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1 - Pratique de la Vision du Soi Fondamentaux Vision du Soi

Le x-ième homme … !

Pas si facile de trouver un thème original pour ce 1000° billet de volte-espace, de marquer cette étape en continuant bien sûr de partager la Vision du Soi selon Douglas Harding.

Je vous propose de commencer par regarder l’extrait ci-dessous – court, 2’20 – du film « World War Z » (0) :

« Si neuf d’entre nous disposent des mêmes informations et en tirent les mêmes conclusions, il est du devoir du 10° homme de les contredire … le 10° homme doit creuser la question en partant du principe que les neuf autres se trompent ».

Le partage de la Vision du Soi me semble présenter quelques analogies¹ avec cet extrait :

Ainsi :

  • La quasi-totalité de la « culture » moderne « dispose de la même information » : il n’existe(rait) désormais plus aucun « centre », aucun « axe », aucun « Je Suis », aucune « verticalité » autour desquels s’organiserait naturellement et harmonieusement tout le reste. « Et en tire les mêmes conclusions » : tout se vaut, l’être humain n’est qu’un complexe corps & mental, un producteur & consommateur programmé pour se divertir & jouir … et mourir. Ce réductionnisme matérialiste, résolument triomphant, engendre d’innombrables impasses & souffrances auxquelles il est impossible de trouver des remèdes efficaces & durables dans ce même cadre conceptuel. Et il consume littéralement la Terre.

« Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré. »

Albert Einstein

Plus qu’une simple représentation, ce dessin est notre « autoportrait » à tous. A tous, j’insiste. La Vision du Soi propose d’adopter un paradigme radicalement inverse de celui qui est quasi universellement partagé, rien de plus & rien de moins : il est donc assez logique qu’elle éprouve quelques difficultés à se développer ! Elle propose de remettre cet univers en ordre, en commençant par nous-même : non pas édifier une n-ième « meilleure » structure ou un « homme nouveau », mais réaliser – Voir – que la structure parfaite – le « Youniverse » – est d’ores et déjà entièrement présente : ici et maintenant & depuis toujours. Penser en être séparé, penser être réduit à la seule zone périphérique « je suis humain » du dessin ci-dessus n’est que la plus commune & puissante des illusions, soigneusement entretenue par un système économique & politique qui en a désespérément besoin pour se maintenir coûte que coûte.

  • Cette belle, indispensable et exigeante aventure (quelle qu’en soit la dénomination : éveil, réalisation, nouvelle naissance, salut, theosis, …) est quasi universellement considérée comme une entreprise d’une difficulté extrême³, des plus complexes, mystiques, … La « conclusion » étant : mieux vaut ne pas s’y engager.
    •  La Vision du Soi contredit cette erreur et fait prévaloir l’expérience – simple, concrète, joyeuse -, le percept sur le concept. Est-il vraiment difficile de faire – sérieusement & consciemment – le geste ci-dessous :

De le faire réellement, physiquement & mentalement, dès maintenant, puis souvent & assez longtemps, pour découvrir, en retournant votre attention vers vous-même que, dans l’évidence de l’instant présent, sans faire appel à la mémoire ou à l’imagination, vous êtes construit exactement comme Douglas se représente lui-même lors de son expérience de « Vision » :

« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information. »

Question (récurrente !) : « Et alors ? Qu’est-ce que cela change ? »

Presque rien & presque tout ! Perdre une tête c’est gagner un monde … découvrir « la paix, la joie sereine, et la sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau ». C’est être guéri de l’ego, au lieu de s’épuiser vainement à essayer de le guérir à l’aide de diverses techniques de … développement personnel ! Et ça ne vaudrait pas le coup d’essayer !!! Il serait préférable de se résigner à cet indigne statut de « rakshasa », de « zombie », de « mort-vivant » … ??? Le monde en son effondrement n’est peut-être que le résultat logique de ce « contentement ».

