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L’Inde, puissance fantôme – Valentin Hénault

Voici un nouvel échantillon de la fausse « grandeur » de l’Inde moderne, à l’intention de la foule des « indôlatres » aveugles, inconscients, ignorants, … (liste de qualificatifs non limitative). Et tout particulièrement des pratiquants d’un (pseudo) yoga, cette façade Potemkine maléfiquement apposée par son dirigeant actuel sur la réalité de l’Inde …

Au moment où l’Europe des marchands en général et Ma€ron en particulier font ami-ami avec « M. le Maudit », décideur pour cet immense marché et bien décidé non seulement à acquérir des avions Rafale, mais à les faire construire en Inde, rappeler la réalité de la plus grande démocrature du monde est nécessaire. Merci M. Hénault.1


L’Inde, puissance fantôme

« L’Inde est la grande oubliée de l’actualité internationale. Les projecteurs étant braqués sur l’Iran, l’Ukraine, le Venezuela ou le Groenland, elle avance masquée. De cet immense territoire, nous ne connaissons que des clichés. Pays des vaches sacrées, des fakirs et des sadhus : un ailleurs radical et inoffensif.

Avec 1,3 milliards d’habitants, il s’agit pourtant de l’État le plus peuplé du monde, qui possède l’arme nucléaire et s’apprête à devenir la troisième puissance économique planétaire.

Dans un silence incompréhensible, un projet politique terrifiant s’y déploie. Le président Narendra Modi, s’appuyant sur un populisme décomplexé, s’est érigé en figure quasi-divine. Son idéologie nationaliste vise à purifier l’Inde pour la « rendre aux Hindous » et à une grandeur fantasmée.2

Les Musulmans, 14 % de la population indienne, sont régulièrement désignés comme des « infiltrés » et des ennemis intérieurs. Un cadre du régime, Yogi Adityanath, leur conseille d’aller « se noyer dans l’océan ». Accusés d’orchestrer un jihad de l’amour afin de remplacer la population hindoue, ils sont régulièrement victimes d’émeutes sanglantes. Les Chrétiens sont également persécutés.

Cette année encore, les célébrations de Noël ont été massivement attaquées par des groupuscules hindouistes armés. Parcourant les campagnes, des milices de protection des vaches, véritable police culturelle, pourchassent, tabassent et lynchent les populations soupçonnées de manger du bœuf.

L’idéologie au pouvoir est portée par une organisation appelée RSS (Rashtriya Swayamsevak Sangh) qui compte des millions de militants, répartis en factions de jeunesse en uniforme et en sections d’endoctrinement. Directement inspiré des mouvements fascistes, le RSS et son bras politique, le BJP, sont un bastion d’hommes issus des castes supérieures. Leur vision du monde repose intégralement sur le système des castes : l’idée que, de par leur naissance, certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Qualifié par les Nations Unies de discrimination fondée sur l’ascendance, le système des castes est un racisme officiellement aboli, en réalité institutionnalisé.

Dans ces circonstances, les atrocités commises contre les basses castes, qui représentent plusieurs centaines de millions de personnes, sont en constante augmentation. 50 000 crimes de haine sont recensés chaque année. Ce massacre, qui se poursuit dans l’impunité depuis des décennies, frappe moins les esprits que les bombes qui s’abattent sur Gaza et sur l’Ukraine ; il n’y a pas, comme en Iran, de révolte du peuple, mais il dure depuis des décennies, dans l’indifférence internationale.

Tout en bas de l’échelle des castes, les Dalits ou Intouchables, sont victimes d’actes de barbarie dès qu’ils prétendent se hisser au-dessus du rang qui leur est assigné. Chaque jour, les faits divers les concernant s’égrènent dans leur brutalité effarante : Dalit assassiné pour avoir porté la moustache, pour avoir créé un profil Instagram, pour avoir voulu monter à cheval, pour avoir effleuré le pied d’un Brahmane, pour avoir porté plainte pour le viol de sa sœur ou pour être entré dans un temple en sandale.

A la croisée des oppressions de caste et patriarcale, les femmes dalit sont victimes de viols de masse : une arme pour les maintenir dans l’oppression. En 2018, l’Inde a pris la tête du classement Reuters des pays les plus dangereux pour les femmes, devant l’Afghanistan et la Syrie.

