Vous n’avez pas besoin de changer – Nisargadatta Maharaj

 

Sri-Nisargadatta-Maharaj
Nisargadatta Maharaj – Mars 1897 – 8 septembre 1981

« Rien de ce que vous faites ne vous changera parce que vous n’avez pas besoin de changer. Vous pouvez modifier votre mental ou votre corps, mais ce qui se modifie est toujours quelque chose d’extérieur à vous-même, et non pas vous–même.

Pourquoi même se soucier de changer ? Réalisez une fois pour toute que ni votre corps, ni votre mental, ni même votre conscience ne sont vous-même et demeurez seul dans votre véritable nature, au-delà de la conscience et de l’inconscience.

Aucun effort ne vous y amènera, seule la limpidité de votre compréhension le peut. Il vous suffit de cerner votre incompréhension et de la rejeter. Il n’y a rien à chercher ni à trouver car il n’y a rien de perdu.
Relâchez-vous et regardez le « je suis ». La réalité est juste derrière. Soyez tranquille, soyez silencieux ; elle émergera, ou plutôt, elle vous accueillera en elle. »

«Je Suis »

Nisargadatta Maharaj

Editions. Les Deux Océans, Paris

Ce livre, un classique de la spiritualité, est une retranscription d’entretiens donnés avant 1973 par Nisargadatta Maharaj. Ce travail a été réalisé par Maurice Frydman qui a été son traducteur pendant des années. Le Maharaj s’est éteint en 1981.

Voici deux réponses données par cet homme à qui son Maître¹ avait conseillé de ne s’occuper que d’une chose :

« Tu n’es pas ce que tu crois être. Trouve ce que tu es. Observe le sens de “Je Suis”, découvre ton véritable soi. »

&

« Question :Dois-je renoncer à toute idée de vie active ?

Maharaj : Pas du tout. Il y aura le mariage, les enfants, l’argent de la famille à gagner ; tout cela arrivera dans le cours normal des événements car la destinée doit s’accomplir ; vous devez vous y soumettre sans résistance, faire face aux tâches comme elles se présentent, attentif et sérieux dans les petites choses comme dans les grandes.

Mais votre attitude générale sera de détachement affectueux, de grande bonne volonté sans espoir de récompense, de don constant sans rien demander en échange. Dans le mariage, vous n’êtes ni le mari ni l’épouse, vous êtes l’amour qui existe entre les deux². Vous êtes la lucidité et l’affection qui rendent toutes choses ordonnées et heureuses. Cela peut vous sembler confus, mais si vous y pensez un peu, vous verrez que la mystique est une attitude très pratique car elle rend la vie heureusement créatrice.

Votre conscience s’élève à une nouvelle dimension d’où vous voyez chaque chose plus clairement et avec une plus grande intensité. Vous réalisez que la personne que vous êtes devenue à votre naissance, et qui ne sera plus à sa mort, est transitoire et fausse. Vous n’êtes pas la personne sensuelle, émotionnelle et intellectuelle qu’empoignent les désirs et les peurs. Découvrez votre être réel. « Que suis-je ? » est la question fondamentale de toute psychologie et de toute philosophie. Allez-y profondément.

&

Q. : Que dois-je changer dans ma vie ?

M. : Rien de ce que vous faites ne vous changera parce que vous n’avez pas besoin de changer. Vous pouvez modifier votre mental ou votre corps, mais ce qui se modifie est toujours quelque chose d’extérieur à vous-même, et non pas vous–même.

Pourquoi même se soucier de changer ? Réalisez une fois pour toute que ni votre corps, ni votre mental, ni même votre conscience ne sont vous-même et demeurez seul dans votre véritable nature, au-delà de la conscience et de l’inconscience.

Aucun effort ne vous y amènera, seule la limpidité de votre compréhension le peut. Il vous suffit de cerner votre incompréhension et de la rejeter. Il n’y a rien à chercher ni à trouver car il n’y a rien de perdu.

Relâchez-vous et regardez le « je suis ». La réalité est juste derrière. Soyez tranquille, soyez silencieux ; elle émergera, ou plutôt, elle vous accueillera en elle.

&

NB : il est parfois difficile de conseiller de lire tout Nisargadatta Maharaj, car cela représente quand même quelques milliers de pages … De plus quelques passages méritent d’être lus, relus et encore relus, d’où cette présentation volontairement redondante. Mais quand vous lisez ceci :

« Quand je vois que je ne suis rien, c’est la sagesse.
Quand je vois que je suis tout, c’est l’amour.
Et entre les deux ma vie s’écoule … »

… ne me dites pas que vous ne brûlez pas du désir de tout lire !

Peut-être un conseil : commencez plutôt par un atelier de Vision du Soi selon Douglas Harding, puis lisez ensuite tout Nisargadatta, histoire de vérifier par vous même s’il a bien « pigé le truc » !

 

Cordialement

 

¹ – Siddharameshwar Maharaj

² – Ne croyez surtout pas que je veuille « corriger » les propos du Maharaj, mais … ! Il me semblerait plus juste d’écrire : vous êtes l’amour qui apparaît lorsque l’un devient entièrement et exclusivement espace d’accueil pour l’autre, lorsque l’un disparait totalement pour l’autre. C’est en tous les cas mon expérience, et je peux bien entendu vous la faire partager dans un atelier de Vision du Soi.

&

En complément de ce qui précède et en lien direct avec la Vision du Soi, cet autre extrait :

« Théoriquement toutes les voies sont bonnes. En pratique, à un moment donné, vous n’avancez que sur une seule voie. Tôt ou tard, vous n’êtes assuré de la découverte que si vous voulez réellement trouver ; vous ne devez creuser qu’à un seul endroit, au-dedans. Voyez ce que vous êtes. Ne le demandez pas aux autres, ne les laissez pas vous parler de vous. Regardez au dedans et voyez.

Jouer avec diverses approches peut être la conséquence d’une résistance à la pénétration à l’intérieur, de la peur d’être contraint d’abandonner l’illusion d’être quelque chose ou quelqu’un en particulier. Pour trouver de l’eau, il ne faut pas creuser de petits puits partout, mais creuser profondément à un seul endroit. »

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
Cette entrée a été publiée dans 6 - Lectures essentielles and taguée , , , , , , , . Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *