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6 - Lectures essentielles Balmary Marie

La religion universelle du dieu obscur – Marie Balmary

« Je crois qu’il y a une religion universelle avec laquelle on ne compte pas assez : c’est justement celle que combattent tous les penseurs, Freud y compris.

Cette religion n’a pas de nom, ou plutôt elle a tous les noms, christianisme, judaïsme ou islam, mais elle consiste aussi bien dans toute conformité absolue à un ordre, une caste, une classe.

En fait, elle traverse toutes les religions et même les idéologies athées : c’est celle du dieu obscur qui demande à l’homme le sacrifice de sa pensée, le renoncement à sa conscience.

(…)

La seule religion qui pourrait m’intéresser serait celle qui donnerait aux humains deux choses que les religions d’habitude leur retirent : la conscience de ce faux dieu et surtout l’autorité pour le mettre dehors ». [Ruth]

Marie Balmary« Le moine et la psychanalyste », Albin Michel 2005, pages 49-50


Cet extrait provient d’un billet plus conséquent de Bernard Ginisty, daté du 1° octobre 2014, sur un site très intéressant : Garrigues et sentiers – Espaces de liberté, de foi et de réflexion chrétiennes. Où il est notamment possible de retrouver, entre autre, ceci : « Les Palestiniens : les Indiens d’Israël » … et cela : « L’Église catholique face à la montée de l’extrême droite », juste à titre d’exemples. Cf. également : « Les dossiers de notre blog ». Bref, il est clair que « le Midi n’est pas une terre où « bronzer idiot » » !


Ruth, la psychanalyste, et Simon, le moine, s’attellent lors de leur troisième rencontre à une question centrale, étroitement liée à leurs parcours respectifs :

« – Je me demande si nous n’avons pas, vous et moi, suivi des trajectoires un peu analogues. Nous avons chacun abandonné la médecine lorsque nous avons rencontré un mal plus grave que la maladie et la mort, ou un désir plus essentiel que celui de guérir. [Ruth]

– Voulez-vous dire que nous serions passés l’un et l’autre du verbe « guérir » au verbe « sauver » ? » [Simon]

Bien des acteurs auraient intérêt à se poser cette question avec la même rigueur clinique que nos deux amis : enseignants de Yoga, Qi Gong, Tai Chi, Méditation, etc. Suis-je dans une optique de guérison de la « petite » personne périphérique (ce n’est pas si mal, mais c’est vraiment « se contenter de trop peu ») ? Ou est-ce que je ma place dans une perspective de salut, infiniment plus ambitieuse & spacieuse, mais réaliste, conforme à l’esprit de ces diverses voies et beaucoup plus efficace ? Est-ce que j’interviens sur le seul plan du corps & mental, ou est-ce que je me situe dans l’entièreté « corps & âme -Esprit » ?

N’étant ni une thérapie ni une méthode de développement personnel, la Vision du Soi selon Douglas Harding a résolument & définitivement opté pour « sauver ». Mais … vérifiez !

A cheval sur les pages 48 et 49 de l’édition Albin Michel 2005 se trouve un paragraphe qui annonce & introduit la citation ci-dessus :

« … Dès qu’une autorité s’arroge le droit de fixer un texte pour le délivrer à d’autres sans que ceux-ci puissent l’examiner, l’interpréter, la même parole qui serait pour un sujet libre une vérité vivante devient pour l’homme endoctriné une injonction de tuer ce qui pense en lui. Alors il lui devient possible de tuer l’autre, tuer celui qui dit le non que lui, l’endoctriné, n’a pas le droit de dire. … » [Ruth]

Entre les deux parties de la citation prend place cet échange :

« – A quoi la repérez-vous cette religion ? [Simon]

– A ses effets de mort psychique. Il me semble qu’elle se trouve là où le Bien dont elle détiendrait la définition a fait disparaître jusqu’au désir de vérité. Je crains que la raison démocratique, scientifique, ne suffise pas pour la combattre. Pas même pour la signaler. La seule religion (etc.) … »

Et un peu plus loin, page 55 :

« – Vous voulez dire que l’accès au verbe « être » relèverait du verbe « sauver », que c’est par un salut qu’on y accède ? [Simon]

– Possible, admit à son tour Ruth. »

Bon, je vais m’arrêter avant de reproduire ici tout ce livre, sans doute la meilleure introduction à l’ensemble de l’œuvre de Marie Balmary. Vous pouvez à mon humble avis adopter à son sujet la position de Georges Brassens :

« Tout est bon chez elle, y a rien jeter,
Sur l’île déserte il faut tout emporter. »


Cordialement

Par Jean Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 66 ans, marié, deux fils, un petit-fils, une petite-fille.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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