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4 - Méditation

Pratique du zen vivant, « exposé » 27 – Jacques Brosse

Rappel : « Pratique du zen vivant »  relate les alternances d’exposés (« teishô »), suivis de questions & réponses, de treize sessions intensives de zazen dirigées par Jacques Brosse entre le 26 décembre 2000 et Pâques 2004.

Je présente lors de la séance hebdomadaire de Méditation dans l’esprit du zen & sur ce site quelques points saillants de ces exposés, bien entendu en lien direct avec la pratique de la Vision du Soi selon Douglas Harding. Libre à vous de déposer ensuite vos questions et/ou commentaires, de lire (et relire …) ce livre de Vie. Je me permets cependant de vous recommander de le lire pour vérifier si « les experts ont bien “pigé le truc” ».

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Dans cet exposé, Jacques Brosse explore « les six parâmitâ, les vertus dites transcendantes des bodhisattva qui deviendront les fermes points d’appui de leur pratique de zazen ».

  • « … parâmitâ veut dire … « qui atteint l’autre rive », « qui permet d’atteindre l’autre rive » … vertus portées à leur intensité maximale, … suractivées, dynamisées, porteuses d’un énorme potentiel énergétique. … »
    • Intéressantes ces deux traductions … Est-ce que nous chercherions des moyens pour atteindre « l’autre rive » si nous ne l’avions pas d’ores et déjà atteinte ? Nous rejoignons ici l’intuition de Pascal : « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé », elle-même écho des écrits de St-Bernard.
    • C’est, paradoxalement, la reconnaissance de l’évidence d’être par nature déjà sur « l’autre rive », d’être espace d’accueil illimité & inconditionnel, qui est « porteuse d’un énorme potentiel énergétique » pour s’y établir consciemment et y demeurer.
  • « … dana parâmitâ signifie le don de soi … le don parfaitement désintéressé, qui ne se considère pas comme un don. … « … le don du bodhisattva ne doit laisser aucune trace. … »
    • C’est un bon critère de discernement d’un vrai bodhisattva. A l’heure où le progrès fait rage, l’objectif de la plupart consiste plutôt à laisser un maximum de traces, à faire le buzz … D’ailleurs ne suis pas moi-même en train d’augmenter l’entropie générale avec volte-espace … ?
  • « … shilâ parâmitâ … des conseils qui permettent d’éviter les actions néfastes, préjudiciables … elle transcende toute moralité … En effet, la moralité est morte, si elle n’est vivifiée par la compassion, laquelle n’est pas un devoir, mais une effusion spontanée du cœur. … »
    • Pour Douglas Harding et la Vision du Soi, le simple fait de demeurer au Centre conduit naturellement à une amélioration, indirecte mais durable, de la vie périphérique. Vérifiez !
  • « … kshânti parâmitâ … patience … Ce qu’il faut à tout prix éviter est d’en arriver à haïr le monde, à haïr autrui, quel qu’il soit, quoi qu’il fasse, ce qui ne veut pas dire les accepter, mais ne pas les juger, conserver toujours à leur égard l’impartialité bienveillante, l’équanimité. … « … Il n’est pas de vice plus grand que la haine, pas d’ascèse égale à la patience. » … inlassable indulgence et tolérance vis-à-vis d’autrui. Mais cette patience, il faut aussi l’exercer envers soi-même. … être patient avec la Voie elle-même, avec notre zazen … »
    • Sans doute être patient aussi avec ce refus assez commun de Voir l’évidence que nous sommes, tous, déjà construits comme espace d’accueil illimité & inconditionnel, « contenant ultime » de la totalité de l’univers …
  • « … vîrya parâmitâ … c’est le courage, l’énergie … une force calme, sûre de soi, patiente, et non une frénésie, un fanatisme ni un goût morbide pour les mortifications. … »
    • Une « force calme, sûre » … du Soi !
    • Se « mortifier », ne serait-ce pas chercher à se maintenir à tout prix confiné dans la seule zone périphérique « je suis humain » de notre « autoportrait ».
  • « … Tout cela s’additionne et s’harmonise … Ce sont les composantes toutes nécessaires de dhyâna parâmitâ, le recueillement, la parfaite concentration, dans lesquels le moi se dissout et laisse la place à notre véritable personnalité, notre nature de Bouddha, notre visage originel. »
    • Rappel : dhyâna (Inde) => ch’an (Chine) => zen (Japon) => …
    • Personnellement je n’apprécie pas cette formulation : « le moi se dissout et laisse la place … ». Mais il est indéniable que le moi, en retrouvant sa juste seconde place dans une « hiérarchie » bien ordonnée, va se transformer et s’améliorer. C’est le Soi qui est notre véritable Identité (et non « personnalité »), le moi n’étant qu’une identification. Ces deux-là, le Soi et le moi, peuvent collaborer beaucoup plus intelligemment. Vérifiez !
  • « Et par dhyâna, nous pouvons atteindre la Prajnâparâmitâ, la compréhension suprême des bodhisattva … la « mère des Bouddha » … »
    • « Atteindre … » ce qui est déjà là de toute éternité. Comment aller ici, là où nous sommes déjà ?
    • Le sûtra du cœur, soit vous le rabâchez en le comprenant plus ou moins, soit vous le vivez grâce à la Vision du Soi selon Douglas Harding. Vérifiez !
    • En cherchant un lien vers l’ancien site d’Eric Rommeluère, zen-occidental.net, je découvre qu’il a été piraté … Bref, le progrès continue de faire rage … « un élan vers le pire ».

Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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