
La fête chrétienne de Pâques 2024 – entée sur la Pâque juive – a pris place dans un monde qui connaît deux conflit majeurs – en Ukraine et à Gaza -, de multiples affrontements un peu partout ailleurs et le retour d’un vent mauvais de « bruits de bottes » et de « confiance en la violence ». L’occasion pour moi de partager ici ce chant d’espoir de Leonard Cohen, « Lover Lover Lover ».
Retrouver la version du stade de Ramat-Gan, près de Tel-Aviv, où près de 50 000 personnes s’étaient rassemblées le 24 septembre 2009 pour un concert dédié à la réconciliation, à la tolérance et à la paix entre Israéliens et Palestiniens … n’a pas été facile, mais la voici :
Leonard Cohen avait commencé par « rendre hommage à ceux qui ont tout perdu et sont prêts à surmonter leur souffrances pour aller vers la paix« .
Les recettes devaient aller au «Fonds pour la réconciliation, la paix et la tolérance», association ayant pour but de soutenir des personnes «ayant payé un prix personnel dans le conflit israélo-palestinien mais décidées à poursuivre leurs efforts pour la paix.» Fonds dont je n’ai pas vraiment réussi à retrouver la trace dans l’océan du wouèbe …
Voilà à peine quinze ans, et il semble aujourd’hui que c’était dans un autre … monde. Alors certes il y a eu l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, atroce déchaînement d’insupportables et injustifiables violences. Mais pas inexplicables, comme l’ONU l’a rappelé : cet évènement ne sort ni du néant ni du seul terrorisme islamique. Toute l’histoire de l’État d’Israël en général y conduit, et l’actuel aveuglement politique du gouvernement de Netanyahou en particulier. Le billet consacré au « sermon que Delphine Horvilleur ne voulais pas écrire » s’efforce de proposer quelques compléments d’information.
On a désormais l’impression que tout est cassé, que tout est à reprendre à zéro … Que les « hébreux » sont retournés errer dans le désert symbolique d’Égypte – celui de la violence – conduits par des « bergers » très mal intentionnés et fanatiques : « Bibi » et sa clique d’extrême droite et d’ultraorthodoxes. « L’ennemi » est profondément ancré au fond de leurs cerveaux malades et cyniques. Aucun « bouclier » technologique ne leur permettra jamais d’en venir à bout. Seul « the only engine of survival », l’amour, pourrait changer fondamentalement la donne. C’est là « le seul espoir ». Est-ce que ce sera encore possible après tout ce qui vient de se passer … ?
Cette chanson pourtant composée en 1973, dans le contexte de la guerre israélo-égyptienne « du Kippour », est dédiée aux soldats des deux camps, et plus largement aux deux camps eux-mêmes :
« I wrote this song about a year ago today, in the Sinaï desert. I made it for the soldiers that are on both sides. »
« A song that I wrote during the war between egyptian and jewish people, for both sides. »
Je suis heureux d’avoir pu découvrir sur le site de Michel Dauzat, Les Monophonies de Polyphrène (Cf. le premier lien de ce billet), le commentaire ci-dessous … après avoir longtemps pressenti cette correspondance :
« S’il semble clair, en première lecture, que le chanteur s’adresse ici à son Dieu créateur, diverses interprétations s’affrontent, certains pensant qu’il s’adresse simplement à son père. D’autres, cependant, soulignent que le thème et le vocabulaire de cette chanson évoquent la poésie de Jalaluddin Rumi, mystique persan du XIIIème siècle qui a profondément inspiré le Soufisme. Léonard Cohen a plusieurs fois rendu hommage à ce poète qui fut manifestement une de ses sources d’inspiration, et dont il reprend ici la façon de s’adresser à Dieu sous le nom de « Lover ». »
Ce sont les poètes mystiques qui détiennent les clés de l’avenir, pas des politiques corrompus qui instrumentalisent des religions … Seul un retour à la véritable mystique peut éviter le triomphe du chaos. Et il existe une « entrée principale » … Vérifiez !
Lover Lover Lover
« I asked my father
J’ai appelé mon père
I said, « Father change my name
J’ai dit « Père, change mon nom
The one I’m using now it’s covered up
Celui que j’utilise encore est couvert
With fear and filth and cowardice and shame »
De peur, de crasse, de lâcheté et de honte »
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Oui et amour amour amour amour amour reviens en moi
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Oui et amour amour amour amour amour reviens en moi
He said, « I locked you in this body
Il a dit « Je t’ai enfermé dans ce corps
I meant it as a kind of trial
Je l’ai voulu comme une épreuve
You can use it for a weapon
Tu peux l’utiliser comme une arme
Or to make some woman smile »
Ou pour faire sourire une femme »
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
« Then let me start again », I cried
« Alors laisse-moi recommencer » j’ai crié
« Please let me start again
« je t’en prie laisse-moi recommencer
I want a face that’s fair this time
Cette fois je veux un beau visage
I want a spirit that is calm »
Et un esprit où règne le calme »
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
« I never never turned aside », he said
« Je n’ me suis jamais détourné » il a dit
« I never walked away
« Je ne suis jamais parti
It was you who built the temple
Le temple, c’est toi qui l’a construit
It was you who covered up my face »
Mon visage, c’est toi qui l’a caché »
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
And may the spirit of this song
Et que l’esprit de cette chanson
May it rise up pure and free
Puisse s’élever pur et libre
May it be a shield for you
Puisse t-il être un bouclier pour toi
A shield against the enemy
Un bouclier contre l’ennemi
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me »
Complément : « The missing verse ran as follows :
“I went down to the desert to help my brothers fight
I knew that they weren’t wrong
I knew that they weren’t right
But bones must stand up straight and walk
And blood must move around
And men go making ugly lines
across the holy ground.”
Cordialement
