« Une soirée en Provence » ou « Le mot et le cri » – Jean Tardieu

Il a déjà été question sur ce site de Jean Tardieu, notamment ici et . Et vous avez sans doute perçu, grâce à l’aide précieuse de Christian Le Dimna, l’originalité, la profondeur, la fraîcheur, … de ce poète.

Mais l’écrivain est également auteur de théâtre. Sa pièce radiophonique en quatre mouvements, « Une soirée en Provence » ou « Le mot et le cri », n’est plus accessible dans les archives de France Culture. Mais elle me semble établir bien des liens avec la Vision du Soi selon Douglas Harding.

Lonsdale
Michaël Lonsdale
Monsieur A, quelques années plus tard

 

Michaël Lonsdale est Monsieur A, Samy Frey, Monsieur B.

 

Quelques extraits, mais lisez, relisez, écoutez, ré-écoutez … Testez, vérifiez, n’en croyez pas un mot … !

 

BRéconcilier ! … curieux mot … Mais … Nous réconcilier avec qui ?

AAvec nous-mêmes, avec tout, avec rien.

B – Vous êtes en désaccord ? Attention ! Il paraît que cela se soigne !

A – Je suis de ces malades qui ne veulent pas guérir.

A – Je vais à la quête d’un seul et même objet, multiple en apparence, un et un seul en réalité. Il est sans limites. Sans nom. Fluide et solide, présent et absent. Il est et il n’est pas.

SamiFrey
Samy Frey – Monsieur B

B – Je vous trouve pensif et comme … épuisé ! Serait-ce l’effet de la musique de Bach ?

A – La perfection ne m’épuise pas. Dites plutôt qu’elle me rend « désert » : c’est une nuance !

B – Et que se passe-t-il quand vous parvenez enfin à ce bienheureux tête-à-tête avec vous-même ?

A – Ne vous moquez pas de moi ! D’abord ce vide – ou ce silence – n’est ni heureux ni malheureux : il est, ou plutôt il n’est pas.

La voix d’enfant : Je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont.

B – Vous croyez vous évader dans le végétal, dans le minéral. Mais vous restez enfermé en vous-même. Un pauvre homme, je vous assure, comme moi, comme nous tous ! Vous verrez quand viendra la maladie … ou la mort !

A – Je n’élude rien. Je ne me dérobe pas à ma condition mortelle. Tant que je vis, j’ouvre mes fenêtres à un espace sans bornes, en tout cas le plus grand que je puisse concevoir.

B – Espace ! Que veut-il dire encore, pour vous, ce trop grand mot ?

A – C’est à la fois ce qui peut tout contenir et le refus de toutes les choses. Le vide absolu.

A – Je dis seulement qu’il faut combiner d’une façon nouvelle des éléments déjà connus, et même presque détruits. S’avancer. Aller jusqu’au bord du non-sens. Faire bouger les mots, les allumer, les éteindre, les forcer à produire des étincelles jamais vues !

 

De ces étincelles qui se produisent généralement dans un atelier de Vision du Soi. Mais il faut nécessairement « s’avancer ». Essayez … !

 

Cordialement

 

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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