« Un jour sans fin » – 500° article de volte-espace

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Pas facile de choisir un thème original pour ce 500° article … Quelque chose d’à la fois un peu décalé du sérieux habituel, suffisamment dérangeant¹ pour marquer ce cap, tout en restant en rapport direct avec la Vision du Soi selon Douglas Harding.

Mais je suis convaincu que « Un jour sans fin », l’inoxydable comédie métaphysique de feu Harold Ramis, est tout à fait capable de m’aider à relever le défi. Et pour la petite histoire, c’est à Ardenne, auprès d’Alain et Claudie Bayod, que j’ai découvert ce film.

En fait mon propos est très simple …

  • Avant de participer à un atelier de Vision du Soi, notre vie ressemble assez à celles de Phil Connors & Phil la marmotte. Avec d’importantes variations individuelles, bien sûr, mais globalement, précédée ou non de « I Got You, Babe » (Cf. extrait ci-dessous), de nombreuses journées commencent souvent comme suit :

« Debout les campeurs et ô les cœurs, n’oublier pas vos bottes parce que ça caille aujourd’hui.
Ça caille tous les jours par ici, on n’est pas a Miami. On en est même loin et il faut s’attendre à quelques problèmes de circulation se soir avec ce comment déjà … oui ce blizzard. Blizzard vous avez dit blizzard ? comme c’est étrange, hé bien voici les prévisions, la météo nationale prévoit un super blizzard ça va décoiffer. Oui ça va décoiffer mais il y a une autre raison pour laquelle cette journée est si particulièrement passionnante. Oui et particulièrement froide. Oui particulièrement froide, mais une question majeure est sur toutes les lèvres. Lèvres gercés. Oui les lèvres gercées. Poils au nez. Croyez vous que Phil verra son ombre à son réveil. Le Phil de Punxsutawney. Oui, le rongeur. C’est le Jour de la Marmotte. »

Et la question essentielle, dans le film comme dans nos vies, est : combien de temps est-ce que « ça » va encore durer ? … Toujours … ?

« Çà » ? Il pourrait s’agir, sans trop entrer dans les détails, de : une vie réduite à ses seules composantes corps & mental, une vie de simple objet composé, limité, conditionné et promis à la décomposition, une vie « glaciale » de peur et de fermeture, « Une saison en enfer », une vie de Sisyphe malheureux de porter sans cesse le fardeau de sa « tête » … une sorte de « Ned the Head » Ryerson !

Dans le film, la répétition rapide de ce même 2 février², exposant les réactions les plus variées de Phil Connors & Bill Murray à cet enlisement temporel, alimente avec succès le ressort comique. Mais ce comique de répétition ne devrait pas faire oublier les nombreuses et diverses options de déni, fuite, désespoir, …, suicide(s …!).

Dans nos vies, c’est souvent beaucoup moins drôle parce que « ça » dure alors même que le temps passe, alors même que le temps disponible pour sortir de cette « glaciation » se réduit, que la désastreuse habitude de se considérer soi-même comme un objet, rien qu’un complexe corps & mental, s’enracine de plus en plus profondément et durablement.

  • Après avoir participé à un atelier de Vision du Soi, après avoir vu clairement lors des expériences que nous sommes l’inverse exact de ce que nous pensions être, que nous sommes espace d’accueil illimité et inconditionnel pour … tout, que notre essence est transparence, contenant ultime, eh bien tout peut³ changer. Notre vie peut re-devenir ce qu’elle n’aurait jamais du cesser d’être : « a festival of newness » (Svamiji), une jouissance quotidienne et détendue dans et de l’Ouvert, dans et de – osons le mot en cet article particulier – l’Amour inconditionnel (agapé – ἀγάπη).
  • Entre avant et après, il ne reste que la possibilité d’une participation active et sincère à un atelier de Vision du Soi. A mon humble avis, rien ne vous dispensera de cette audace … pas même le fait de visionner, encore et encore, « Un jour sans fin » (4) !

