Le visage, 4/4 – Les nouveaux chemins de la connaissance

Nouveaux chemins … le thème du visage, suite et fin … provisoire !

Car le visage demeure quant à lui un immémorial chemin de connaissance de soi, et la méthode de la Vision du Soi selon Douglas Harding est venue récemment – enfin, début des années soixante quand même – apporter une contribution décisive à cette démarche qui, peut-être, nous définit comme êtres humains.

Une semaine de radio, soit cinq entretiens de Raphaël Enthoven avec divers invités :

  1. Claudine Haroche et Jean-Jacques Courtine
  2. Dan Arbib
  3. Noëlle Chatelet
  4. Nadeije Laneyrie-Dagen

Que retenir du dernier ?

DesVisages5.  David Le Breton est notamment l’auteur de « Des visages », Métailié, 2003.

Quelques extraits, mais l’entretien mérite largement une lecture intégrale.

D. L B. : D’une part, notre visage est un lieu fondamental de notre identité personnelle. C’est à travers lui que nous sommes connus, reconnus, nommés, que nous sommes identifiés à un sexe, à un âge, à une couleur, voire à une ethnie. C’est par notre visage que nous nous reconnaissons dans la journée lorsque nous croisons notre reflet dans un miroir. Mais d’un autre coté, il nous échappe. Il est impossible finalement de se rejoindre soi-même, et le visage nous apparaît comme un mystère qui nous enferme et pourtant nous ouvre au monde.

… Je crois que le visage nous possède au moins autant que nous le possédons. Il se paie notre tête puisqu’il nous enferme dans une identité.

R. E. : Vous dites que la vieillesse est un masque.

D. L B. :  C’est une phrase de Lampedusa dans « Le Guépard » : « Pourquoi Dieu nous prive t-il de notre visage au moment de mourir et pourquoi chaque homme doit-il mourir avec un masque ? » La vieillesse est vécue, dans nos sociétés contemporaines occidentales, comme une défiguration. Elle nous déposséderait peu à peu de notre visage. A travers un certain nombre d’auteurs, je me suis rendu compte qu’il y avait un moment où ces hommes et ces femmes ne se reconnaissaient plus dans leur visage. Il n’était plus vraiment le lieu de leur identité, mais celui d’une défaite. Je me suis donc demandé s’il n’y avait finalement pas deux visages dans notre vie : le visage de référence avec lequel nous grandissons, qui est reconnu et aimé par les autres une grande partie de notre vie ; et celui de la vieillesse, qui nous donne l’impression d’être devenu un autre.

… Le radotage est aussi pour ces personnes âgées une manière de ressusciter en quelque sorte ce visage de référence … une protestation d’identité, une manière de résister encore à la mort qui s’approche, à la méconnaissance sociale, à l’indignité sociale dont on est l’objet, puisque c’est à travers notre visage que nous sommes au monde.

Le visage est le portail du mystère de l’autre. Le visage n’est jamais une surface, n’est jamais une apparence, le visage est une voie d’entrée vers une intériorité.

… Il [Lévinas] est plutôt dans une métaphysique alors que moi j’essaie d’être dans une anthropologie. Je désire rester dans une relation de visage à visage avec les hommes ou les femmes que je croise.

… Le visage de l’autre notamment nous apporte cette dimension sacrée, et nous transfigure subtilement. Dans le sacré, vous avez la dimension de l’émerveillement, l’amour.

Et bien sûr quelques commentaires en lien avec la Vision du Soi.

  • Identité … ou identification ? Reflet … ou mystère ? Unique réalité centrale … ou une apparence périphérique parmi d’autres ? La question est d’importance, c’est même sans doute La Question Essentielle. Pourtant il semble qu’elle n’est qu’effleurée, comme si ce n’était qu’un point de détail … A moins que l’université ait bien du mal à briser certains tabous, à franchir certaines limites …
  • Que répondre à Lampedusa ? Peut-être simplement que « Dieu » nous laisse au contraire entièrement libre de « mourir » à notre absurde identification au visage dans le miroir, de cesser de jouer l’épuisant jeu du masque, et ce sans attendre la mort du corps. C’est même le fondement de toutes les spiritualités sérieuses depuis des temps très anciens … La Vision du Soi permet de réactiver efficacement ce fond de sagesse si nécessaire et globalement négligé.
  • Oui, bien sûr qu’il y a deux visages dans notre vie. Mais le « visage de référence » ne peut aucunement être le visage acquis, « reconnu et aimé par les autres » certes, mais étroitement limité dans le temps. Le seul visage de référence c’est le « visage originel » du zen, notre véritable nature d’espace d’accueil vide, inconditionnel et illimité. Le vieillissement peut l’aider à se révéler, mais c’est assez rarement une condition suffisante. Un atelier Vieillir en Pleine Conscience peut aider …
  • Est-ce que « rester dans une relation de visage à visage … », c’est-à-dire dans le face à face autorise une anthropologie qui permette à l’homme de déployer toute sa grandeur … ? Je suis convaincu que non, et je ne peux que saluer, une fois de plus, la pertinence de l‘anthropologie ternaire – Corps Âme Esprit – de Michel Fromaget. Mais je doute que l’université reconnaisse de sitôt la qualité de son travail …
  • Lévinas … Patience, je le garde pour la fin, c’est un très « gros morceau » ! Dan Arbib lui consacre l’essentiel du visage, 2/4.

 

Cordialement

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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