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1 - Pratique de la Vision du Soi Fondamentaux Vision du Soi

Vision du Soi – (Vision Sans Tête)

Ce que je propose ici, dans les divers ateliers comme dans les articles, se situe dans le droit fil de la Vision Sans Tête conçue et développée par Douglas Harding.

Une structure d’atelier commune constitue en effet l’ossature :

NB : seuls trois ateliers sont désormais proposés : Vision du Soi classique, Vieillir en Pleine conscience et Vision du Soi & Lectures essentielles. Cf. « Le changement … c’est maintenant ! » .

Pourquoi donc ne pas reprendre alors simplement l’expression Vivre Sans Tête, pourquoi m’efforcer de mettre en avant celle de Vision du Soi ?

Il m’a fallu pas mal de temps pour passer de l’une à l’autre.

Pendant les quelques années où j’ai assuré le pilotage de la revue « Vivre Sans Tête », cette question était quasi-permanente face à l’érosion continue du lectorat. Pour aider à bien situer la difficulté de manière concrète, sachez que certains abonnés réclamaient une mise sous enveloppe de la revue pour éviter de la recevoir sous film plastique transparent, avec en prime le regard inquiet ou suspicieux du facteur …

Durant cette période j’ai défendu bec et ongles le maintien du titre initial, par souci de continuité et de fidélité envers Douglas :

  • son premier ouvrage grand public s’intitulait « On having no head », traduit en français par « Vivre Sans Tête »
  • le site de Richard Lang, venu rapidement en appui à l’enseignement de Douglas, s’appelle « headless.org »
  • de très nombreuses connexions établies avec des textes traditionnels du zen, du soufisme, du vedanta, … venaient conforter la justesse du choix de cette expression
  • la plupart des articles, interviews, etc … se sont appuyé avec bonheur et succès sur cette expression choc, on ne peut plus originale …
  • … et si évidente au bout de vingt minutes d’atelier

Mais, pour reprendre une parole forte de Carl Rogers, que Douglas aimait utiliser de temps à autre :

« Facts are friendly. »

« Les faits sont amicaux. »

Et le fait, indéniable, est que cette expression Vivre Sans Tête inquiète, repousse, effraie, … beaucoup plus de personnes qu’elle n’en attire et invite à tenter l’expérience de la Vision. Peut-être encore plus dans le contexte de la langue et de la société française où ce terme de « tête » est … capital !

Si vous ouvrez le Petit Robert, ce sont presque deux pages très denses qui démontrent à quel point vivre en France est inconcevable sans … tête. Impossible de rentrer ici dans le détail ; je me contente de répéter la consigne majeure de tout atelier : ne me croyez surtout pas, vérifiez par vous-même ce qu’il en est !

J’ai donc décidé de cesser de faire ma forte tête et de ne plus servir de tête de Turc en évoquant ce que je propose.

Tout simplement en reprenant l’expression utilisée par Douglas dans le chapitre 30 de « La Troisième Voie » : « Ateliers de pratique de la Vision du Soi ». J’ai bien conscience que cette expression est moins précise, qu’elle reste bien éloignée de l’expérience décrite par Douglas dans le premier chapitre de « Vivre Sans Tête », que le mot « Soi » peut entraîner bien des confusions, …

Mais mon objectif étant d’animer des ateliers pour le plus grand nombre, je juge préférable d’utiliser cette expression plus ouverte. Je sais de toute façon, comme je l’ai déjà écrit plus haut, qu’au bout de vingt minutes d’atelier, l’expression la plus juste s’imposera naturellement à la majorité avec la force de l’évidence, et qu’elle sera même souvent exprimée à l’identique par un participant … Bingo !

Si la carte ci-dessous, notre portrait en gloire à tous, semble simple …

… elle synthétise une somme d’évolution, de recherches, d’expérimentations, d’expressions, … absolument considérable. Comme toute carte qui se respecte, elle invite à faire un voyage, à se coltiner les joies et les difficultés du terrain. Comme il serait dommage de passer à coté de ce voyage, le seul voyage qui importe, à cause d’une expression a priori rebutante.

