Une reine perdue – Christian Bobin

« Elle m’appelait, appuyée contre un pommier dans le jardin. D’abord je ne l’ai pas vue. Je pensais à quelque chose et la pensée empêche de voir. Plus des trois quarts de nos vies se passent en somnambules. Nous serrons des mains, nous donnons nos yeux à des lueurs de toutes sortes, et en vérité nous ne voyons rien. Les soucis et les projets sont des paravents devant lesquels nous passons. Nous les longeons, distraits par leurs dessins. La vie est derrière eux.

[…]

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Une fleur d’églantier …

Ah, ce rose, ce rose !

Je le contemplais longtemps puis je revins aux livres, tournant leurs pages, espérant y trouver une clarté aussi convaincante que celle qui peu à peu se retirait du jardin. … »

Christian Bobin

 

Cordialement

 

Ce texte est extrait du « regard poétique » du n° 72 du « Monde des Religions », juillet-août 2015.

Les lecteurs de volte-espace savent que je suis un fan de longue date de Christian Bobin. Une étiquette permet d’accéder à tous les articles qui lui font référence, plus ou moins directement, depuis le recyclage de cet emprunt à la revue Vivre Sans Tête de janvier 2001.

Mais, je suis bien obligé de constater que cet homme, dont j’apprécie tant les textes, persiste à se tromper de direction … peut-être pour rester en mesure d’exercer sa licence poétique, qui sait ?

Doigt dans les 2 sensJPGLa vie, la vraie, la « clarté » ou peut-être plus exactement la lumière, ne sont pas « derrière les paravents » qui nous « distraient ». Elles sont très précisément dans la direction opposée, à 180 degrés, dans la direction d’où provient notre regard. Dans cet espace d’accueil illimité et inconditionnel que nous sommes tous, dans ce contenant premier, cette transparence consciente qui seule nous permet de distinguer et d’apprécier ce rose … et toutes les autres couleurs.

Cela se trouve moins dans les livres de Douglas Harding que dans ses expériences de Vision du Soi. Mais n’en croyez surtout pas un traître mot, venez plutôt vérifier dans un atelier !

 

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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