Les aborigènes indiens, qu’on appelle les adivasis, des centaines de peuples qui ont chacun leur culture propre, sont massivement spoliés au profit de grandes compagnies comme la Tata Steel. Qualifiés par la propagande d’État de maoïstes, ils sont victimes de raids meurtriers de l’armée, et leurs langues s’éteignent les unes après les autres.

Parallèlement à cette violence extrême qui innerve toute la société, le pays a basculé dans l’autoritarisme. Il n’y a plus de « plus grande démocratie du monde ». Des lois d’exception ont permis l’incarcération de milliers de militants, journalistes, universitaires ou artistes. Le Cachemire est soumis à un état d’urgence perpétuel et l’Inde détient le triste record mondial des coupures volontaires d’Internet.

Cette surveillance, je l’ai vécue dans ma chair. Incarcéré pour un projet de film documentant les violences commises contre les femmes Dalits, j’ai vu, depuis la prison, les conditions infâmes de détention et la réalité d’un système judiciaire instrumentalisé pour faire taire les opposants.

Et pourtant, nous continuons à percevoir l’Inde comme un ailleurs exotique, en fermant les yeux sur la violence politique qui s’y déploie.

Comment comprendre le fait que des violations des droits humains aussi graves et répétées ne rencontrent quasiment aucun écho médiatique ?

Comment ne pas voir un abcès aussi énorme ?

Malgré l’autoritarisme, la ségrégation et les massacres, l’Inde réussit à se présenter comme une nation pacifique. L’ONU a adopté en 2014 la journée internationale du Yoga. Narendra Modi a parfaitement compris la force de cette représentation : il s’y engouffre, mettant en scène lors du dernier G20 une Inde dépositaire d’une sagesse ancienne, médiatrice entre les nations – à mille lieues de la réalité.

À l’heure où l’Union européenne et l’Inde viennent de sceller un traité de libre-échange, et où Emmanuel Macron prépare une visite en grande pompe en février à la rencontre de son « ami » Narendra Modi, afin d’y sceller la vente d’une centaine de Rafales, le silence qui entoure l’Inde dit quelque chose de troublant.

Est-ce l’exotisme – produit par notre regard – qui nous aveugle ? Ou bien nos indignations sont-elles sélectives et s’arrêtent-elles précisément là où commencent nos intérêts stratégiques ?

Ce qui est sûr c’est que nous choisissons de ne pas voir. Cet aveuglement doit cesser. L’Inde ne doit plus être un angle mort de la carte du monde. »

Valentin Hénault 3


Documentariste, auteur de « J’avais un rêve indien » aux éditions Buchet-Chastel.


  1. Volte-espace propose quelques autres billets dans cet esprit : « L’Inde de Modi : national-populisme et démocratie ethnique », « L’Inde est vivante … universelle … ouverte … juste ! », « Le début de la fin pour l’Inde … ? – Vaiju Naravane ».
    Pas pour nuire à la réputation de l’Inde, mais pour rappeler à quel point elle est devenue une très sombre caricature de ce qu’elle a (partiellement) été, de ce qu’elle prétend être. ↩︎
  2. Rappel concernant la nécessité d’une « transformation totale du sens de la grandeur » : « La vraie grandeur est silencieuse, infiniment discrète, elle réside dans la conquête de l’intelligence et de la sagesse de l’amour, de la patience et de la générosité de l’amour. » Sylvie Germain
    Et autre rappel concernant « La grandeur de l’Inde » : « La grandeur de l’Inde c’est d’avoir mis en valeur le fait de voir (drsti) et non pas croire, non pas imaginer, non pas spéculer mais voir directement ce qui est. » Svami Prajnanpad ↩︎
  3. Cf. aussi : « Mon cas a été instrumentalisé pour jeter le discrédit sur le mouvement dalit ».
    Et grâce à un commentaire du blog Médiapart, voici le lien vers le documentaire de David Muntaner (2013) : « Inde : la malédiction d’être une femme ». Un peu de matière à penser pour nos « yogis & yoginis » occidentaux, confortablement installés sur leurs tapis & dans leurs certitudes … ↩︎

Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

8 réponses sur « L’Inde, puissance fantôme – Valentin Hénault »

