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Les nourritures de l’âme – Marie Balmary

Les nourritures de l’âme – Culte-conférence du 13 février 2022

« Merci de me recevoir dans ce beau lieu qui porte ce beau nom. (0)

L’âme, voilà un mot à la fois familier et lointain. Il est mystérieux. J’ai vite compris que le mieux pour moi était de ne pas chercher à vous en donner une définition. Mais plutôt des sensations. Juste, vous faire sentir de quoi pour moi il pourrait s’agir ; en deux courts exemples.

Je lis chez François Cheng : “J’écris le mot « âme », je le prononce en moi-même et je respire une bouffée d’air frais.”. Nephesh, âme en hébreu vient du verbe naphash respirer, se reposer.¹

Et puis maintenant un bref dialogue.
Après l’incendie de la cathédrale de Paris, je parle avec une femme fermement athée, qui a passé toute sa vie professionnelle dans la recherche scientifique. Nous nous retrouvons quelques mois après l’évènement. Et je lui demande ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle a vu Notre-Dame brûler. Elle me répond : « J’ai eu mal à un endroit en moi que je ne connaissais pas. »

L’âme, le lieu où l’on ressent la mort. « la mort dans l’âme », dit-on. Mais aussi le lieu de la joie. Avec la musique par exemple. Dilatation de l’âme.²

En bonne curieuse de la Bible, j’ai voulu regarder les emplois du mot « âme » dans les deux testaments.
En hébreu, nephesh, 682 fois dans la Bible hébraïque.
En grec, psuchè, 94 fois dans le Nouveau testament.³
De quoi me décourager de m’embarquer dans cette aventure.
Vous me pardonnerez d’avancer comme on fait dans ma profession : avec ce qui vient à l’idée.
On m’avait demandé de trouver un titre dans le thème de l’âme. Il m’était venu sans réfléchir : « les nourritures de l’âme ». (4)
Car j’avais en tête une drôle de question à propos de la France :
De quoi se nourrit ce peuple qui le rende collectivement si pessimiste, alors même que, étonnamment, les Français se reconnaissent individuellement plutôt heureux ?
Qu’est-ce qui nourrit (mal) l’âme de ce peuple ? La France a-t-elle de quoi nourrir le peuple français ? Drôle de question, n’est-ce pas ? Apparemment, personne ne meurt de faim … (5)
Mais les évidences peuvent se retourner ; un petit exemple de ce que j’entends par « retournement d’une question ».

J’évoque un instant un autre sujet : la durée de la vie. A priori, nos vies ne cessent de s’allonger. Et pourtant j’ai le sentiment du contraire et j’ai été contente de le trouver exprimé par Régis Debray :

“L’espérance de vie a diminué : nous avions auparavant 50 ans plus l’éternité, nous avons aujourd’hui 80 ans moins l’éternité, je vous laisse faire le calcul.” (L’Angle mort). (6)

Je reviens maintenant aux nourritures de l’âme.
Où y a-t-il à manger pour l’homme en tant qu’il a une âme vivante ?
La plus connue des paroles concernant la nourriture divine de l’homme se trouve en Deutéronome 8, 3. C’est Moïse qui raconte au peuple d’Israël son histoire après la sortie d’Égypte :

Souviens-toi de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, […]. 3 Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim, et il t’a nourri de la manne, que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères,

Littéralement : IL vous fera connaître que pas sur du pain seul vivra l’humain, car sur de ce-qui-sort de la bouche d’YHWH l’humain vivra.
Phrase que Jésus reprendra au désert pour contre Satan. Cette phrase est-elle à entendre comme « vivre seulement de pain » – ne vivre que de pain – ou bien vivre de pain en étant seul, sans autre, sans co-pain ?
Dans la tentation au désert, il se pourrait que Jésus l’entende ainsi : l’homme ne vit pas seul de pain …
Si j’accepte cette phrase comme universelle – que l’homme ne vit pas de pain seul mais de parole divine, alors la première question pourrait être : Est-ce que nous vivons vraiment sur la parole d’un dieu ? Au singulier ? Au pluriel ? et si oui ? Quel dieu ?

Partant à la recherche du dieu qui nous nourrit – quel Dieu, quelle nourriture ? – je vais vous emmener bien loin du Deutéronome et en même temps pas tellement loin d’ici. Et tout près dans le temps. Pour un exemple.
Au défilé du 14 juillet 2012. Pour ce jour qui risquait d’être pluvieux, à l’ouverture, une comédienne vint déclamer un extrait d’un discours de Gambetta du 14 juillet 1872 marqué par de fortes pluies. L’extrait se terminait ainsi : (7)

Pour vous rassurer, je vous dirai que ce temps est traditionnel, malheureusement et qu’à tous les anniversaires du 14 Juillet il a toujours plu. Ainsi, le jour où eut lieu la grande Fédération, la pluie
tomba toute la journée, ce qui n’empêcha pas Paris tout entier, hommes, femmes, enfants, de toutes classes et de toutes conditions, de rester impassibles sous les injures du ciel, parce que, en ce jour, il s’agissait de prêter serment à la République.

