
« Et nous restons dans l’existence
à chercher notre chemin,
à chercher notre vérité
dans la terrible présence de l’enfance
qui se perpétue dans l’âge,
avec l’espoir que nous serons dignes enfin d’elle,
et vivrons alors l’enfance comme des grands,
comme des hommes. »
Je n’ai toujours pas trouvé la référence exacte de cette citation … et n’ai donc aucune idée de son contexte … Si d’aventure vous la connaissez, merci de bien vouloir me renseigner.
Quelques commentaires sous forme de questions :
- Une part non négligeable du problème ne provient-elle pas du fait que nous demeurons uniquement « dans l’existence » ? Dans la seule zone périphérique « je suis humain » de notre « autoportrait » au lieu de considérer le plus sérieusement possible le « Je Suis » central, la possibilité d’y consentir et de Vivre, enfin, la Grande Vie qui est notre droit de naissance et notre destin … « En effet, la question que nous ne pouvons éluder serait : n’avons-nous pas pendant des siècles marché à contre-courant, tournant le dos à l’être, afin d’affirmer présomptueusement l’autonomie de notre existence ? Mais l’existence sans l’être n’a plus ni fondement ni support : elle n’a pas de signification propre et n’est plus que le fruit du hasard, un leurre. » Jacques Brosse, « Itinéraire d’un naturaliste zen », pages 352 – 353 de l’édition de poche Pocket 2012.
- Une autre part ne provient-elle pas du fait que nous nous entêtons à « chercher » sans jamais, au grand jamais, envisager une seconde qu’il soit possible de … trouver ? Comme le chante si bien Julos Beaucarne : « Des chercheurs qui cherchent On en trouve Des chercheurs qui trouvent On en cherche … » Alors que la Vision du Soi selon Douglas Harding nous permet si simplement, si génialement de « mettre de l’espace dans notre moteur », de coïncider silencieusement avec cet espace d’accueil illimité & inconditionnel que nous sommes, tous.
- Et si nous persistons « à chercher notre chemin, … notre vérité » comme nous cherchons habituellement toute chose, ne prenons-nous pas le risque majeur de ne jamais réussir à trouver l’exact contraire d’une chose justement, ce « rien », ce « vide », ce Visage Originel qui nous fonde et qui est notre véritable nature, notre Identité ?
- Cette « présence de l’enfance qui se perpétue dans l’âge » ne serait-elle pas moins « terrible » que puissante, ineffaçable et … salvatrice ? Ce souvenir de notre « royauté initiale » – bien qu’inconsciente – et le tourment d’en être – pour l’immense majorité – séparé, ne seraient-ils pas les clés d’un possible Éveil conscient ? « … si vous ne retournez pas et ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas au royaume des ciels. » [εαν μη στραφητε και γενησθε ως τα παιδια ου μη εισελθητε εις την βασιλειαν των ουρανων] Matthieu 18,3.
- Cet « espoir que nous serons enfin dignes de cette présence de l’enfance » a-il jamais suffi, suffit-il … ? N’aurions-nous pas besoin d’une véritable méthode de transformation – simple, concrète, joyeuse – afin de nous « retourner » [Strepho], de nous « faire petit comme cet enfant » [Tapeinoo] ? (NB : Cette traduction par « petit » dans un registre global d’humilité et d’abaissement est bien entendu tout à fait incorrecte et dangereuse : la qualité de l’enfant recherchée, c’est d’être « rien », juste (!) espace d’accueil illimité & inconditionnel.) Même si la Vision du Soi ouvre généreusement l’accès à une telle méthode, force est de constater que, pour l’instant, « la moisson est abondante, mais rares les ouvriers. » [ο μεν θερισμος πολυς οι δε εργαται ολιγοι] Luc 10,2.
- Courte & rude question pour terminer : tant que nous ne vivons pas « l’enfance comme des grands » – tant que nous ne coïncidons pas consciemment & silencieusement avec notre Visage Originel, notre « autoportrait » – méritons-nous le nom d’« homme » ? Sommes-nous véritablement humains tant que nous ne sommes-pas … divins ? (Réponse – provisoire … – dans les actualités de chaque jour, malheureusement.)
… L’homme n’a pas été au bout
De tous ses possibles… Y a tellement d’infini en nous
Qu’on est pas près d’en voir le bout
Cordialement