Merci à vous cher Jean-Marc, pour ce vigoureux rappel de la réalité sordide qu’est devenu ce monstre sur la scène internationale.
Mais à qui la faute?
Sinon aux Indiens eux-mêmes et à leur incapacité à se doter d’un gouvernement correct pour diriger cette Inde monstrueuse qui n’a été mythique et mystique que pour des occidentaux en mal de spiritualité ou pour des Indous eux-mêmes mystiques, qui ont développé un immense complexe face à l’Occident.
Je serai plus circonspect que S. Prajnanpad au sujet du voir et de la pulsion scopique dont l’Inde « éternelle » (en fait, celle de certaines Upanisads et du Vedanta…) serait le modèle.
Dans les Vedas et le Brahmanisme, l’écoute et la Parole, de nature souvent divine, ne le cèdent en rien à la vue et la vision. Je vous renvoie aux travaux toujours pertinents de L. Renou, de L. Silburn, de M. Biardeau, et de Ch. Malamoud sur ce sujet trop méconnu.
La devise de l’Inde : »Seule, la vérité triomphera », provient aussi d’une Upanisad, mais sans référence à la vision.
Pour moi, l’ouvrage de référence reste celui de Régis Airault « Fous de l’Inde. Délires d’Occidentaux et sentiment océanique » aux Ed. Payot. Si vous ne lui avez pas consacré un de vos billets, c’est certainement le moment d’y remédier.
Cordialement
Bruno

Bonjour Bruno,

Les Indiens, et surtout les suprémacistes hindous – étrange d’être amené à écrire une telle expression ! – sont effectivement responsables du malheur qui les frappe.
Mais est-ce que cette soi-disant « Grande » Bretagne peut rester indemne de tout reproche après avoir colonisé ce qui est géographiquement parlant un sous-continent ? Après avoir sciemment organisé la division au sein d’une unité beaucoup trop grande pour mieux l’exploiter ?
Est-ce que ce ne sont pas des poisons typiquement occidentaux (toutes sortes de -ismes) – s’appuyant sur le système des castes pour renforcer encore le désastre, il est vrai – qui ravagent l’Inde ?

Votre allergie à la mystique me surprend toujours … Vous savez, l’Inde n’a jamais été régie par le moindre mystique ; ce qui n’est pas plus mal, il aurait été assassiné comme Gandhi, par un membre du parti de M. le Maudit.
Le jésuite Henri Boulad a écrit un beau texte affirmant que « seul un recours à la mystique » pourrait encore nous sortir du marasme où, globalement, nous sommes tous plongés. Il faudrait que je retrouve ça, pour vous et pour d’autres … Un bref regard sur wikipedia m’apprend qu’il est décédé … et qu’il a eu la mauvaise idée de se faire récupérer par le nationalisme hongrois avant …

Une grande partie des écritures sacrées indiennes sont censées provenir des « rishi », des « voyants ». Je pense que le « courant » serait très bien passé entre Prajnânpad et Douglas Harding, tous deux ayant un sens pratique très développé … Mais la rencontre n’a pas eu lieu, ça se saurait !
Ceci dit, appuyons-nous sur Ramana Maharshi pour rappeler l’évidence de l’éveil, la simplicité de la vérité, etc … !
Et le « Voir » dont il est question concerne bien entendu les autres sens : laisser les sons & paroles périphériques êtres entendus dans & par le Silence central, etc. C’est le bonheur de la méditation & d’une attitude méditative. Essayez, ça vous fera le plus grand bien !

« Seule, la vérité triomphe » (je la préfère au présent) fait indirectement référence à la vision. Le contraire de la vérité c’est l’ignorance, « avidya », le fait de ne pas « Voir ». M. le Maudit devrait méditer plus souvent la devise de son pays ; son délire nationaliste est voué à l’échec et au désastre, à la violence et à la ruine. Mais bon, c’est un ami de la France puisqu’il lui achète de nombreux Rafale !

Au fait, connaissez-vous la dernière Upanishad ? NB : ce billet n’est pas aux normes actuelles de volte-espace, mais il est néanmoins lisible.

Merci pour la référence de l’ouvrage de Régis Airault. Mais … je ne suis plus un adolescent et je n’irai jamais en Inde !