Le discours de Gambetta n’est peut-être pas bien ajusté à l’histoire – en 1790, le roi est encore là, on prête serment à la Constitution – si je ne me trompe – mais je m’arrête sur un détail de son texte qui concerne notre sujet. Je reprends la phrase : “Ce qui n’empêcha pas Paris tout entier (…) de rester impassible sous les injures du ciel”, a-t-il écrit.

Ainsi, dans le discours de Gambetta et en 2012 encore ici, la pluie sur les parisiens était lue comme signe d’une hostilité céleste “les injures du ciel”. Ce ciel qu’on avait cru enfin vidé du dieu qui l’habitait auparavant, loge à présent une ennemi qui insulte le peuple. Climat particulièrement violent si l’on y pense. Comment combattre ce qui n’existe pas et qui vous veut cependant du mal ?
Cela sort bien du ciel, mais ce n’est pas de la nourriture. (8) Avons-nous d’autre signe de cette disparition de la parole bonne qui vient du ciel ? Oui, je vous emmène encore ailleurs : la Marseillaise.

Tant d’hymnes nationaux demandent la bénédiction, la protection divine : God save the Queen, chante-t-on à Londres – ou affirment avoir cette bénédiction, grâce à leur foi, In God is our trust, chante l’Amérique. Un doute : le texte original de la Marseillaise ne comportait-il aucune référence à Dieu ? Et là, une première surprise : le huitième couplet commence ainsi :

Dieu de clémence et de justice
Vois nos tyrans, juge nos cœurs
Que ta bonté nous soit propice…
Défends-nous de ces oppresseurs (bis)
Tu règnes au ciel et sur terre
Et devant Toi, tout doit fléchir
De ton bras, viens nous soutenir
Toi, grand Dieu, maître du tonnerre.

Ce couplet a été supprimé tout de suite en 1792 par le ministre de la guerre.

Ainsi donc, dans l’original de la Marseillaise, le ciel n’était nullement contre nous, l’auteur pouvait demander l’aide d’un Dieu clément et juste. Reste que cette bonne puissance au ciel ayant été supprimée, dans l’esprit de Gambetta et sans doute de bien d’autres, le ciel n’est pas resté vide. Il semble qu’une autre puissance obscure et muette s’y soit installée. Cette néfaste puissance peut même se servir de la nature (la pluie …) contre nous. (9)

Comment un peuple peut-il se sentir heureux sous un ciel qui, désormais vide de toute bonté, est habité dans l’imaginaire par une présence muette qui l’injurie sans un mot ?

Ces paroles de la Marseillaise que nous connaissons sont particulièrement violentes. Il est étonnant que nous n’ayons jamais vraiment remis en question les paroles de ce chant.
Alors que tant de pays chantent l’amour de leur patrie, nous, nous chantons, face à la haine des autres peuples, notre réaction belliqueuse à cette haine, dans des sentiments et par des moyens que nous réprouvons aujourd’hui, dont ce vœu de voir couler le sang qui donnera à boire à notre terre.
N’avons-nous pas mieux comme parole pour nourrir l’âme de nos jeunes citoyens ? N’y a-t-il aucun remède ?

J’en vois déjà un. Repasser la parole à la Marseillaise elle-même ; du moins aux couplets qui défaisant la censure, ont été ajoutés peu d’années après (je n’ai pas encore trouvé leur auteur).
Car le dernier couplet est alors un vœu inattendu, me semble-t-il, où il est enfin question de nourriture et d’union :

Enfants, que l’Honneur, la Patrie
Fassent l’objet de tous nos vœux !
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux. (bis)
Soyons unis ! Tout est possible ;
Nos vils ennemis tomberont,
Alors les Français cesseront
De chanter ce refrain terrible.¹

Soyons unis … Le mot n’était pas encore apparu dans cet hymne national.
De quoi un peuple peut-il se nourrir ? De paroles d’union, justement ?

¹ – C’est moi qui souligne.

Sous la plume de Régis Debray encore, je lis ceci :

Les hommes ne sont unis que par ce qui les dépasse, et ce qui dépasse ne se touche ni ne se voit. Paul Valéry a raison: «Que deviendrions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas?»
Réponse : il n’y aurait plus de nous, rien que des moi-je, dans un présent impitoyable, sans la moindre palpitation d’avenir.” (Un été avec Paul Valéry.) (10)

En quête de l’âme, c’est à la recherche du « Nous » que je vous invite. D’où viendra la parole qui nourrit l’union des cœurs ou peut-être mieux dit l’union des âmes ?
Une parole du ciel qui serait bonne pour nous. Une réponse est là endormie. Peut-être par trop d’habitude. (11)

J’aimerais que nous allions voir de plus près, de tout près le Notre Père. Je vais vous lire une traduction tellement mot à mot que cela va vous déranger dans un premier temps. Excusez-moi.