Venez faire ce voyage dans un atelier, ensuite vous choisirez l’expression qui vous convient le mieux. Mais n’oubliez pas :

« Le Tao qu’on saurait exprimer n’est pas le Tao de toujours. Le nom qu’on saurait nommer n’est pas le nom de toujours. »

Lao-Tseu, Tao-tö King 1 (La Pléiade)

 

Cordialement

 

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Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

2 réponses sur « Vision du Soi – (Vision Sans Tête) »

Sur votre conseil, cher Jean-Marc, je viens de relire cette page consacrée à la Vision du Soi. Vous citez deux références importantes : d’abord, le dictionnaire, à propos du mot « tête » qui a une fonction irremplaçable dans la langue française. Ensuite, une plaisanterie de C. Rogers. Pour la première, l’importance capitale du terme « tète » dans notre langue aurait dû vous avertir, car vivre sans celle-ci est tout simplement impossible. Cette vision est un fantasme ou, au mieux, un état de conscience modifié par les méthodes artificieuses de la non-dualité. Ainsi que je l’ai longuement souligné dans mes textes. En ce qui concerne le mot de C. Rogers, psychothérapeute à la mode New Age, celui-ci me donne à penser. Car, dans la conception simpliste de C. Rogers et des thérapies apparentées, si les faits sont « amicaux » (anthropologisme qui découvre une pente quelque peu paranoïde!), c’est qu’ils appartiennent à la sphère d’un monde conçu sous une forme holistique, où le Bien l’emporte toujours sur le Mal et où des jeux de correspondances plus ou moins cachées opèrent sans cesse entre différentes sphères elles-mêmes closes : microcosme et macrocosme, mondes humain et divin, céleste et terrestre, monde du féminin et du masculin… Or, cette représentation, aujourd’hui datée et périmée, fut celle de l’Antiquité jusqu’au Moyen-Âge, et a pris fin avec la modernité, l’émergence de la science, la pensée philosophique contemporaine et la naissance de l’individu. Toutes choses que déplorent nos chers ésotéristes, théosophes, New agers, et autres antimodernistes comme votre Fromaget et tant d’autres, sans oublier les gurus indiens et autres lamas tibétains… Dans ce monde périmé, les faits peuvent effectivement être qualifiés sinon d’ « amicaux » du moins de parfaitement cohérents, prévisibles et sensés. Mais dans notre monde, ce postulat ne se vérifie plus, même dans la sphère de la physique et de la mathématique. Il en résulte que les conceptions provenant des sagesses antiques, comme le stoïcisme, ou les spiritualités orientales, ne sont plus viables ni fiables. La première théorie ou croyance, fort répandue, à en faire les frais et à être réfutée, est celle du karma (j’ai écrit un texte sur ce sujet, si cela vous intéresse, adressé à un spécialiste du bouddhisme theravâda pour le lui démontrer…). La vision du Soi appartient encore à cet Ancien Monde, elle en est une relique ou un vestige, et n’a rien d’une méthode moderne adaptée à notre époque. C’est peut-être l’une des raisons (en plus des relents de charlatanisme que l’on peut lui trouver…) de son insuccès… En ce sens, et contrairement à ce que vous écrivez, elle n’a rien d’une « évidence », et tout d’une expérience qui nous replonge dans un passé révolu, celui où l’on pouvait effectivement vivre sans tête, et s’en remettre avec confiance à une Providence éclairée qui intervenait sans cesse dans le cours de l’histoire, à une divinité qui prenait soin de toutes ses créatures, et à un Ordre du Monde ontologiquement stable et fondé. Tout cela a disparu, avec les visions du Soi qui visaient à une union entre âme humaine et Âme cosmique, à une complétude parfaite entre soi et le monde, voire à une non-dualité harmonieuse et sans faille. Je n’écris pas cela pour le plaisir de vous contredire ni pour vous être désagréable, mais parce que c’est aussi ce que moi-même j’ai découvert dans la souffrance et les prises de conscience parfois douloureuses, après avoir longuement cru dans ces sagesses orientales et avoir mis ma foi dans leurs enseignements. Et qu’ayant découvert cette vérité profonde, je me devais de vous en faire part afin de vous rendre un peu de tout ce que vous nous donnez dans ce site…
Bien cordialement . Bruno

Bonjour Bruno,

Disons tout d’abord que Vision du Soi et Vision Sans Tête c’est bonnet blanc et blanc bonnet. « Vision du Soi » est une expression utilisée par Douglas, comme je l’explique dans ce billet, qui m’a semblé apte à rebuter moins de monde que « Vision Sans Tête ».

Disons ensuite que « Vision Sans Tête » comporte trois majuscules pour la différencier de « vision sans tête ». Comme je viens de vous l’écrire dans un commentaire récent, aucun bipède humain ne circule objectivement dans la nature sans tête, malgré ce que laissent croire certaines illustrations sur la poubelle qu’est parfois le wouèbe. Vivre Sans Tête est, simplement, une expérience subjective que tout un chacun peut faire très concrètement, de préférence dans un atelier, et qui donne accès à bien des réponses a qui se pose sérieusement la question « Qui suis-je ? » ou mieux « Que suis-je ? »
Celui qui n’a aucun intérêt pour ce questionnement, soit une très large majorité de nos frères humains, ne trouvera aucun intérêt à la Vision du Soi(Vision Sans Tête). Aucune réponse n’est bonne pour qui ne se pose pas de question.

