Une demande irrationnelle, le trafic aérien

Le texte ci-dessous est extrait du rapport « Les limites du ciel – Enjeux du développement incontrôlé du transport aérien » découvert sur le site du Réseau Belge de la Transition.

Ce rapport complète en quelque sorte ce que j’ai essayé d’écrire dans de précédents articles, notamment : Nécessaire réduction du transport aérien. En dépit du fait que sa rédaction soit wallonne, sa portée est universelle ; tachez donc d’en faire bon usage.

« Une demande irrationnelle

[Chapitre 3 – 3, page 49]

Le développement du trafic aérien (dans ses deux grandes composantes : fret et passagers) pose la question du modèle de société dans lequel nous désirons vivre. Parcourir 1.500 km en avion pour passer le week-end au soleil est un comportement qui n’est, de toute évidence, pas extensible à l’ensemble de l’humanité. Cela participe d’un modèle élitiste, non consciemment formulé, dans lequel les populations du monde dit « développé » (ou du moins leurs catégories les mieux nanties) peuvent se permettre des « folies » destructrices de la planète, au mépris du reste de la population mondiale … et du devenir de la Terre.

Offrir en plein hiver de magnifiques bouquets de roses coupées du Kenya, est-ce bien raisonnable ? Manger de l’agneau de Nouvelle-Zélande en mettant tout à la fois en péril le secteur agricole belge et le climat planétaire, est-ce bien nécessaire ? Éplucher au Maroc les crevettes grises de la Mer du Nord en exploitant la main d’œuvre marocaine tout en mettant la nôtre au chômage, est-ce bien là un modèle de développement durable ? Un concept permet de répondre directement à cette question : celui d’empreinte écologique. Et la réponse est sans équivoque : NON !

Inverser les tendances pour atteindre la durabilité nécessite de mener une « révolution culturelle » en profondeur¹ en tordant le cou à deux mythes : celui de l’état d’équilibre permanent et celui de la technologie toute puissante.

Beaucoup sont persuadés que la société de l’automobile et de l’avion est immuable. Or, il y a à peine 50 ans, nos rues étaient encore parcourues par des charrettes à bras assurant la livraison de biens de consommation et le transport aérien était presque inexistant : nous avons quitté un état de « semi-équilibre » pour un autre (l’actuel)². Imaginer qu’une autre transition va s’effectuer dans un futur relativement proche est pourtant intellectuellement irrecevable pour nombre de nos concitoyens.

Par ailleurs, face au problème posé par le ralentissement prochain de la production pétrolière, la tentation est grande de placer dans la technologie des espoirs démesurés : agrocarburants, hydrogène, voire moteur à eau sont régulièrement et de manière quasi-incantatoire appelés à la rescousse. Or, si les possibilités de développements techniques sont réelles, il faut être conscient de leurs limites, dont la principale est l’impossibilité de remplacer le formidable condensé d’énergie qu’est le pétrole (un décilitre contient un kilowatt-heure, soit le travail nécessaire pour élever de dix mètres une masse de 36 tonnes).

Dans ses avis relatifs à la mobilité, le CFDD (Conseil fédéral du développement durable) considère que l’axe principal pour rendre notre système de transport compatible avec le développement durable est d’en maîtriser la demande. Cette vision est partagée par de nombreux acteurs. Certains franchissent le pas et font fi d’un tabou en parlant clairement d’un besoin de réduction de ladite demande. C’est d’autant plus nécessaire quand celle-ci s’avère aussi irrationnelle qu’artificielle. »

 

Cordialement

 

¹ – La Vision du Soi selon Douglas Harding peut apporter une efficace contribution à cette « révolution culturelle » en profondeur. C’est pour partie l’objet de la proposition Transformation Personnelle & Sociale.

² – Notre « civilisation » est en état de déséquilibre marqué dans de très nombreux domaines, à peu près tous … D’ailleurs si l’équilibre est la caractéristique principale de la civilisation, la nôtre n’en est pas une. Nous vivons dans une barbarie de l’hubris

Vous connaissez sans doute le bon mot du Mahatma Gandhi qui, lors d’un voyage au Royaume-Uni, avait répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait de la civilisation occidentale :

« Ce serait bien. »

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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