Cordialement

Jean Marc

Merci à vous.
Je ne serais pas aussi allergique à la mystique en générale si je n’en avais pas perçu le caractère fallacieux et régressif.
Pour moi, toute vie spirituelle est parfaitement compréhensible à partir de la vie psychologique. Le spirituel est ainsi une excroissance subtile de la vie psychique et qui doit sa consistance à ce que l’on a récemment découvert en psychanalyse et en neurosciences, conjointement : à savoir, l’existence du corps psychique.
Dès l’Antiquité, certains auteurs en avaient eu l’intuition, mais sans pouvoir en donner un fondement empirique solide. Et en le confondant toujours avec l’âme, le subconscient ou l’esprit. Je vous conseille le livre de Didier Anzieu : « Le Moi-peau » sur ce sujet (aux Ed. Dunod). Il aborde tout ce que les spirituels ont décrit dans leurs expériences, comme celle du Soi et jusqu’à celle de la vision sans tête, et en donne une explication convaincante et libératrice.
Pour ma part, depuis que j’ai découvert l’existence de cette enveloppe psychique qui recouvre le corps grâce à nos investissements pulsionnels et libidinaux, je comprends infiniment mieux mes propres expériences intimes, et j’encourage tous ceux qui veulent saisir la vérité de ce qui advient lors de ces « ravissements » à en découvrir l’importance vitale et existentielle. Si la plupart des gurus contemporains avaient eu un peu de courage et le souci de mieux connaître leurs propres « visions » et de mieux se connaître, c’est par cette approche empirique qu’ils auraient dû commencer.
En ce sens, on peut affirmer ce que je ne cesse de vous répéter, à savoir que si l’expérience intime et personnelle est une condition nécessaire à la découverte de soi et du Soi, elle n’est jamais suffisante. Il faut donc, car c’est une nécessité à la fois philosophique et existentielle, se référer à d’autres que soi, et à d’autres références que celles qui ne font que nous conforter dans nos certitudes.
Cordialement.

Merci de battre en brèche la vision totalement biaisée que la plupart des Occidentaux portent sur l’Inde. Je suis une femme, j’ai beaucoup voyagé dans ce pays dans les années 90, j’y ai même vécu par la suite.
L’attachement profond que je porte à ce pays est tout sauf aveugle. Loin de l’image d’Épinal véhiculée par les européens en quête de mysticisme en kit, du nord au sud, ce pays est constamment traversé par de grandes violences, des haines et d’insupportables discriminations.
La république indienne est d’ailleurs née, tout comme le Pakistan, des tueries de masse entre hindous et pakistanais. J’ai souvent eu l’impression, là-bas, que la deuil de la partition n’avait jamais été fait.
Modi, l’ultra-nationaliste, joue de tout cela, des blessures jamais refermées entre les religions, mais aussi, pour les hindous, de la suprématie du système des varnas en tant que seul et unique référent sociétal et économique.
Que les indiens ne parviennent pas à se doter d’un gouvernement digne de ce nom… J’apporterais des bémols. Comme le souligne Jean-Marc, on ne peut faire l’impasse sur le poids de l’histoire de ce pays. Et j’ajouterai, au bénéfice des citoyens et « citoyennes » (les femmes le sont si peu…), la corruption endémique qui gangrène toutes les strates de la société, jusqu’au plus haut niveau. En Inde, le vote est un simulacre de démocratie. Les voix s’achètent, se vendent et se menacent.

Merci, chère Anna, pour ce précieux témoignage.
Je relèverai 3 points qui, selon moi, font problème au sujet de ce continent indien.
Le 1er, concerne les faits et méfaits de la colonisation ou des colonisations successives. On pourra toujours déplorer ces dernières et leurs conséquences, mais parmi celles-ci, il faut bien reconnaître que l’Inde s’est réveillée de sa très longue léthargie par ce phénomène politique. Il suffit de regarder la production de textes philosophiques pour constater que l’Inde n’a plus rien produit de neuf en ce domaine entre le Moyen-âge et le XIXe siècle. L’Inde s’est contentée soit d’un repli sur elle, que bien des pays asiatiques ont connu (comme le Japon, la Chine, le Tibet…), soit d’une imitation servile et d’une répétition de ce que son Antiquité avait inventé. L’Occident a permis ainsi à l’Inde de sortir d’elle-même et de se confronter enfin à un « Autre » qu’elle.
Deuxièmement, la démocratie et la question sociale ne sont pas des créations indiennes ni hindoues. Ce sont des produits d’importation occidentale qui valent tout de même infiniment mieux que tout ce que l’Asie a pu produire dans le domaine politique. J’ai même appris que le phénomène des communautés religieuses – comme les ashrams, dont le modèle reste « l’ashram de l’amour », cher à Gandhi – devait beaucoup à des modèles monastiques occidentaux, comme le monastère cistercien et ses idéaux. Là encore, l’influence de l’Occident, chrétien notamment, est visible et c’est sans doute la raison pour laquelle tant d’occidentaux ont pu se reconnaître dans ces mêmes communautés spirituelles.
Enfin, 3ème point, la situation actuelle est catastrophique pour de multiples raisons : une industrialisation sauvage, le carcan du système des castes, le fléau endémique de la misère, l’incapacité de l’Inde à maîtriser sa démographie…, mais aussi la présence problématique de l’Islam. Partout où cette religion passe, rien ne repousse et le passé disparaît. Je ne parviens pas à comprendre d’ailleurs comment des occidentaux peuvent soutenir cette religion en sachant que si elle parvenait à dominer dans nos pays, eux-mêmes seraient les premiers à en faire les frais.
Mais ce n’est qu’un avis personnel…
Merci encore à vous et merci à Jean-Marc pour l’accueil de nos commentaires sur son site.