Père de nous celui dans les ciels
Que soit fait-saint le nom de toi
Que vienne la royauté de toi
Qu’advienne le désir de toi
Comme en ciel aussi sur terre.
Le pain de nous le suressentiel donne nous aujourd’hui
Et laisse-aller à nous les dettes de nous
Comme aussi nous, nous avons laissé-aller aux débiteurs de nous.
Et ne nous emporte pas en une épreuve
Mais libère-nous du Malin.

Voilà mon commentaire, fait avec d’autres qui se réunissent toutes les semaines depuis plus de trente ans sans qu’on sache pourquoi, si je puis dire. Peut-être pour la nourriture.
« Père de nous ». C’est le mot à mot grec. Nous ne prions pas notre père à nous, à chacun de nous. Mais le Père de nous. Pas de possessifs dans ce texte, rien que des génitifs : le père de nous, le nom de toi, le pain de nous … (12)

Si nous entrons dans cette prière par cette porte du Nous – il y en a d’autres – d’abord, nous rejoignons la demande des apôtres : apprends-nous à prier. « Nous » encore, les premières paroles du Créateur : Au début de la Genèse, ne parle-t-il pas lui-même en disant « Nous » pour nous faire ? Nous ferons l’humain à notre image selon notre ressemblance. C’est donc à l’image d’un « Nous » divin que l’humain, mâle et femelle, est créé ; un nouveau « Nous », donc, pour advenir ensemble image de Dieu. (13)

Ce pourrait être la prière pour qu’un « Nous » soit possible sur cette terre. « Le pain de nous » serait-il celui qui peut nourrir notre être ensemble ?

Ce « Nous », cette relation, ces relations de JE et de TU, ont besoin d’un « secours » hors monde. Ici justement il s’agit de l’invisible « Père de Nous », celui du ciel, Nous prions que le nom de Père soit mis à part (sanctifié), que le règne de ce Père arrive. Nous demandons que son désir – désir de Père – advienne comme au ciel aussi sur la terre. Qu’est-ce que ce désir du Père sinon qu’il y ait des fils, des frères de l’un et l’autre sexe qui puissent habiter la parole dans un « Nous » ? Y compris pour dire : nous ne sommes pas d’accord … (14)

Alors, vient la nourriture. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, dit-on en français ? Je me suis demandé pendant des années pourquoi cette redite que je trouvais bien faible dans une prière aussi importante. Les mots grecs : Ton arton ton epiousion … le pain le epiousion ce mot qui qualifie le pain est réputé intraduisible.

Étrange nourriture. On sent bien qu’il y a quelque chose d’appauvri et de répétitif dans « donne nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Les deux versions du Notre Père se trouvent dans les évangiles selon Matthieu (Mt 6,9-13) et selon Luc (Lc 11,1-4).

Le plus développé, celui sur lequel nous prions est celui de Matthieu.
Approchons-nous. Le pain de nous le epiousion donne à nous aujourd’hui. Ce mot qui qualifie le pain est mystérieux, tous les commentateurs le disent. Mot unique sans un autre emploi dans les évangiles qui  pourrait nous faire comprendre le sens. Des centaines d’hypothèses : le pain du lendemain, le pain qui nous suffit …
Quel est ce pain ? Comment ne serait-il pas d’une autre sorte que notre pain de tous les jours ? S’il doit nourrir notre être ensemble, il faut qu’il ait une qualité divine d’une manière ou d’une autre.

Lorsque j’ai vu pour la première fois le mot grec, je n‘ai pas osé y croire moi non plus. Pas osé croire qu’il soit si fort et qu’il soit resté tellement enfoui. Chose inattendue pour moi, je l’ai retrouvé dans la Vulgate, la traduction latine de Jérôme au 4e siècle et aussi, plus près de nous, chez Simone Weil, la philosophe. Le mot en latin et en français est pour eux le décalque exact du mot grec. Jérôme, cependant, a traduit le même mot une fois, chez Matthieu, par « Supersubstantialem » (Panem nostrum supersubstantialem), et l’autre fois, chez Luc, par « quotidianum ». Malheureusement, c’est le mot le plus ordinaire qui a gagné dans presque toutes les traductions du monde. (15)

Les hommes n’ont-ils pas osé continuer l’ouverture merveilleuse de Jérôme ? Pas même lui semble-t-il … J’ignore ce qui s’est passé à travers les siècles, mais plus près de nous, une femme a osé. Simone Weil n’était pas chrétienne, c’est peut-être pour ça ! Elle a fini par retrouver la source grecque pour dire dans sa prière : notre pain celui qui est surnaturel, donne le nous aujourd’hui. Ou encore : Le pain le suressentiel donne à nous aujourd’hui. (16)

Je ne sais pas ce que vous en penserez.
Mais pour ma part, je ressens qu’on est là à la bonne hauteur. Le pain-parole de Dieu ne peut être réduit au pain du marché. Le pain du ciel, avec la figure de la manne.
Et, ce qui prouve bien qu’il s’agit d’une prière pour Nous, c’est qu’il s’agit maintenant, nourris du pain du Père, du pain de la relation céleste, de laisser aller les offenses, les fautes, les dettes qui nous sont faites et celles que nous commettons. Les deux étant d’ailleurs en général tout à fait corrélées. Je veux dire, que ce que nous faisons subir n’est jamais sans rapport avec ce que nous avons subi nous-même. (17)