 

 

Cordialement

 

¹ – Comme Douglas aimait à dire que, dès lors qu’on était suffisamment attentif à l’arrivée d’un véhicule avant de traverser la rue, on était tout à fait qualifié pour participer à un atelier de Vision du Soi, j’avais envisagé un temps de vous proposer le clip de cette fameuse parodie de « I will survive » !

J’ai finalement renoncé à cette tentative, l’époque me semblant de moins en moins disposée à apprécier l’humour appliqué à la religion, de plus en plus prompte à proférer l’accusation de blasphème. Déjà qu’avec mon soutien inconditionnel au livre de Douglas : « Le Procès de l’homme qui disait qu’il était Dieu », comme John a-Nokes, je cours quelques risques … !

² – Le 2 février, en plus d’être la date de la Chandeleur, est aussi celle de la Présentation de Jésus au Temple. Une bonne date pour s’efforcer de passer des ténèbres à la lumière ! Mais n’importe quelle date d’atelier de Vision du Soi conviendra également.

³ – La Vision du Soi (Vision Sans Tête) ne constitue nullement une « baguette magique ». Si elle constitue une percée décisive en matière de transmission spirituelle, elle s’adresse à des adultes, certes capables de redevenir « pareils à de petits enfants » pour jouer le jeu des expériences, mais également conscients des efforts nécessaires pour les valoriser, puis pour les intégrer jusqu’à vivre le quotidien comme exercice de détente et de joie.

4 – Quelques raisons de revoir (et revoir, et revoir, …) « Un jour sans fin »

NB : Ce film étant quasiment inépuisable, quelques remarques et réflexions supplémentaires glanées au hasard du wouèbe :

  • Une analyse d’Emmanuel Legeard, actuellement indisponible sur le wouèbe (http://www.sciencesphilo.fr/uploads/doc/un_jour.pdf)
  • Harold Ramis estimait que « Un jour sans fin » condensait entre 30 et 40 années de vie de Phil Connors, en précisant : « Cela prend au moins une dizaine d’années pour devenir bon dans n’importe quel domaine. » Un calcul plus « scientifique » (?) est parvenu au résultat suivant : 33 ans et 350 jours, c’est-à-dire : 413 mois – 1766 semaines – 12395  jours – 297 480 heures …
  • Une vie que l’on ne cherche pas à connaître consciemment ne mérite pas d’être vécue. C’est une des leçons de ce film, quasi universelle … et de moins en moins entendue. La connaissance consciente n’étant que l’autre nom de l’amour inconditionnel évoqué plus haut.
  • Il faut parfois (souvent … toujours …) aller au bout de soi-même, non seulement pour grandir, mais pour véritablement « être », pour pouvoir dire « Je Suis ». Phil confesse ainsi à Rita : « Je me suis déjà suicidé tant de fois. Je n’existe même plus. » Et encore : « Je suis parvenu au bout de moi-même. Il n’y a pas d’issue. » Il a bien du mal à accepter que l’issue consiste justement en ce lâcher-prise, au fait que le petit « moi » doit céder la première place au Soi, condition sine qua non d’une nouvelle naissance (traduction libre de « existential reboot » !).
  • Le film montre bien que le bonheur, c’est d’abord le bonheur des autres. Frédérick Leboyer exprime un peu la même chose en disant : « La vie spirituelle, ce sont tous les miracles qui surviennent lorsqu’on fait passer l’intérêt des autres avant le sien. »

La  spiritualité & la Vision du Soi : une façon – simple mais pas si facile – de ne pas demeurer trop longtemps un crétin … ?

 

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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One Response to « Un jour sans fin » – 500° article de volte-espace

  1. Nicolas dit :

    Et bien moi qui suis un inconditionnel de Volte&espace, pour ce 500 ème article je te dis bravo Jean Marc. Continuer encore et encore à partager cette vision…je crois que c’est la meilleure chose à faire. J’écris d’ailleurs quelques textes (avant tout pour moi), pour mettre au clair certaines idées. Je ne sais pas encore si c’est vraiment du partage…mais si cela peut inspirer d’autres personnes. Je me permets de mettre le lien de ce blog : https://ducieletdelaterre.wordpress.com/
    Merci et longue vie à Volte&espace!

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