmission de la vérité
Le récit transmissif
Ainsi qu’ à la plus grande partie de son introduction :
Dans le tissu des écritures bibliques, les fils se croisent pour former étoffe. Ainsi, le fil « s’aimer soi-même » ne peut être suivi sans qu’il croise ici et là cet autre : trouver soi-même.
Parce qu’il est moins évident sans doute, ce fil-ci, on peut en attendre la recherche de la part de ceux qui ont pour pratique habituelle l’écoute de la parole cachée : exégètes et psychanalystes. Les psychanalystes, pour leur part, ne sont pas particulièrement préparés à l’interprétation des textes bibliques. Mais on fait ici deux hypothèses : 1. L’une, technique : qu’il n’y a pas si loin de l’écoute du parlé d’aujourd’hui à l’écoute de l’écrit d’autrefois ; 2. L’autre, plus fondamentale : que le biblique pourrait avoir des connivences toutes particulières avec la pratique clinique de la psychanalyse.1 Ce dont le fait que son inventeur soit juif témoignerait plus solidement que ses opinions exprimées : Freud, en effet, jusqu’à sa dernière œuvre, croit annuler le biblique en faisant de Moïse un Égyptien et du peuple juif un peuple qui a menti pour cacher un meurtre.2
Après trois ou quatre générations de psychanalystes, la libération promise par le « Dieu jaloux » du Décalogue semble se produire et les psychanalystes, disciples de Freud mais désenglués de l’emprise freudienne, peuvent se souvenir, dans une liberté nouvelle, des textes fondateurs de la parole en Occident.
Ils ne sont pas pour autant devenus exégètes et seule la demande qui leur est faite peut les inviter à parler – déjà – dans ce champ où, souvent, ils arrivent. …
Après avoir interrogé la revue Christus sur la possibilité de rendre accessible l’intégralité de cet article, comme c’est le cas pour un plus récent : « Le créateur, un père ? Où est la mère ? » (Christus n°185 – Janvier 2000) – repris sur volte-espace dans le billet portant le même titre – et n’avoir reçu aucune réponse, je me décide à en mettre la suite à disposition sous forme d’images.3
Ce n’est pas la meilleure solution, et j’espère qu’elle ne m’attirera pas d’ennuis ! Disons que c’est aussi une forme de publicité gratuite pour une revue de grande qualité … et relativement peu connue en dehors de son cercle confessionnel. En tous les cas, que la Compagnie de Jésus et « Dieu » me pardonnent !
Mes quelques commentaires entre les images de ce texte sont loin de l’épuiser ; à vous de jouer maintenant, à vous d’accompagner Marie Balmary sur ses chemins de recherche ! Comme d’habitude, les sur- et soulignages, liens, etc. relèvent de ma seule responsabilité.
Se haïr se trouver – Marie Balmary
« Je vous ai aimée tard, beauté si ancienne et si nouvelle ! … », la célèbre « confession » (pages 8/9 du pdf en lien) de St-Augustin s’articule plutôt bien avec la Vision du Soi selon Douglas Harding. Ce « moi au-dehors » correspond en effet à la « petite » personne de la zone périphérique « je suis humain » dans la carte ci-dessous, tandis que « la beauté au-dedans » coïncide avec le « Je Suis » central (ou tout autre nom qui vous agrée). Néanmoins … vérifiez, de préférence dans un atelier !
Et il est effectivement assez fréquent de ne se retourner qu’assez « tard » vers le Centre, après une longue recherche menée exclusivement en une périphérie … riche d’attraits divers et variés.
« … La libération est préalable à l’invitation au respect ; l’insoumission, préalable à l’obéissance. »
Toute la richesse du travail de Marie Balmary est déjà là en une seule phrase : finesse de l’analyse & exégèse et précision & concision de la rédaction … Chapeau bas !
Difficile de ne pas saisir l’occasion de cette page 246 pour évoquer l’errance du gouvernement israélien envers les Palestiniens, qui culmine actuellement dans la destruction de Gaza & l’annexion de la Cisjordanie … Israël ne tourne-t-il pas ainsi radicalement le dos à lui-même, à l’identité juive profonde qui était au fondement du projet sioniste initial, en déniant leurs droits à la liberté, la croissance, la paix, au retour sur leurs terres, … à l’existence même ? La fondation d’Israël comme État ne peut se faire, d’abord, par l’occupation du territoire d’un autre peuple & son asservissement. Cette situation est tragiquement complexe … mais il faudra bien qu’une solution raisonnable soit trouvée. Le désastre « Netanyahu » finira bien par cesser …4
Concernant l’épisode de l’Évangile de Luc 2, 50-51, je me demande si, ultérieurement, Marie Balmary n’aurait pas discuté plus longuement la traduction par « soumis » de « upotasso » [και ην υποτασσομενος αυτοις]. Traduction quasi unanime des différentes versions du comparateur des 4 Evangiles, excepté Français Courant et Semeur : « Il leur obéissait ». Jésus restait à sa place de fils dans une famille … qui « respecte les frontières même si elle ne les comprend pas ». Ce n’était pas un pré-adolescent rebelle à l’autorité parentale, mais il incarnait un précoce « changement d’étage ». « L’anarChrisme » relèverait de sa postérité, aux antipodes de la pitoyable réaction des Bolloré, Stérin – chez nous – et autres – quasiment partout.
Le dessin ci-dessus – la carte maîtresse de la Vision du Soi, notre « autoportrait » commun – indique la possibilité de se situer « totalement hors de la maison des esclaves », dans & en tant que « Je Suis » central. Celui qui, en même temps, contient cet espace d’accueil illimité & inconditionnel et qui est contenu par lui – celui qui est cet espace comme nous le sommes tous en réalité – reste également & bien évidemment ce « petit » de la zone périphérique « je suis humain », porteur de nombreux conditionnements et susceptible « de dévier, d’errer, de faillir » et de manquer la cible. Si l’échange de parole entre sujets libres est une aide infiniment précieuse, ce geste qui lie & délie, relie et allie le Centre et la périphérie aussi :
Est-il possible d’éviter de « passer de Charybde en Scylla » en restant cantonné dans l’étroite zone périphérique « je suis humain » ? Est-il possible de s’aimer & d’aimer l’autre comme soi-même – en « esprit et en vérité », « en pneumati kai aléthéia » [εν πνευματι και αληθεια] (Jean 4, 23-24) – sans incarner consciemment le « Je Suis » central ? Il me semble que c’est rigoureusement impossible. Mais … vérifiez !
« L’interprétation des rêves »
Il est possible de prendre connaissance du « récit d’errance » de Douglas Harding, notamment dans « Vivre Sans Tête » et dans le « Postscriptum autobiographique » du … « Procès … » ! Également dans le film que Richard Lang lui a consacré (lien supra). Cette longue « errance » a finalement débouché sur une « Vision » transmissive … qu’il serait dommage de négliger.
- Hypothèses d’une grande fécondité si l’on se réfère aux œuvres de Marie Balmary. ↩︎
- « L’homme Moïse et la religion monothéiste« . ↩︎
- Images jpeg de qualité assez moyenne, désolé. N’hésitez pas à acheter l’article ou la revue dans la boutique de Christus. ↩︎
- Cf. « En détruisant Gaza, Israël détruit le judaïsme » – Jean Hatzfeld. « Le sermon qui doit être entendu, compris, appliqué … » – Delphine Horvilleur ↩︎
Cordialement