Pourquoi cette affaire de « laisser aller » (qu’on traduit par pardonner), laisser aller les dettes dans cette prière ?
Il me semble que cela a tout à fait sa place s’il s’agit bien d’une prière pour le « Nous », l’être ensemble. En effet, qu’est-ce qui peut détruire le « nous » sinon les offenses entre nous ? Donc il est logique que nous demandions comment en déjouer le piège auprès du Père. Laisse aller nos fautes / nos dettes comme nous avons laissé aller celles de nos débiteurs. Pour que nous rétablissions entre nous ce « Nous » ce nous des frères, image de dieu. Ce nous divin.

Quant à la fin de la prière : et ne nous conduis pas dans une épreuve mais délivre-nous du mauvais. Je ne me réjouis pas pour ma part de la traduction récente. Car il s’agit bien dans le texte grec de demander au Père qu’il ne nous conduise pas, lui-même, dans une épreuve.
Voici comment je comprends ceci qui est apparemment scandaleux : Dieu nous ferait lui-même entrer en tentation, en épreuve ?

Mais il y a un glorieux précédent : Abraham ! Quand a-t-il dû traverser l’épreuve du sacrifice interdit ? Il vient de reconnaître L’Éternel (YHWH) comme dieu d’éternité, alors il est envahi par son dieu imaginaire, un Élohim qui demandait sans doute en Chaldée des sacrifices d’enfants ; et il faudra trois jours pour qu’il s’aperçoive que l’Éternel (YHWH) est un autre dieu, qui ne voulait nullement qu’il fasse du mal à son fils.
C’est là qu’on voit qu’il y a des croyances/nourritures qui ne nous nourrissent pas mais qui au contraire nous dévorent ; c’est le propre de l’idole. (18)

Il est dangereux de croire en Dieu. Car il y en a mille figures dans notre imaginaire. Sous ces mille figures, ces mille voix, c’est alors le Malin qui parle et nous demandons que le Père nous en délivre – comme pour Abraham.
Quand est-ce que la parole nous mange au lieu de nous nourrir. ? Lorsque le dieu est une idole morte qui réclame ce qui le fait vivre, le sang des humains.

Aujourd’hui, ce n’est plus la parole cruelle du sacrifice qui nous menace, c’est la parole séductrice de la consommation qui nous mange. Les multiples paroles qui sortent de la bouche de … nos écrans. Les publicités qui viennent jusque dans nos têtes chercher notre attention, chercher dans nos yeux notre désir, dans nos poches notre argent … Le propre de la nourriture qui nous mange, c’est l’addiction dans laquelle elle nous plonge. Nourriture qui ne rassasie jamais. Il nous faut sans cesse revenir chercher une autre ration. On pourrait dire que toute drogue agit ainsi : c’est une nourriture qui nous dévore, une nourriture qui nourrit non pas l’homme, la femme ou l’enfant, mais qui nourrit la faim elle-même, une faim qui ne s’arrête plus. (19)

Les Écritures aussi sont des lieux dangereux puisque la parole divine mal transmise peut nous manger. Les idolâtries, les hérésies idolâtriques, sont des paroles qui nous mangent, des dieux que nous devons nourrir de notre vie. Les abus, les emprises, sont des inversions de la nourriture. Le disciple est nourri d’un pain qui va dévorer sa vie, son âme.

Est-ce que je peux terminer sans parler au moins un instant du pain et du vin dans ce lieu à cette heure ? L’eucharistie, est-elle nourriture d’un Nous ? Ça ne parait pas tout de suite, mais juste avec un peu plus d’attention aux mots des textes. Pour le pain, Mathieu écrit que Jésus « ayant donné à ses disciples, il dit : prenez et mangez, [littéralement] ceci est le corps de Je ».
« Ayant donné, il dit … » Le verbe « donner » est au participe aoriste. On peut lire que Jésus a donné le pain avant de dire : ceci est mon corps., plus littéralement : le corps de JE.

Et dans Luc, pour le vin, c’est encore plus net :
Et prenant une coupe ayant rendu grâces, il leur donna et ils burent d’elle tous.
Et il dit à eux : Ceci est le sang de Je de l’alliance, répandu pour beaucoup.
S’il ne prononce « ceci est … » que lorsque les disciples ont bu, nous sommes, si je puis dire, dans une autre histoire. Ce qui est appelé littéralement : « le sang de Je », n’est pas seulement ce qui est dans la coupe, tenu dans les mains d’un seul.
« le sang de Je de l’alliance », c’est la coupe (de vin) donnée par lui et bue par ses disciples. Donnée par l’un et reçu par d’autres. Or le sang dit la Bible, c’est l’âme.
Comment situer cela dans la recherche de la nourriture du Nous ? Il ne s’agit pas ici, me semble-t-il, de transformation (il n’est pas écrit : que ceci devienne mon corps, mon sang …), c’est le présent d’un constat « ceci est … »
Le sang de Je de l’alliance. Étonnante expression. Il y aurait deux JE possibles, un moi-Je, (comme évoqué par Régis Debray) et un Je de l’alliance. Or seul le JE de l’alliance permet le « nous », l’alliance justement, n’est-ce pas ? Or, ce Je de l’alliance est dit seulement sur le vin … la recherche est infinie … En tout cas pour moi. (20) 

