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4 - Méditation

Pratique du zen vivant, « exposé » 7 – Jacques Brosse

 

Rappel : « Pratique du zen vivant »  relate les alternances d’exposés (« teishô »), suivis de questions & réponses, de treize sessions intensives de zazen dirigées par Jacques Brosse entre le 26 décembre 2000 et Pâques 2004.

Je présente lors de la séance hebdomadaire de Méditation dans l’esprit du zen & sur ce site quelques points saillants de ces exposés, bien entendu en lien direct avec la pratique de la Vision du Soi selon Douglas Harding. Libre à vous de déposer ensuite vos questions et/ou commentaires, de lire (et relire …) ce livre de Vie. Je me permets cependant de vous recommander de le lire pour vérifier si « les experts ont bien “pigé le truc” ».

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  1. Cet exposé poursuit l’illustration du « caractère universel de la démarche qui est la nôtre ». Après Plotin, Jacques Brosse évoque  « les » éveils de saint Paul, le deuxième étant sa fameuse chute de cheval & conversion sur le chemin de Damas. Puis relate le commentaire que Maître Eckhart fait de sa traduction audacieuse : « Paul se releva de terre et, les yeux ouverts, il vit le néant » (« Surrexit autem Saulus », Sermon allemand n° 71). Creuser plus avant la distinction « Gott, Dieu – Gottheit, Déité … aussi différents l’un de l’autre que le ciel et la terre » – inspirée par [le Pseudo-] Denys l’Aéropagite – risquerait de nous entraîner un peu trop loin … Disons simplement qu’en nous relevant de la salutation – facultative tant que l’on n’en saisit pas le sens et donc la nécessité – qui ouvre notre méditation, nous voyons, les yeux ouverts, l’espace d’accueil illimité & inconditionnel que nous sommes … Vérifiez !
  2. Cet exposé propose une magnifique formule d’Eckhart : « L’œil dans lequel je vois Dieu est le même que celui dans lequel Dieu me voit ». Véritable koan zen pour D. T. Suzuki, qui s’est intéressé d’assez près à Maître Eckhart, notamment dans « Mysticism: Christian and Buddhist : The Eastern and Western Way », Macmillan, 1957. Là encore, il est possible d’avancer que cette énigme se résout assez simplement en adoptant la « posture » d’espace d’accueil illimité & inconditionnel, en « coïncidant silencieusement » avec notre « autoportrait », en vivant consciemment & constamment le geste des index à 180° l’un de l’autre, … Vérifiez !
  3. Jacques Brosse poursuit son tour d’horizon universel avec deux autres disciples d’Eckhart, Jean Tauler et Henri Suso. Les éditions Arfuyen ont édité des ouvrages de l’un et de l’autre.
  4. Plus proche dans le temps, le moine Thomas Merton, déjà évoqué dans l’exposé n° 5 : « Bien que peu d’Occidentaux parviennent jamais effectivement à une compréhension véritable du zen, il vaut tout de même la peine pour eux de s’exposer à son atmosphère vivifiante et capiteuse. » Pour vivre zen & vivre dans la « joie spacieuse », plutôt que de commencer par lire & étudier tout D. T. Suzuki, tout Merton, tous les mystiques rhénans, etc … il est effectivement beaucoup plus simple de … Vivre Sans Tête ! La vie est courte, mangez le dessert en premier ! Vérifiez !
  5. Jacques Brosse garde pour la fin le superbe récit d’éveil « d’un complet agnostique, le docteur allemand Georg Groddeck » : “Rappelez-vous dans votre vie. Il y a là des instants où vous étiez tranquilles, tranquilles et clairs comme le bleu du ciel … Dans la vie de chaque être humain survient un tel instant de calme profond, d’unité avec Dieu-Nature. Et l’enfance nous paraît un Paradis, parce que l’enfant se sent encore un avec le monde … Mais rares sont ceux qui savent ce que signifie ce repos, ce repos qui surplombe la joie et la douleur, que la mort n’effraie pas et que ni l’or ni l’amour ne séduisent, cette ouverture du ciel sans crainte et sans désir. C’est l’être-un avec Dieu-Nature, la conscience d’appartenir soi-même au Tout créateur, la dissolution et la fusion de la personnalité de l’homme, du moi, en Dieu-Nature … Et tout à coup, nous le remarquons : ces instants ne sont pas si rares […] Ils sont venus soudainement, de façon inattendue […] Nous repensons à tout cela et secouons la tête, étonnés. La vie est si riche, et je ne le savais pas. Le monde est si beau, et je n’y prêtais pas attention. Pourquoi donc ? » Cette « dissolution & fusion de la personnalité … » ne me convient guère ; je préfère de loin la proposition de Douglas Harding consistant à remettre soigneusement le moi à sa place, périphérique, au sein d’une « Hiérarchie » bien ordonnée. Bien entendu, vérifiez soigneusement ce qu’il en est pour vous !

Belle & bonne pratique.

Cordialement

 

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

4 réponses sur « Pratique du zen vivant, « exposé » 7 – Jacques Brosse »

Si la « vision » nous est donnée de façon gracieuse, totalement gratuite, inattendue, imprévisible, imméritée, telle une manifestation divine inouïe, immaîtrisable, dans un absolu de gratuité sur-naturelle, et sans que nous puissions avoir aucune mainmise sur cet événement qui surpasse et excède les limites de toute « expérience », qui nous dépasse, nous transcende et ne dépend absolument pas de nous, ni de notre désir, ni de notre vouloir, ni de nos attentes, n’est-il pas totalement ridicule, vain, scandaleux, grotesque, prétentieux et insensé de tenter de revivre cette vision unique ou de la réactiver par des moyens artificiels, des pratiques, des techniques ou des « postures » qui immédiatement montrent toute l’imposture de ces moyens et de leurs auteurs? Après l’avoir maintes et maintes fois vérifié, que ce soient dans la prière, la méditation, la contemplation…, j’ai pu constater qu’effectivement les efforts recommandés par tous les techniciens, les coachs, les gurus et les praticiens s’avèrent totalement ridicules et inutiles, ou pire encore puisqu’ils forment autant d’obstacles rédhibitoires qui font fuir toute présence gracieuse et toute manifestation impromptue de ce don gratuit. C’est ainsi que l’idolâtrie et le charlatanisme pénètrent à l’intérieur même des voies de sagesse apparemment les moins soupçonnables, et démentent toute prétention à reconduire ou retrouver un éveil qui échappera toujours à toute tentative d’appropriation ou de maîtrise..
« Ce chemin, personne ne le prend que le couchant d’automne… » Bâsho

« La non-dualité ne tolère aucune discussion. » Arnaud Desjardins, in Anthologie de la non-dualité, p. V.

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