Mais que les tempéraments inquiets se rassurent : cette prééminence accordée à l’expérience ne constitue nullement une condamnation des diverses « Écritures » et de la réflexion, philosophique, théologique, scientifique, poétique, … Dans le prolongement de la formule célèbre de Matthieu 5, 17, la Vision du Soi ne se propose pas de les « abolir », les détruire, les supprimer … mais de les « accomplir », de leur donner tout leur sens [μη νομισητε οτι ηλθον καταλυσαι τον νομον η τους προφητας ουκ ηλθον καταλυσαι αλλα πληρωσαι]. La Vision du Soi suscite d’ailleurs généralement un solide appétit de vérification par la lecture, dans un esprit autrement plus constructif : « vérifier si les experts ont bien pigé le truc … » !

  • Cette belle, indispensable et exigeante aventure reste quasi universellement considérée comme une entreprise réservée à une élite³ (des disciples éduqués, des « élus », des « purs », …), que seuls un ou deux « athlètes spirituels » par siècle et par continent peuvent mener à terme. Même « conclusion » donc que ci-dessus : mieux vaut ne pas s’y engager.
    • La Vision du Soi contredit cette erreur et affirme que toute personne capable de vérifier si l’autobus arrive avant de traverser la rue est suffisamment qualifiée pour s’y lancer. Comme il s’agit simplement de retrouver notre vraie nature, notre véritable identité en-deçà de toutes les identifications qui la recouvrent, en quoi serait-il nécessaire d’être « prêt », « qualifié », … ? Faut-il vraiment attendre que le monde soit encore plus à feu et à sang qu’il ne l’est déjà de bien des manières avant de se décider à emprunter cette « entrée principale » ?
  • Cette belle, indispensable et exigeante aventure est, en notre époque soi disant « moderne », quasi universellement considérée comme non pratique : au mieux une décorative cerise sur le gâteau de la vie, au pire une totale perte de temps, donc d’argent, ce qui  équivaut à une condamnation sans appel. Toujours la même « conclusion » : mieux vaut ne pas s’y engager.
    • La Vision du Soi contredit cette erreur et soutient que rien n’est plus pratique, dans tous les domaines de la vie quotidienne – de la cave au grenier, de la cuisine à la chambre à coucher -, qu’une vision juste soutenue par une méthode simple. Cet aspect pratique se traduit d’abord par un considérable regain d’énergie : toute celle qui n’est plus gaspillée à prétendre être ici au Centre pour moi-même ce que je parais être vu de l’extérieur par les autres redevient disponible. Et ensuite par une réponse solide apportée à l’angoisse humaine fondamentale, en général seulement compensée par diverses consommations et/ou une recherche de pouvoir qui consument le monde. Pas par ces faux-semblants dénoncés par Aldous Huxley à la fin de « l’hypothèse de travail minimale » :

« … et, faute d’une hypothèse religieuse [spirituelle, en fait] adéquate, le choix entre une idolâtrie délirante, comme le nationalisme, et un sentiment de désespoir et d’absolue futilité. Indicibles souffrances ! Tout au long de l’histoire, hommes et femmes ont préféré courir à coup sûr au désastre plutôt que de partir à la recherche prenante et épuisante du royaume de Dieu [du Soi, en fait]. A la longue, on finit par obtenir exactement ce qu’on veut. »

  • Cette belle, indispensable et exigeante aventure est souvent assez mal comprise même (surtout …!) par ceux qui en font profession : les « chercheurs spirituels » et ceux qui les instruisent.
    • La Vision du Soi a déjà contredit leurs « croyances » par la parole inspirée de mon ami Alain Bayod dans ce superbe billet : « Les dix croyances du chercheur spirituel ». Retenons surtout que l’éveil n’est pas l’accomplissement du chemin spirituel, « seulement » son commencement.
  • Il y aurait encore bien d’autres aveuglements modernes à dénoncer & contredire, mais ce billet s’avère déjà fort long … Je vais donc laisser la parole à Bossuet :

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

La citation exacte serait en fait la suivante :

« Mais Dieu se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. Que dis-je? Quand on l’approuve et qu’on y souscrit. »

« Histoire des variations des églises protestantes » – Livre IV

    • Alors, tentez donc l’audacieuse aventure d’un atelier de Vision du Soi pour  désamorcer tous les « effets » d’un coup ! Pour cesser de « chérir » un ego cause de toujours plus de « malheurs publics » et privés. Essayer ce nouveau – mais en fait très traditionnel – système de libération c’est l’adopter : tout comme Linux, il existe nettement moins bien mais c’est beaucoup plus cher !