En terminant, je veux juste vous dire combien je trouve souvent les célébrations eucharistiques bien loin de leur force symbolique, loin du Nous (et là je passe à quelque chose de beaucoup de plus léger, on m’excusera de faire le rapprochement) et les apéritifs en revanche, beaucoup plus près du Nous : une réunion d’amis, de voisins, de parents, de gens rencontrés qui ont le désir d’être ensemble. Une dose modérée (eucharistique ?) de boisson alcoolisée qui fait baisser légèrement la conscience critique, qui nous rend bienveillants et contents d’être ensemble. Peu de travail et de frais pour les maîtres de maisons. L’apéro, accessible à presque tous, un temps durant lequel on peut parler « nous », qu’on soit d’accord ou pas, c’est encore nous qui le disons ensemble. (21) 

A votre santé, Lé Haïm, dit-on en hébreu : à la vie !

 

Cordialement

 

0 – Un nouveau texte de Marie Balmary, dans l’optique de rassembler sur volte-espace ses divers travaux. J’ai en effet renoncé à batailler pour parvenir à faire la même chose sur wikipedia, où un quidam s’est approprié sa page avec un sens très aigu du moi-je …

Ce texte est assez long, mais vous êtes déjà prévenus que le twitt n’est pas le mode préféré d’expression de Marie Balmary. Et mes commentaires également trop nombreux aboutissent à ce billet d’une longueur totalement déraisonnable. Je rappelle que les liens, sur- et sous-lignages sont de ma seule responsabilité.

Pour tous ceux qui ne lisent plus que des twitts, le fichier audio est également disponible.

Le Foyer de l’Âme. Les « happy few » lecteurs de volte-espace savent à quel point ce mot « âme » gagne à être remis à sa juste place dans la conception anthropologique tripartite « corps & âme – esprit ». En dehors, il peut prêter à bien des confusions …

Rappel : Marie Balmary dans « Corps, Âme, Esprit » de Michel Fromaget

¹ – Qui mieux que François Cheng pour exprimer la vérité poétique ? Mais quand on utilise le mot « âme », en général c’est à l’Esprit, au Souffle, au Pneuma, … qu’on pense. Pas à psuche. Et ce rétablissement du mot juste, à sa juste place au sein de la tripartition, est plus que jamais indispensable à la compréhension de son magnifique livre « De l’âme ».

Il n’y a de véritable « repos » qu’en « Esprit et en vérité » [εν πνευματι και αληθεια] comme rappelé en Jean 4, 23. Et pas dans la zone psychique périphérique « je suis humain » du dessin de la note n° 3 ci-dessous, qui est et restera une zone de … « tribulations » !

NB : le site Emcitv.com, remarquable à bien des égards dans son onglet « Bible » participe néanmoins en l’espèce de la confusion évoquée plus haut. On ne peut que le regretter. « Mon peuple périt par manque de connaissance »

² – Cette scientifique est parfaitement à l’aise au sein de la conception anthropologique matérialiste : le complexe corps & mental, de la matière animée par de l’information. Elle est aussi suffisamment sensible pour que l’incendie de Notre Dame lui révèle une autre dimension d’elle-même, inconnue jusque là : l’Esprit. Il est permis d’espérer que de nombreux autres spectateurs auront eux aussi perçu cette dimension … même si c’est assez cher payé. Participer à un atelier de Vision du Soi selon Douglas Harding offre un rapport qualité/prix bien plus abordable …

Il me semble que le corps & mental est le lieu du « ressentir »  … L’Esprit est celui de l’accueil inconditionnel, sans attraction ni aversion. Ces caractéristiques risqueraient-elles de nous couper de la « joie » ? Essayez donc d’apprécier la musique à partir du silence d’accueil central que vous êtes, les beautés de la nature et de la peinture à partir de la transparence d’accueil centrale que vous êtes, que nous sommes tous, et … voyez ! Essayez, vérifiez !

³ – Tout « bon curieux » de la Bible devrait s’intéresser de très près à l’histoire des mots & concepts & réalités « âme » et « esprit », telle que proposée notamment par Michel Fromaget, principalement dans « Corps-Âme-Esprit – Introduction à l’anthropologie ternaire », mais aussi dans ses autres ouvrages.

Il ne s’agit pas là de simples informations, mais véritablement d’une « aventure » de vie ou de mort. Pour établir un lien étroit avec la Vision du soi et sa carte maîtresse ci-dessous …

  • la vie dans la seule zone périphérique « je suis humain » n’offre que deux dimensions : « corps & âme », ou « corps & mental », ce qui est traditionnellement appelé « chair » … un long couloir de la mort !
  • découvrir & demeurer dans le « Je Suis » central … change absolument tout ! Essayez, vérifiez !