Cette vision n’est ni « un fantasme » ni « un état de conscience modifié ». Je ne peux rien faire de mieux pour vous que 1) coller ci- dessous la fin de « Vision » :

« … Pourtant, malgré la qualité magique et surprenante de cette perception visuelle, il ne s’agissait ni d’un rêve, ni d’une révélation ésotérique. Plutôt l’inverse : un éveil soudain qui m’arrachait au sommeil de la vie ordinaire, la fin d’un rêve, une réalité qui rayonnait de sa propre lumière, et pour la première fois lavée de la pensée qui obscurcit. C’était la révélation tant attendue de l’évidence même, un moment de clairvoyance dans l’histoire confuse de ma vie. Je cessais d’ignorer une chose que (depuis ma plus tendre enfance, en tout cas) je n’avais pu voir, égaré par trop d’occupations ou de faux-fuyants.

C’était une attention nue, sans jugement, à une réalité qui n’avait pas cessé de me « dévisager » : mon absence totale de visage. Bref, tout cela était parfaitement simple, ordinaire et direct, au-delà du raisonnement, de la pensée, et des mots. En dehors de l’expérience elle-même ne surgissait aucune question, aucune référence, seulement la paix, la joie sereine, et la sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau. »

Et 2) vous inviter, une fois de plus, à participer à un atelier de Vision du Soi. Comment parler des qualités d’un vin, d’un chocolat, d’un thé, de n’importe quelle expérience …sans avoir goûté exactement le même « produit » ? Vous me répétez souvent que vous avez fait une expérience « semblable » de « Vision du Soi ». Mais comme moi je ne l’ai pas faite, je ne peux strictement rien en dire … Et je n’en dis rien !

« Facts are friendly » : il ne me semble pas que ce ne soit qu’ « une plaisanterie de C. Rogers ». Les trois attitudes fondamentales qu’il a précisées, plutôt que définies, sont majeures et très proches, pour ne pas dire identiques, à celles qui structurent une relation spirituelle : congruence, empathie et regard positif inconditionnel. Ces trois attitudes me semblent moins « simplistes » que suprêmement raffinées … et remarquablement efficaces.
Essayez d’imaginer une société où elles deviendraient la règle, la norme, du Président aux plus jeunes fraîchement sortis de la scolarité obligatoire … ! Je pense que les choses s’arrangeraient nettement.

Et si l’expression de « faits amicaux » vous déplaît, considérez juste que la réalité est utile, qu’elle a toujours raison, … Ça marche dans toutes les conceptions du monde possibles, et peut-être de moins en moins dans le monde moderne où divers artifices (juridiques, économiques, politiques, « post-réalité »…) pensent pouvoir « accommoder » la réalité (physique, sociale, psychologique, …).

Il est indéniable que « cette représentation » du monde date de très loin, mais est-elle « périmée » pour autant ? Est-il interdit de s’en inspirer pour tenter de réparer toutes les erreurs, tous les dégâts, toutes les impasses de cette « modernité » … déboussolée ? Est-ce que « la science et la pensée philosophique » ont rendu « l’individu » contemporain plus heureux, plus aimant, plus libre ?
Plutôt que de condamner comme « antimodernistes » tous ceux qui cherchent à sortir de cette impasse anthropologique majeure, qui menace moins la Terre que tous les humains qui la peuplent, vous devriez reconnaître leurs efforts … parfois étranges certes.

« La vision du Soi … » et patati et patata ! Mais quand allez vous avoir enfin la sagesse de ne rien dire de ce que vous connaissez pas ? Rien ne vous oblige à venir lire des billets de volte-espace après tout. Je ne sais pourquoi (il y a certainement une raison, étayée par une « souffrance » palpable et une forte déception), mais vous avez décidé de faire comme les habitants de cette ville chantée par Brel dans « Sur la place » :

« Ainsi certains jours, paraît
Une flamme en nos cœurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n’aimons point les réveils
De notre cœur déjà vieux »

La « flamme » continuera à luire quoi qu’il en soit, que cela vous plaise ou non, pour le plus grand bonheur de ceux qui s’y ouvrent, pour le plus grand malheur de ceux qui s’y ferment. Que ces derniers soient largement majoritaires n’a aucune espèce d’importance : la Réalité ou la Vérité ne sont pas démocratiques.

Bon dimanche

Cordialement

Jean Marc

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