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4 - Transformation personnelle & sociale Fondamentaux Transformation personnelle & sociale

Le jour du 14 juillet …

« … Le jour du quatorze-Juillet,
Je reste dans mon lit douillet ;
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n’écoutant pas le clairon qui sonne ;
Mais les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux …
Non les braves gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux …
Tout le monde me montre du doigt,
Sauf les manchots, ça va de soi. … »

La Mauvaise Réputation – Georges Brassens


Dans le précédent billet je me suis permis d’égratigner les militaires en général et les militaires français en particulier. Je me permets aussi de renvoyer tous ceux qui ne seront pas de mon avis – sans doute très nombreux – à d’honnêtes livres d’histoire. Vous savez, l’Histoire avec sa grande hache … !

Celui dont je vous indique aujourd’hui le lien ci-dessous est certes très particulier – très ciblé ! -, mais, à mon humble avis, il ne s’agit aucunement d’un « détail » de la geste militaire française & internationale. Il s’agit de l’enquête de Marie-Monique Robin : « Escadrons de la mort, l’école française ».

Ce livre de 2004, réédité dans la collection La Découverte Poche, ne se trouve pas si facilement que cela sous format papier. Sachez qu’il est visible et lisible sur archive.org.

Le film est également disponible sur archive.org, mais attention, âmes sensibles s’abstenir … la quasi totalité des images peut heurter très violemment une sensibilité normale, humaine.

Alors bien sûr que tous les militaires, français et autres, ne sont pas essentiellement des tortionnaires, mais ils sont presque tous en capacité de le devenir, en observant leur devoir d’obéissance. Il y a eu de très nombreux Paul Aussaresses, Yves Godard, Jacques Massu, Marcel Bigeard, Roger Faulques, Raoul Salan, Roger Trinquier, etc. et assez peu de Jacques de Bollardière capable de déclarer ce qui suit :

« La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain. »

Obéir … mais à qui ? A des lâches qui se gardent bien de jamais donner d’ordres clairs susceptibles de leur être ultérieurement reprochés … « Homme politique c’est pas difficile : cinq ans de droit et tout le reste de travers » comme disait le regretté Coluche.

« Le dérapage commence à partir du moment où les Ponce Pilate de la IV e République, toujours parfaitement informés de tout ce qui se fait en Algérie, laissent aux militaires l’initiative, en vertu de la loi d’urgence de 1955 et de celle des pouvoirs spéciaux de 1956. »

« Torture pendant la guerre d’Algérie »

Voilà. En ce jour de fête nationale, à l’heure ou « le bruit des bottes et l’ordre en kaki » commencent à faire un retour qui nous est présenté comme inexorable, il n’est pas inutile de se rappeler à quel point ils sont rigoureusement contraires au sens de « la véritable grandeur », de se convaincre de la nécessité d’un travail spirituel bien ordonné sur soi-même pour se dégager des illusions de la puissance, de la force, du « MAGA » et autres stupidités mortifères. De la nécessité de devenir (enfin) humain, tout simplement.

En ce jour de fête nationale où l’intégralité de la Marseillaise ne sera – malheureusement – pas chantée, où l’on se contentera d’une « parole pauvre », de beaucoup « trop peu » … Au lendemain d’un discours du Président aux armées – pourtant vraisemblablement très soigneusement composé, lu et relu – qui confirme le (malheureux) lapsus détecté par Marie Balmary à l’ouverture du défilé du 14 juillet 2012 … :

« … Et en cette veille de 14 juillet, soyons fidèles au peuple de la Révolution qui clamait sa grandeur et la liberté universelle des peuples. … »

Conformément à « l’avertissement du Président », notre « désymbolisateur par excellence » semble ainsi persister « à nous défaire » jusqu’au bout de son mandat …

Dans un registre plus personnel, j’ajoute que j’ai payé assez cher le fait d’avoir – provisoirement – succombé à cette tentation de fausse grandeur trop largement partagée … et que je parle donc d’expérience.

La Vision du Soi selon Douglas Harding peut nous permettre d’accéder à cette seule « véritable grandeur » d’espace d’accueil illimité & inconditionnel que nous sommes, tous. Vérifiez !


« La vraie grandeur est silencieuse, infiniment discrète,

elle réside dans la conquête de l’intelligence et de la sagesse de l’amour,

de la patience et de la générosité de l’amour. »

Sylvie Germain


« La force ne devrait servir qu’à protéger les faibles. »

Ernst Jünger


« … Pas besoin d’être Jérémi’,
Pour d’viner l’ sort qui m’est promis :
S’ils trouv’nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant les ch’mins qui ne mèn’nt pas à Rome ;
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux…
Non les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux…
Tout le monde viendra me voir pendu,
Sauf les aveugl’s, bien entendu. »


NB : Sur le site officiel de Marie-Monique Robin, le dossier « Escadrons de la mort, l’école française ».

Qu’elle soit remerciée pour son courage et son talent.


Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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