4 – Il m’est difficile de ne pas établir un lien avec le beau livre du regretté Yvan Amar, « Les nourritures silencieuses ». Voilà encore un beau livre à relire !

5 – Est-il vraiment possible de parler de « l’âme d’un peuple » ? Le « bonheur » évoqué ici n’est-il pas étroitement dépendant de la possibilité de compensation & consommation – vu la place prise par la thématique du pouvoir d’achat dans le débat politique ?

Seule la dimension de l’Esprit, du « Je Suis », rend possible d’être fondamentalement optimiste. C’est « le seul espoir ». Pourquoi ne pas emprunter, ne serait-ce qu’une fois, « l’entrée principale » ?

« Apparemment, personne ne meurt de faim« , mais la précarité alimentaire a augmenté lors des quinze dernières années et la crise de la Covid-19 a considérablement aggravé la situation … Il semblerait que les élucubrations ultralibérales du ruissellement ne fonctionnent guère, que même les miettes ne descendent plus jusque tout en bas …

6 – Avant d’en venir à la pertinente citation de Régis Debray, je souhaite signaler l’existence d’un petit livre de Claude Aubert, « Espérance de vie, la fin des illusions », qui apparemment n’est plus édité par Terre Vivante … ?

Donc effectivement quelques indéniables progrès (hygiène, alimentation, médecine, confort) ont permis d’augmenter le temps disponible dans la zone périphérique « je suis humain » du dessin de la note n° 3 ci-dessus. Mis à part quelques transhumanistes cinglés (pléonasme !) et Luc Ferrire, presque tout le monde s’accorde sur le fait que les limites du temps imparti à un organisme humain sont atteintes et qu’elles risquent même d’être sérieusement réduites par les diverses crises formant système qui s’annoncent (climatique, énergétique, ressources, etc …).

« L’éternité » semble donc bien constituer notre unique source d’espoir et de véritable progrès. Nous y sommes en quelque sorte acculés. La Vision du Soi selon Douglas Harding peut nous aider à y puiser … Essayez, vérifiez !

7 – Le début de ce paragraphe propose un lien hypertexte vers le billet consacré à ce fameux défilé du 14 juillet 2012. Il me reste encore à le compléter de quelques commentaires, et donc tout ce qui concerne le texte intégral de la Marseillaise ne sera pas repris ici.

8 – « Les injures du ciel » ne font sans doute que commencer, comme la tempête Alex d’un coté, les sécheresses et canicules de l’autre. Mais nous savons désormais que nous en sommes collectivement responsables. « Quel temps ferons-nous ? », tel est l’inquiétant sous-titre du livre de Jean-Marc Jancovici « L’avenir climatique ».

9 – Des êtres humains sont-ils vraiment assez stupides au point de penser être en capacité de supprimer « cette bonne puissance au ciel » ? Assurément des femmes & hommes de pouvoir  alors …

Quiconque dispose d’un peu de culture spirituelle ne peut être que frappé de la permanence au cours des millénaires d’un … mystère bénéfique, sous des formes culturelles extraordinairement diverses certes. Et quelques nouveaux-venus tenteraient depuis deux cents ans à peine, sous couvert de « lumières » et de science, de convaincre de l’absence de tout mystère ? Ça en dit long sur leur ignorance !

Quand donc une éducation digne de ce nom intégrera-t-elle enfin « la philosophie éternelle » ? Ou au moins « l’hypothèse de travail minimale » ?

10 – Là encore le dessin de la note n° 3 ci-dessus s’avère aussi pertinent qu’éclairant, sauf que « ce qui dépasse » est Ce qui est le plus central, le plus profond, le plus intime … Un en-deçà de tout bien plus qu’un au-delà.

Sans cet en-deçà, sans ce « Je Suis » central, ne subsiste que la zone périphérique « je suis humain », livrée – globalement – à la compétition frénétique des « moi-je ». Alors certes dans cette zone adviennent aussi et fort heureusement des actes de collaboration, d’entraide, d’estime, d’amour, etc … qui rendent la vie vivable.  N’empêche que cette zone reste par nature celle de la confrontation possible et souvent probable … L’autre y est essentiellement un autre, un potentiel concurrent pour des ressources limitées.

Seule cette dimension de « Je Suis » central – qui porte de nombreux autres noms : Esprit, Royaume, Nature de Bouddha, Visage Originel, … – permet véritablement aux hommes d’être « unis », de retrouver le sens d’une comm-Un-ion possible. Ne me croyez surtout pas sur parole, pas plus que Marie Balmary, Régis Debray ou Paul Valéry. Venez plutôt faire quelques expériences de Vision du Soi dans un atelier : leur objet consiste à Voir – simplement, concrètement, joyeusement – « ce qui dépasse ». Le jeu en vaut la chandelle, mais encore faut-il avoir « l’audace » de jouer ! Essayez, vérifiez !