Bonjour Bruno,

Vous êtes aussi prévisible qu’incorrigible !
J’ai approuvé votre commentaire, mais je ne suis absolument pas d’accord avec vous.

« L’Inde s’est réveillée de sa très longue léthargie » grâce à la colonisation ! Il fallait oser ! Il me semble raisonnable de laisser aux seuls indiens (même à ceux qui ne sont pas dans le droit fil de l’Hindutva) le droit de s’exprimer sur le « progrès » qu’aurait permis l’intrusion occidentale. Il me semble aussi légitime qu’après avoir produit les Upanishads, les divers textes du Yoga et du Vedanta, il soit possible de lever le pied ! L’humanité est encore loin d’avoir assimilé toutes ces richesses. Enfin, il me semble impossible de mettre un A majuscule à cet « autre » représenté par l’Occident.

– Il y a eu des ashrams en Inde bien avant celui de Gandhi … Et ce pauvre homme a surtout été en contact avec l’aspect « bâton, fusil, mitrailleuse, … » de la « démocratie occidentale », aussi bien en Afrique du Sud qu’en Inde. Qu’il y ait des influences réciproques entre Gandhi et Thoreau, Tolstoï, … et entre diverses formes d’organisations prônant l’ascèse, un « travail bien ordonné sur soi-même », on ne peut que s’en réjouir … sans rien hiérarchiser pour autant. Globalement, le monde actuel se moque éperdument aussi bien de la règle de St-Benoît que des écritures sacrées de l’Inde … Seul le business as usual compte !

– Et la flèche du Parthe contre l’Islam ! C’est M. Modi & Maudit et ses partisans, les (in)dignes héritiers de l’assassin de Gandhi, qui seraient heureux de vous lire ! Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais l’instrumentalisation de l’Islam est à peu près l’exact contraire de l’Islam. D’ailleurs en ce moment les fondamentalismes « juif » et « chrétien » semblent eux aussi reprendre du poil de la bête immonde … pour que « rien ne repousse ».

Cordialement

Jean Marc

Merci pour la « flèche du Parthe ».
Enfin, une référence à la rhétorique grecque et à la Grèce antique et qui ne se trouve pas immédiatement noyée dans la vision sans tête!
J’attendais plutôt une réaction de votre amie Anna qui connaît bien mieux la situation indienne que nous.
La vôtre est un calque parfait de vos anciens billets… Sans rien de vraiment neuf…
J’avais eu l’idée de vous partager quelques-unes de mes récentes découvertes, mais je ne vous sens guère réceptif. Ce sera pour une autre fois.
Si même les symptômes de la sénilité gagnent les éveillés, alors c’est à désespérer de toutes les voies spirituelles et de leurs adeptes!

Bonjour Bruno,

Le grec biblique n’est pas totalement absent de ce site … Et j’ai apporté un Modeste soutien aux langues anciennes.

Anna n’est pas mon « amie ». Juste une personne arrivée dieu sait comment sur Volte-espace et qui a librement décidé d’y contribuer par un commentaire informé et mesuré. Vous pourriez prendre exemple …

Ma position est loin de faire l’unanimité parmi tous les « indolâtres » qui nous entourent … La demi-douzaine de « professeurs de yoga » qui a envahi ma petite sous-préfecture doit beaucoup m’en vouloir ! En plus des « néo-bouddhistes », des apprentis chamanes, etc.

Vos « découvertes » m’intéressent toujours … à condition qu’elles ne soient pas trop excessives, voire agressives, comme souvent, malheureusement.

« Sénile » ? Vous voyez, qu’est-ce que je viens d’écrire à la ligne précédente !
En tous les cas pas encore assez pour avoir oublié cette vieille citation : « Qui médit se raconte, qui accuse se dénonce, qui juge se condamne » !

Cordialement

Jean Marc

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