&

Aucune des (trop) rares personnes qui partagent la Vision du Soi selon Douglas Harding n’est ce « 10° homme », sinon la situation dans cette vallée de larmes serait assurément bien meilleure ! Sans doute pas le 100° non plus, ni le 1000°, ni même le 10 000°, etc … ! J’en resterai donc au x-ième. Mais « les faits sont amicaux » bien que souvent cruels : le dérèglement climatique, l’épuisement des ressources, l’explosion démographique, la croissance des inégalités, des injustices et des affrontements, … tout cela démontre à quel point l’anthropologie erronée sur laquelle repose le monde contemporain exige d’être contredite … et résolument changée. Cela représente « le seul espoir ».

Vous-même, allez-vous « décider de faire autrement » ou préférez-vous demeurer parmi les … « morts-vivants » ? (4)

 

Cordialement

 

0 -Vous pouvez bien sûr ne pas apprécier « World War Z », « le film de zombies le plus rentable de tous les temps ». Il n’en reste pas moins que cette astuce du « 10° homme » s’avère chaque jour un peu plus nécessaire, dans la plupart des champs d’activité d’un monde qui semble ne savoir que « faire toujours plus de la même chose ». Ce qui, en bonne logique paradoxale, devrait le conduire à « réussir à échouer » !

Petite question subsidiaire : notre monde dit moderne n’est-il pas de fait majoritairement peuplé de « zombies » prédateurs, d’êtres inhumains réduits à leur seule dimension corps & mental ? Ce n’est pourtant pas une fatalité …

¹ – « Comparaison n’est pas raison », vous le savez aussi bien que moi. Le choix de cet extrait qui met en scène Jérusalem, un officier d’une  agence de renseignements d’Israël et quelques soldates (!) de Tsahal n’est en aucun cas un soutien déguisé à Israël, État-nation du peuple juif. Le « mur » incarné jusqu’à très récemment par Benyamin Netanyahou, bien qu’encore renforcé par le nouveau cycle de violences du printemps 2021, ne durera qu’un peu plus longtemps que celui du film … Les « justes » s’efforcent de construire des ponts, pas des murs, quelle que soit la difficulté que cela représente. Les billets ci-dessous complètent la position que je viens d’évoquer :

Et pour se remettre en mémoire les événements évoqués par Jurgen Warmbrunn, l’officier du film :

NB : Je m’efforce de ne pas abuser gratuitement de « l’odieux-visuel » sur volte-espace. Le 500° billet avait été illustré par un extrait de « Un jour sans fin ». Et un billet intermédiaire du 15 septembre 2017 par « I will survive … de Javier Prato ». Le 1000° s’inscrit dans cette continuité.

² – Cette représentation est non seulement entièrement compatible avec la conception traditionnelle « Corps & Âme – Esprit », mais elle offre de nombreux moyens habiles – simples, concrets, joyeux – d’en pénétrer profondément la justesse et, surtout, de l’intégrer.

³ – Cette notion d’élite mériterait bien des éclaircissements. Mais Romain Rolland a déjà écrit l’essentiel dans la préface de sa « Vie de Beethoven » :

« Je n’appelle pas héros ceux qui ont triomphé par la pensée ou par la force. J’appelle héros, seuls ceux qui furent grands par le cœur. Comme l’a dit un des plus grands d’entre eux, celui dont nous racontons ici même la vie :

« Je ne reconnais pas d’autre signe de supériorité que la bonté. »

Où le caractère n’est pas grand, il n’y a pas de grand homme, il n’y a même pas de grand artiste, ni de grand homme d’action ; il n’y a que des idoles creuses pour la vile multitude : le temps les détruit ensemble. Peu nous importe le succès. Il s’agit d’être grand, et non de le paraître. »

La Vision du Soi vous offre une occasion unique de vous engager sur le chemin de la grandeur du cœur, de l’éveil ordinaire … Essayez, vérifiez !