Paul Valéry a raison:

«Que deviendrions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas?»

11 – « Peut-être par trop d’habitude » … d’utiliser le mot « âme » – mental, psyché – en lieu et place du mot « Esprit » – pneuma ? Peut-être parce que nous cherchons une « réponse » dans une parole, une information, au lieu de consentir à la trouver dans une expérience ?

L’expérience du « Je Suis » central n’est pas si difficile à faire – simplement, concrètement, joyeusement. C’est peut-être celle qui vous permettra d’entrer dans un « nous », une communion sans confusion … d’entrer dans « la ronde ». Essayez, vérifiez !

12 – « Père de nous ». C’est le mot à mot grec. « πατερ ημων ο εν τοις ουρανοις » que même Chouraqui traduit « Notre père des ciels ». Mes maigres connaissances en grec biblique – pour ne pas dire aussi en grammaire française – m’interdisent malheureusement d’aller regarder de plus près le sens de ce génitif.

Le « Père » ? L’origine, la provenance, … qui donne à tous ces « chacun » (!) la capacité de composer un « nous » quand ils le souhaitent & quand c’est nécessaire. Peut-être la seule manière de se libérer d’un individualisme destructeur de tout & tous, de la Terre et de l’humanité de l’humain … ?

« Pas de possessifs dans ce texte … ». Ça me fait penser à cette citation, lue chez Frédéric Leboyer :

« La vie spirituelle ? Ce sont tous ces miracles qui arrivent quand on fait passer l’intérêt des autres avant le sien ».

13 – « Adôn, enseigne-nous à prier … » [κυριε διδαξον ημας προσευχεσθαι …] – Luc 11,1

« Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notreles ressemblance … » – Genèse 1,26

Marie Balmary nous aide gentiment, avec d’autres, à constater que cette « vieillerie » de Genèse – vous aurez remarqué que son exemplaire commence à avoir vécu – nous indique dès le commencement que le « moi-je » est une impasse, que seul le « nous » est une « porte » permettant le passage, la joie, la vie … Nos (dis)sociétés modernes hyperindividualistes auraient grand intérêt à faire retour au commencement …

14 – Ce « “secours” hors monde » peut aussi être le « Je Suis » central du dessin de la note n° 3 ci-dessus. En fait peu importe le nom qu’on souhaite lui accoler, la seule chose importante consiste à en faire l’expérience directe : être espace d’accueil illimité & inconditionnel, être – simplement, concrètement, joyeusement – ce que je suis & Je Suis. Prétention insensée, accomplissement réservé à quelques mystiques supérieurement doués & favorisés par la grâce, seulement un ou deux par siècle et par continent … ? Avec Douglas Harding et, accessoirement, la quasi totalité des mystiques évoqués ci-dessus, je suis convaincu que cette expérience du « Je Suis » central est non seulement notre droit de naissance, mais aussi notre destin d’être véritablement humain : nous sommes tous construits comme cela pour réaliser « Cela ». Essayez, vérifiez !

Sommes-nous à ranger définitivement dans le camp des Bisounours pour autant ? Grosréveil plutôt que Grosdodo alors ! Si nous demeurons incapables de nous dire fraternellement « nous ne sommes pas d’accord », si nous ne saisissons pas l’opportunité du « seul espoir », alors ne subsiste que la fatalité de la guerre. Espérons que les désordres & souffrances planétaires engendrés par celle entre Russie et Ukraine nous engageront à changer radicalement de cap, … à sortir résolument de l’errance en Égypte.

15 – « τον αρτον ημων τον επιουσιον δος ημιν σημερον » – Matthieu 6,11

« Donne-nous aujourd’hui notre part de pain » pour Chouraqui, « quotidien » pour la plupart des traductions, mais aussi : « le pain nécessaire, le pain qu’il nous faut, le pain dont nous avons besoin ». Connaissons-nous si clairement, consciemment, ce « pain dont nous avons besoin » ? Est-il si étonnant que le pain « normal » ait prévalu, au moins dans la majorité des traductions sur le « Supersubstantialem » – suressentiel & surnaturel » ? Il semblait « si fort« , beaucoup trop « lourd » pour être « digéré », si bien qu’on a préféré l’enfouir, remettre – éternellement ! – sa consommation à … demain ! Heureusement qu’existent des creuseurs & découvreurs comme Marie Balmary et Douglas Harding !

Cette expression d’un « pain » radicalement autre se retrouve aussi chez Aldous Huxley, dans ses « commentaires sur le Notre-Père«  dans « Dieu et moi – Essais sur la mystique, la religion et la spiritualité ». Également dans le « Commentaire de l’Évangile » de Lanza Del Vasto. (A développer dans un autre billet). Et sans doute dans « En relisant les Évangiles » d’Arnaud Desjardins, à vérifier.

16 – « Simone Weil … une femme a osé ». Dans le processus de traduction comme ailleurs, la femme est pour l’homme « une aide contre lui », selon l’heureuse formule d’André Chouraqui :

« … Je ferai pour lui une aide contre lui. » Genèse 2, 18

Cette femme avait peut-être conscience d’« exagérer » … mais elle a néanmoins osé. J’en connais au moins une autre aussi résolue !

