Voir l’alternative … – Bernard Rérolle

« Nos concepts ne nous permettent pas de d’englober la réalité concrète de ce monde, car le réel déborde nos concepts de toutes parts. Ce que nous comprenons est peu de chose par rapport à ce qui est. Nous ne devrions pas nous représenter l’action de comprendre sous la forme d’un “enveloppement” ni dire que nous “faisons le tour de la question”. Notre situation de chercheur nous place plutôt au cœur de ce qui est à comprendre et qui est infini. Cela nous amène à nous réjouir chaque fois qu’une lueur de compréhension nous émeut, nous anime, nous met en route vers les mille autres directions qui restent à explorer.

Tel est le sens de mon pèlerinage : promener mon questionnement autour du monde, regarder autrement … L’une des traductions du mot dhyâna (d’où vient le mot zen) qui me parait intéressante, c’est :

“voir l’alternative”.

Lorsque le disciple est prêt, le maître arrive, c’est une antique leçon hindoue. Les maîtres zen, eux, emploient la comparaison de la poule qui frappe du bec sur la coquille de l’œuf lorsqu’elle se rend compte qu’à l’intérieur, le poussin commence à taper lui aussi avec son petit bec. Plus nous nous promenons dans le monde, plus l’œuf devient grand, mais il ne faut pas cesser de frapper sa coquille avec notre petit bec. Notre questionnement n’est jamais achevé. »

« Le Japon du silence et la contemplation du Christ »

Chapitre 6 : Le temps des rencontres – mercredi 27 juillet

Bernard Rérolle

 

Cordialement

 

Il y aurait beaucoup à dire à propos de ces quelques lignes du regretté Bernard Rérolle, le prêtre mariste qui, il y a bien longtemps, m’a initié à la méditation dans l’esprit du zen et appris bien des choses concernant le yoga, l’enseignement de K. G. Dürckheim.

Je me contenterai ici de faire le lien avec ces « matrices closes » évoquées par Marie Balmary dans « Fragilités, condition de la parole selon la Bible et la psychanalyse ». Une « coquille », c’est une sorte de frontière, solide & fragile, qui est destinée quand tout se passe comme prévu à être brisée à terme. Elle protège quelque temps lors d’un stade intermédiaire de développement, puis craque afin de permettre le passage à un stade ultérieur.

Ne nous contentons donc pas du projet tout à fait insuffisant consistant à faire grandir « l’œuf ». Toute voie spirituelle véritable consiste, par ce double effort intérieur & extérieur, à briser définitivement la « coquille », à se libérer de l’illusion d’être contenu au sein de cette étroite frontière du corps & mental, de n’être que ce « petit » enfermé dans la zone périphérique « je suis humain » du dessin ci-dessous.

Essentiellement nous sommes  – tous – espace d’accueil illimité et inconditionnel, « Je Suis » central, contenant ultime.

Les Upanishads affirment : « Le sage a pour corps l’univers entier. »

La Vision du Soi selon Douglas Harding peut nous aider à réaliser cette audacieuse affirmation. Il suffit d’avoir l’audace de commencer à taper avec notre petit bec … Il suffit de savoir ce que l’on veut vraiment … Il suffit de se rendre compte que rester à l’intérieur de quelque « œuf » que ce soit est contraire à notre dignité d’être humain, l’assurance d’une véritable « mort » spirituelle.

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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