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1 - Pratique de la Vision du Soi Fondamentaux Vision du Soi

« Objections et réponses » – 10

Cf. l’introduction à cette série d’articles dans « Objections et réponses » – 1

Question : « La vision sans tête donne-t-elle donc immédiatement accès au royaume du transcendant, à la conscience cosmique, à une expérience mystique d’un ordre vraiment élevé ? Dans la négative, elle nous fait progresser d’un pas dans la Voie, rien de plus¹.

Réponses : […] Les fruits – tels que l’amour, la joie, un sens nouveau de la liberté, et peut-être toutes sortes de découvertes et d’expériences mystiques – varient énormément d’une personne à l’autre, et, contrairement à la vision elle-même, ils ne peuvent pas être suscités à volonté, ni cultivés. En général, les débuts apportent une moisson colorée, suivie très vite d’une saison hivernale de difficultés et de dénuement. Tout semble perdu alors qu’en fait on a beaucoup gagné².

Maintenant la leçon ardue et essentielle est d’acquérir le goût d’une vérité entière, de s’y fier, d’accepter l’état de Vide et de totale Pauvreté. Car c’est de cet état seulement que peuvent jaillir d’inépuisables richesses, en temps voulu – mais beaucoup plus vite à partir du moment où on commence à y renoncer. Sous la surface toujours troublée de l’existence, la vision procure certaines récompenses qui peuvent être garanties dès le départ et qui en tous cas restent assurées aussi longtemps que la vision se maintient : une paix incolore mais profonde, un sentiment d’accomplissement et de « retour chez soi », et la résorption de notre angoisse fondamentale. Alors, autour de ce calme central, prend forme en temps voulu la personnalité intégrée qui se donne entièrement à l’instant présent quoi qu’il apporte – avec l’énergie et l’efficience qui en découlent naturellement³.

En tous cas, la vraie réponse à cette question portant sur les résultats de la vision n’est pas d’attendre et de voir ensuite – wait and see – mais de voir d’abord, dût-on patienter par après : see and wait. Pour s’assurer quelques fruits, il n’y a pas d’autre moyen que de les oublier et de consacrer toute son attention à la Réalité qui les fait naître. » 

 

Cordialement

 

¹ – « Rien de plus » … ! La « Vision » nous fait progresser d’un pas de géant dans la mesure où elle offre l’accès à une expérience pleine et entière, de première main, alors que, le plus souvent, nous ne « connaissions » Cela que par « ouï-dire », uniquement par la médiation de l’expérience d’autres personnes. C’est LE « pas » décisif, la percée qui nous lance dans le grand bain, dans le vide … On comprend que ça suscite quelques craintes et objections !

² – Douglas Harding ayant passé quelques années en Inde, le rapprochement avec la leçon de la Bhagavad-Gita est assez évident. Dans la Voie Sans Tête nous avons droit à l’entièreté de la vision dès le premier atelier, parfois dès la première expérience. Puis les « fruits » en découlent, plus ou moins rapidement, assez naturellement … à condition de demeurer « sans but ni esprit de profit » (mushotoku).

Le rapprochement avec 1 – le Royaume et sa justice et 2 – tout le reste – c’est-à-dire ce dont nous avons vraiment besoin – accordé par surcroît n’est pas moins évident.

« Cherchez d’abord le royaume et sa justice,
et tout cela vous sera ajouté. »

[ζητειτε δε πρωτον την βασιλειαν του θεου και την δικαιοσυνην αυτου και ταυτα παντα προστεθησεται υμιν]

Matthieu 6, 33

³ – La Vision du Soi/Sans Tête n’est pas moins absolument exigeante que d’autres approches mystiques radicales : elle aussi exige d’accepter, totalement, cet « état de Vide et de totale Pauvreté ». Juste de manière plus simple, plus concrète, plus joyeuse, mais sans aucune échappatoire. Cela ne séduit pas toujours …

Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Est-ce qu’« une paix … profonde, un sentiment d’accomplissement et de “retour chez soi”, et la résorption de notre angoisse fondamentale » ne valent pas au moins un essai sincère … ? Vous seul avez la réponse.

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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