17 – J’en pense personnellement que nous n’avons d’autre choix que de nous nourrir, chaque jour & dans l’instant présent, du « pain επιουσιον, suressentiel, surnaturel », quelle que soit sa forme. Sinon nous sommes condamnés à la rivalité mimétique, à la violence, à la guerre de tous contre tous …

« Remets-nous nos dettes, puisque nous les remettons à nos débiteurs. »

Matthieu 6,12 – André Chouraqui

[και αφες ημιν τα οφειληματα ημων ως και ημεις αφιεμεν τοις οφειλεταις ημων]

Encore une fois, participer à un atelier de Vision du Soi selon Douglas Harding peut offrir un accès commode à ce « seul espoir ». « Ce » qui peut vraiment « remettre … pardonner », le « Je Suis » central, dépasse infiniment l’ego, le « petit » moi-je … Essayez, vérifiez !

18 – Cf. “Le Sacrifice interdit. Freud et la Bible”, Grasset – 1986 et Le Livre de Poche Biblio Essais n° 4220 – 07/11/1995

Comment remercier suffisamment Marie Balmary d’avoir méthodiquement déconstruit la lecture idolâtre des sacrifices d’Isaac et d’Abraham, de la paternité et de l’humanité, d’un rapport juste entre l’humain et le … « mystère » ? D’avoir resitué à sa juste place d’épreuve le « sacrifice interdit » ? Tout simplement en lisant et en faisant connaître largement l’immense valeur de ses découvertes.

Des lectures de la Ligature d’Isaac « qui ne nous nourrissent pas mais qui au contraire nous dévorent », des apologies de la soumission et de l’obéissance aveugle, il en subsiste encore bien trop et elles continuent à nous faire du mal, à blesser le « nous ».

19 – Il ne me semble pas illogique de relier cette description & condamnation de la consommation – compensation – consumation à la citation de Jacques Ellul : « détruire le capitalisme ».

La seule façon de stopper l’addiction idolâtre du corps & mental qui ravage non seulement la zone périphérique « je suis humain » du dessin de la note n° 3 ci-dessus, mais aussi toutes les zones excepté le Centre, c’est de réaliser « the big picture », de retrouver la totalité « Corps & Âme – Esprit » de notre être … Ce n’est peut-être pas aussi difficile que vous le croyez : pourquoi donc hésiter à vérifier si la Vision du Soi est en mesure ou non de vous « rassasier » ?

20 – Comme le montre le dessin ci-dessus, il y a effectivement un petit « je » périphérique et un grand « Je » central. Un « je suis humain » réduit aux seules dimensions du corps & mental, immature, néoténique et un « Je Suis » complet, réalisé, achevé, … « Corps & Âme – Esprit ».

Seules des relations interpersonnelles qui passent par ce Centre que nous sommes, tous, permettent effectivement « le “nous”, l’alliance » … Mais là ça devient difficile à décrire. Participez plutôt à un atelier de Vision du Soi et tout s’éclairera assez vite.

21 – Grâce soit rendue à Marie Balmary pour cet « eupéro » qui permet de « parler “nous” » ! Qu’il me soit permis d’y rajouter un petit grain de sel.

Lorsque le groupe « d’amis, de voisins, de parents, de gens rencontrés qui ont le désir d’être ensemble » est là, il est possible à chacun d’entre eux de :

  • compter les convives en commençant par s’attribuer le nombre zéro ! Ce qui revient à ne pas se compter comme un petit « je » pareil aux autres, mais à se constater comme « rien », vide central, espace d’accueil illimité & inconditionnel des « autres » … Ça change beaucoup de choses, pour ne pas dire tout … Une « Visitation » live ! Essayez, vérifiez !
  • maintenir son attention simultanément vers l’extérieur – tout ce qui est accessible aux sens & vers l’intérieur, comme indiqué par le geste ci-dessous :

  • à partir de ce léger surcroît d’attention, jouer le jeu – aussi addictif que nourrissant – de l’asymétrie, le Grand Jeu du Sutra du Cœur ou du Royaume, le Jeu consistant à être :
    • Vide central d’accueil de toutes les formes périphériques
    • Transparence centrale d’accueil de toutes les couleurs périphériques
    • Silence central d’accueil de tous les sons périphériques
    • Immobilité centrale d’accueil de tous les mouvements périphériques
    • Illimitation centrale d’accueil de toutes les limites périphériques
    • Liberté centrale d’accueil de tous les conditionnements périphériques
    • Éternité centrale d’accueil de tout l’éphémère périphérique
    • Conscience centrale d’accueil de toute matière périphérique
    • etc …

Difficile de faire plus simple & plus efficace ! Mais, comme d’habitude, n’en croyez pas un traître mot. Essayez, vérifiez … !

« A votre santé, Lé Haïm, dit-on en hébreu : à la vie ! »

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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