Une poignée de braises – Christian Bobin et Blaise Pascal

« Pascal jaillit du noir, les yeux mouillés d’or. Son aventure vient d’une région souterraine plus profonde que sa volonté¹ – à peine s’il y est pour quelque chose. Une nuit son âme prend feu. Les chevaux de la pensée² filent au galop, leurs robes couvertes d’une sueur d’encre.

De l’illumination du lundi soir 23 novembre 1654 Pascal revient avec une poignée de braises – quelques notes cachées dans la doublure de sa veste³ pour, d’une pression de la main, se souvenir de sa vision (4). L’éternel fait un bruit de papier froissé. »

Christian Bobin

« L’homme-joie »

PascalMemorial1
Le Mémorial – Copie du parchemin par Louis Périer

 

Cordialement

 

¹ – Cette « région souterraine plus profonde que sa volonté » ne serait-ce pas, tout simplement, sa Vraie Nature, cet espace d’accueil illimité et inconditionnel, en dessous de ce que la Vision du Soi selon Douglas Harding appelle la ligne de base ? L’espace « sans tête » n’est en effet plus un lieu soumis à la tyrannie de la volonté de l’ego et à ses innombrables conditionnements.

C’est effectivement un lieu de « feu », de « braise », susceptible de brûler cette image fausse et étriquée de nous-même comme réduite aux seules composantes Corps & Âme. Et de nous ouvrir à la complétude Corps & Âme – Esprit.

² – De la « pensée », essentiellement ? Bien sûr que non, puisque Pascal est explicite : rien à voir ici avec le Dieu des « philosophes et des savants ». Et que Bobin lui-même utilise justement les mots « illumination » et « vision ».

La pensée n’est qu’un outil pour transcrire sur du papier l’expression de quelque chose – plus exactement quelque non-chose – qui la dépasse infiniment.

³ – Il s’agit du document connu sous le nom de « Mémorial », reproduit ci-dessus, et où il est d’abord question de « joie » et de « certitude » intensément expérimentées, de « renonciation totale et douce » à … cette image fausse et étriquée de nous-même évoquée ci-dessus. L’habillage culturel catholique, de sensibilité janséniste, reste finalement assez secondaire, à mon humble avis.

Le document ci-dessus provient de ce site.

4 –  Quel intérêt à se « souvenir de sa vision » ? Ce qui importe réellement c’est de pouvoir demeurer dans l’éternel présent – au deux sens du mot – de cette Vision de notre Vraie Nature. Une Vision en conserve ne sert à rien. Les expériences de la Vision du Soi selon Douglas Harding ont cet immense intérêt de pouvoir vous éveiller une première fois, et ensuite d’être des outils pratiques pour demeurer dans l’évidence de cette « joie » et de cette « certitude ». N’en croyez pas bien sûr un traître mot, essayez, vérifiez …!

Ceci-dit, peut-être que Pascal activait cette vision de sa Vraie Nature chaque fois qu’il touchait ce parchemin cousu dans son vêtement, qui sait … ?

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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