« … Me reviennent en mémoire les paroles d’un de ces vieux cantiques que l’on nous faisait chanter dans la chapelle du collège. Ferveur y rimait avec bonheur :
Heureux le cœur fidèle
Où règne la ferveur.
Elle apporte avec elle
Tous les fruits du bonheur.
Cela était vrai, lorsque j’avais dix ans, cela l’est redevenu. Car, à travers l’expérience acquise, de moi-même et des autres, j’ai pu constater que sans cette ferveur enfantine, qui est l’élan même de la vie, on ne peut connaître le bonheur. »
« Le bonheur-du-jour »
Mercredi 29 août
Ce bonheur du jour ne nécessite pas vraiment de commentaire : réflexions, références, comparaisons, …, autant de risques de lourdeurs au plus loin de cette » enfantine ferveur ».
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Mais le mot « ferveur » – étonnamment placé entre « férule » et « fesse » dans mon vieux dictionnaire ! – mérite quelque intérêt. Il provient de la racine grecque « thermos » [θερμός] indiquant la chaleur, déformée dans le latin « fervor ». La langue française propose quelques rares occurrences de « fervide » au sens de « bouillonnant » et de « fervidité » pour désigner la « qualité de ce qui brûle, de ce qui est ardent ».
Pour ma part je préfère la seconde définition proposée : « Élan d’un cœur passionné et enthousiaste » à la première : « État d’âme passionné d’une personne qui éprouve ardeur et zèle religieux ». Il me semble que la ferveur relève plus d’une évidence spirituelle que d’un « état d’âme ». Familière aux enfants parce que précédant tous les conditionnements de l’adulte, elle nécessite de retrouver sa véritable nature d’espace d’accueil illimité & inconditionnel, de « contenant ultime », avant d’être à nouveau accessible à cet « adulte » accompli qu’est le sage.
Le processus s’avère un peu subtil : la Vision du Soi selon Douglas Harding peut vous permettre de retrouver la plénitude de cette ferveur enfantine, mais sans un minimum de cette dernière, il sera difficile d’apprécier & de valoriser la « Vision ».
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Il me semble également nécessaire de rappeler ceci :
À cette heure, les adeptes s’approchent de Iéshoua‘ et disent :
« Qui est donc le plus grand au royaume des ciels ? »
Iéshoua‘ appelle un petit enfant. Il le met au milieu d’eux
et dit : « Amén, je vous dis : si vous ne retournez pas et ne devenez pas comme des petits enfants, vous n’entrerez pas au royaume des ciels.
Celui-là donc qui se fait petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand au royaume des ciels.
Qui accueille en mon nom un tel petit enfant, c’est moi qu’il accueille.[Ἐν ἐκείνῃ τῇ ὥρᾳ προσῆλθον οἱ μαθηταὶ τῷ Ἰησοῦ, λέγοντες, Τίς ἄρα μείζων ἐστὶν ἐν τῇ βασιλείᾳ τῶν οὐρανῶν;
Καὶ προσκαλεσάμενος ὁ Ἰησοῦς παιδίον ἔστησεν αὐτὸ ἐν μέσῳ αὐτῶν, καὶ εἶπεν, Ἀμὴν λέγω ὑμῖν, ἐὰν μὴ στραφῆτε καὶ γένησθε ὡς τὰ παιδία, οὐ μὴ εἰσέλθητε εἰς τὴν βασιλείαν τῶν οὐρανῶν. Ὅστις οὖν ταπεινώσει ἑαυτὸν ὡς τὸ παιδίον τοῦτο, οὗτός ἐστιν ὁ μείζων ἐν τῇ βασιλείᾳ τῶν οὐρανῶν. Καὶ ὃς ἐὰν δέξηται παιδίον τοιοῦτον ἓν ἐπὶ τῷ ὀνόματί μου, ἐμὲ δέχεται:]
Évangile de Matthieu 18, 1-5
NB : s’il m’arrive de citer les Évangiles, je n’ai pas la moindre indulgence pour des institutions & Églises qui, globalement, les rabâchent sans guère les comprendre, les respecter, les mettre en pratique …
Sans même parler des déviances extrêmes qui relèvent de Matthieu 18, 6 …
Cordialement