4 – Je suis assez heureux de publier ce billet le jour de la St-Thomas, dont j’apprécie beaucoup l’évangile (apocryphe) éponyme. Son logion 70 formule assez simplement l’équation :

« Quand Cela sera engendré en vous, Cela vous sauvera.

Si vous n’avez pas Cela, l’absence de Cela vous tuera. »

 

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

5 réponses sur « Le x-ième homme … ! »

Quel enthousiasme pour ce 1000e billet, cher Jean-Marc! Pour faire valoir la divergence de vue qui est la mienne, je reproduis ici un commentaire dont je ne parviens plus à savoir si je vous l’ai envoyé mais qui résume parfaitement ma position et ma vision critique envers votre vision du Soi. Nous pourrons si vous le voulez en reparler, mais je crois avoir bien spécifier ce qui fait de cette vision du Soi une attitude pour le moins peu moderne et qui tend à réactualiser une conception du monde, de l’homme et de soi qui n’appartient plus à notre mentalité et ne peut s’y greffer qu’artificiellement. Cette vision du Soi n’est donc pas une vision éternelle et valable de toute éternité, mais une attitude quiétiste relevant, selon moi, d’une spiritualité datée et périmée. De sorte qu’adopter une telle vue revient à se mettre en scène de façon clivée tout en s’imaginant être uni à soi, au monde, aux autres. Les adeptes post-modernes du bouddhisme, du taoïsme, du zen, du dzogchen et du yoga se retrouvent exactement dans cette même situation faussée d’avance…

« Sur votre conseil, cher Jean-Marc, je viens de relire cette page consacrée à la Vision du Soi . …

Je n’écris pas cela pour le plaisir de vous contredire ni pour vous être désagréable, mais parce que c’est aussi ce que moi-même j’ai découvert dans la souffrance et les prises de conscience parfois douloureuses, et après avoir longuement cru dans ces sagesses orientales, et avoir mis ma foi dans leurs enseignements. Et qu’ayant découvert cette vérité profonde, je me devais aussi de vous en faire part afin de vous rendre un peu de tout ce que vous nous donnez dans ce site… »

Bien cordialement. Bruno »

Bonjour Bruno,

Sans « enthousiasme » je n’aurais même pas écrit cinquante billets …

Est-ce que la Vision du Soi est « moderne » ou « datée et périmée » … ?

D’abord, comment le sauriez-vous puisque vous ne la connaissez pas, faute d’avoir eu l’audace de tenter ses expériences ? Vous pouvez émettre toutes sortes de qualificatifs à son propos, comme ce « quiétiste » que personnellement j’apprécie en le reliant à ce bon mot, très juste, de Prévert : « Je suis inquiet quand je suis deux ; je suis un quiet quand je suis un. » Mais vos avis ne reposant sur rien de solide n’ont aucun poids, aucune importance. Vous voudrez bien m’excusez de vous le dire aussi brutalement, mais comme j’ai l’impression de beaucoup me répéter je commence à me lasser.

Ensuite ce n’est pas la bonne question. La seule à se poser vraiment est : est-ce que la Vision du Soi fonctionne pour moi ? Et donc il faut commencer par essayer et vérifier (cf. le paragraphe ci-dessus). Si elle marche pour moi, si elle est capable de me conduire en ce lieu de « paix », de « joie sereine » et de « sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau », que demander de plus ? Il n’est pas question ici de couper les cheveux en quatre pour essayer de classifier cette Voie dans telle ou telle catégorie, de l’affubler de tel ou tel qualificatif … Un tel comportement serait dérisoire vu l’importance de l’enjeu : cette voie est-elle capable oui ou non de me conduire à l’éveil ? D’être (enfin) Un avec moi-même, avec les autres et avec tout l’univers ?

