Reprise en ce début 2026 d’un « chantier » ambitieux, dont des résultats partiels et pas suffisamment satisfaisants avaient déjà été mis en ligne en 2023 …
« The best day of my life – my rebirthday, so to speak – was when I found I had no head.
This is not a literary gambit, a witticism designed to arouse interest at any cost.
I mean it in all seriousness : I have no head. »
Proposition :
« Le meilleur jour de ma vie – ma renaissance pour ainsi dire – fut le jour où je me découvris sans tête.
Ce n’est ni une figure de style ni un paradoxe pour susciter à tout prix l’intérêt.
Je suis tout à fait sérieux : je n’ai pas de tête. … »
Les « happy few » lecteurs de volte-espace auront reconnu le premier paragraphe de « Vision », chapitre initial de « Vivre Sans Tête – Une contribution au zen en occident ». Le désir m’est venu de reprendre, paragraphe par paragraphe, ce texte fondateur en proposant une traduction parfois légèrement différente de celle de Catherine et quelques commentaires. La considération finale de l’ensemble du texte pourra conduire à retoucher un peu chaque partie.
Ce simple & court, dense & inépuisable texte de Douglas Harding pourrait « peser » aussi lourd que toutes vos autres lectures spirituelles … Il vous donnera peut-être envie de participer à un atelier de Vision du Soi, de transformer le « ouï-dire » en expérience personnelle, les concept en percepts …
1 – Le beau ou le bon … ? Bonne ou belle journée que celle que Douglas relate ? Je ne me lancerai pas dans un excessif détour via la convertibilité des transcendantaux (le Vrai, le Bon, le Beau), mais il me semble utile de se dégager d’une tendance actuelle (moins affirmée lors de la traduction française en 1978) à tout esthétiser.
Et ce même si cette extraordinaire « Hiérarchie du Ciel et de la Terre – Un nouveau diagramme de l’Homme dans l’Univers » & la méthode associée sont magnifiques de cohérence et de simplicité. Des illustrations du principe de Léonard de Vinci : « La simplicité est la sophistication suprême », et des constats de R. Maharshi et de E. F. Schumacher.
Je demeure donc dans la ligne du « bon » et -comme Douglas – je vous propose « simply the best » !
Au terme d’une longue & éprouvante recherche, doté d’une solide culture biblique & d’une grande sensibilité, Douglas Harding avait clairement vu l’importance de sa découverte … tout comme « Dieu » après chaque étape de son œuvre créatrice !
« Dieu vit que cela était bon » & [καὶ εἶδεν ὁ θεὸς ὅτι καλόν]
Choix de la simplicité également pour ce « rebirthday » : re-naissance. En 1978 le contexte incitait moins à se séparer du tsunami évangélique qui allait suivre … pour engendrer pléthore de « christians born again » et déstabiliser encore un peu plus le monde.
La culture biblique de Douglas établissait vraisemblablement une correspondance avec les « naître à nouveau, naître d’en haut, d’eau et de Souffle & Esprit … » du dialogue de Jésus et Nicodème en Jean 3, 1-12.
Ainsi le verset 6 :
« Ce qui naît de la chair est chair ; ce qui naît du souffle est souffle. » (Chouraqui)
[το γεγεννημενον εκ της σαρκος σαρξ εστιν και το γεγεννημενον εκ του πνευματος πνευμα εστιν]
… ne se lit-il pas plus aisément à l’aide de la carte de notre « autoportrait » commun ? La « chair » – c’est-à-dire le complexe corps & mental relève de la zone périphérique « je suis humain », alors que le « souffle » procède du « Je Suis » central. Deux zones par nature absolument différentes et … parfaitement non-deux !
2 -Soumis au déluge informationnel qui nous submerge, rares sont ceux qui connaîtront un jour l’existence d’une « Headless vision », d’une Vision du Soi (Vision Sans Tête). Et, malheureusement & vraisemblablement, la plupart d’entre eux ne la considéreront que comme une « figure de style ou un paradoxe pour susciter à tout prix l’intérêt » …
3 – En dépit de l’exceptionnelle efficacité des expériences de Vision du Soi élaborées par Douglas pour partager le même percept, évident, que lui : « je n’ai pas de tête », il semblerait que cet exceptionnel accomplissement n’intéresse guère … Une part sans cesse croissante de nos contemporains « se contente de trop peu ». Et il me faut bien avouer que, parfois, ce désintérêt m’accable …
NB : traduction originale de Catherine Harding :
« Le plus beau jour de ma vie – ma nouvelle naissance en quelque sorte – fut le jour où je découvris que je n’avais pas de tête. Ceci n’est pas un jeu de mots, une boutade pour susciter l’intérêt coûte que coûte. Je l’entends tout à fait sérieusement : je n’ai pas de tête. … »
Cordialement