C’est vrai, la conception anthropologique « Corps & Âme – Esprit » « n’appartient plus à notre mentalité » soi disant moderne. Vous conviendrez que son déclin correspond de manière assez étonnante avec le surgissement des nationalismes, des guerres mondiales, des camps d’extermination, du surgissement d’une technoscience incontrôlable et capable de tous les excès, de la destruction des écosystèmes et de la biodiversité, du bouleversement du climat, … Et qu’il serait donc sans doute nécessaire de renouer avec une conception anthropologique ancienne certes, mais autrement plus saine que celle qui prévaut actuellement.

Est-ce qu’elle « ne peut s’y greffer qu’artificiellement » ? Ce qui est certain c’est que personne ne pourra l’imposer de manière collective (comme notre Président s’efforce de le faire avec la vaccination !). Tout dépendra, comme toujours, de la volonté de chaque individu, éventuellement soutenus par la chaleur de quelques « petits groupes ». J’ai cependant la faiblesse (ou l’ambition …) de penser que la Vision du Soi est au contraire une percée spirituelle majeure, accessible à tous étant donnée sa simplicité a-conceptuelle de départ, qui permettrait à ce monde moderne en si piteux état de cesser sa course à l’abîme.
Elle permettrait sans doute aussi aux pratiquants « du bouddhisme, du taoïsme, du zen, du dzogchen et du yoga » et de bien d’autres disciplines de réaxer leur pratique sur l’essentiel : qui est vraiment celui qui pratique ? Le reste n’est parfois que de la déco exotique …

Pourquoi est-ce que vous m’écrivez … ? Voilà une véritable question ! A laquelle vous répondez d’ailleurs dans votre dernier paragraphe. J’ai eu beaucoup plus de chance que vous, puisqu’au moment où je doutais le plus de la possibilité de parvenir à cette « paix », cette « joie sereine » et cette « sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau » avec l’enseignement d’Arnaud Desjardins, je suis « tombé » sur un Alain Bayod qui venait de découvrir la Vision de Douglas … Double bingo !

Deux solutions semblent s’offrir à vous :

– soit celle qu’Arnaud résumait par cet extrait d’opéra : « je veux souffrir ma peine et non m’en consoler ». Cela permet de composer un « beau » personnage, romantique à souhait, de souffrant, d’attirer la compassion, d’être consolé de temps en temps … Bénéfices non négligeables. Mais est-ce que cette culture du ressentiment est viable à terme ? Est-ce qu’elle apporte une véritable satisfaction ? Vous devriez peut-être lire  » Ci-gît l’amer. Guérir du ressentiment » de Cynthia Fleury … Il n’y a pas de « vérité profonde » du côté de la souffrance et de la renonciation, du déni de sa véritable nature.

– soit essayer autre chose, « décider de faire autrement » comme le propose le 10° homme, pourquoi pas essayer – vraiment – la Vision du Soi ? Ce serait sans doute autrement plus utile – pour vous – que de m’admonester à tous propos sur volte-espace !

Bonne fin de semaine, comme disent nos amis du Québec

Cordialement

Jean Marc

Voilà qui est bien dit cher Jean-Marc, et bien reçu pour ma part! Je vous ai laissé un dernier envoi récemment à partir d’un certain nombre de propositions, infiniment plus positives, autour desquelles nous pourrions éventuellement échanger de manière beaucoup moins polémique et sans aucune admonestation.
J’admire toujours votre culture, ainsi que votre enthousiasme à répandre la bonne nouvelle de la vision du Soi…
Bien cordialement. Bruno

P.S. Je rappelle ces quelques propositions au cas où elles n’auraient pas été enregistrées…

15) Une voie spirituelle qui permet d’accéder directement et aisément à cette Vision spirituelle existe, il suffit de l’emprunter pour parvenir à cette vision même et se délivrer de tout, comme de connaître la vie divine ici-bas ;
16) C’est dans la vision même (celle du Soi) que réside le mystère de cette vision divine, à la fois unificatrice, non-duelle et libératrice.
17) Le silence et la contemplation sont meilleurs et supérieurs au travail intellectuel et au langage.
18) La coïncidence avec soi-même, le monde, Dieu, le Cosmos…, ou avec les opposés est une opération parfaitement réalisable, notamment dans l’expérience spirituelle ou mystique.

Voilà la suite de mes commentaires à votre … interrogatoire :

15) une voie spirituelle qui permet d’accéder directement et aisément à cette Vision spirituelle existe, il suffit de l’emprunter pour parvenir à cette vision même et se délivrer de tout, comme de connaître la vie divine ici-bas ;

Oui. En fait il en existe même plein. Mais vous aurez compris que pour moi la Vision du Soi selon Douglas Harding est en quelque sorte le meilleur système d’exploitation (DOS) pour faire tourner ces différents « logiciels ». Un système libre, un système de libération en fait. Un peu comme Linux : il existe nettement moins bien, mais c’est beaucoup plus cher !

Bémol sur ce « aisément ». La Vision est simple, évidente même. Mais demeurer dans la Vision demande une … « discipline assidue ».
Et rappel : l’éveil (ou autre nom qui vous conviendra) n’est que le début du chemin, pas la fin.
Si c’était aussi aisé, le monde irait sans doute un peu mieux … non ?

16) C’est dans la vision même (celle du Soi) que réside le mystère de cette vision divine, à la fois unificatrice, non-duelle et libératrice.

Je ne comprends pas bien la proposition : vous parlez de la « Vision du Soi selon Douglas Harding », ou de manière plus générale ? Cette Vision-la est bel et bien « unificatrice, non-duelle et libératrice ». Mais encore faut-il l’essayer, vérifier …
Encore une fois ce « divine » me gène.

17) le silence et la contemplation sont meilleurs et supérieurs au travail intellectuel et au langage.

Non. C’est une manie ou une déformation professionnelle de vouloir tout classer et hiérarchiser … ? Vous est-il possible de les comprendre comme complémentaires, comme une respiration comprend expir et inspir ? Au bout du langage on parvient nécessairement au silence & après suffisamment de silence on éprouve le désir de parler, d’échanger … La parole se nourrit du silence et inversement.

Avouez qu’un peu plus de « silence et de contemplation » seraient bienvenus pour contrebalancer cette hypertrophie mentale et intellectuelle tant valorisée.

18) La coïncidence avec soi-même, le monde, Dieu, le Cosmos…, ou avec les opposés est une opération parfaitement réalisable, notamment dans l’expérience spirituelle ou mystique.

Oui. Cette « silencieuse coïncidence » évoquée notamment par le zen est possible. Il est possible à tout un chacun d’incarner l’archétype du moine. Comme le dit si bien Bernard Besret : « Est moine celui qui tend à l’unité en lui-même, à l’unité avec les autres, à l’unité avec la planète qui le porte, à l’unité avec le réel qui le soutient dans l’être. »
En fait il suffit d’accepter humblement d’être ce que nous sommes d’abord et essentiellement : espace d’accueil illimité & inconditionnel. Faut-il vraiment qualifier cela de « spirituelle ou mystique » ? L’évidence…

Cordialement

Jean Marc

Merci pour cette suite de réponses à mes propositions qui, visiblement, vous ont donné à penser et à exercer votre infatigable humour. Je leur donnerai prochainement une forme plus lisible ou moins rébarbative. Et je tenterai de commenter vos réponses mais sur l’article de mon site qui est consacré à D. Harding. J’ai parcouru quelques pages de « La troisième voie », et j’ai relevé là aussi un certain nombre d’affirmations et d’idées pour le moins douteuses et problématiques. Il en est d’ailleurs de même des enseignements de R. Maharshi et de N. Maharaj dont la clarté apparente voile le flou qui les traverse sans cesse… Rassurez-vous cependant, je ne vous envahirai pas avec mes commentaires impertinents sur ces sujets qui vous sont si sensibles et que je garderai par devers-moi, comme on disait au Grand Siècle…
Bruno

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