Une clé de lecture de la Bhagavad-Gita

18121Cet article m’a été inspiré par l’émission Les Racines du Ciel du 25/05/2014 consacrée à « La philosophie indienne au fil des jours » avec Marc Ballanfat¹.

Pour être honnête, cette clé de lecture m’a été offerte, il y a fort longtemps, par un certain Jacques Blache, frère dominicain qui assurait un enseignement sur la Bhagavad-Gita à l’Ecole Française de Yoga de la Sainte-Baume².

Je conserve l’heureux souvenir d’un homme extérieurement tout en rondeurs, grand amateur de nourritures « sattviques », et intérieurement subtil et très vif³.

Concernant la Gita, il allait droit au fait :

« Il n’y a pas d’autre façon d’aborder, de comprendre et de vivre ce dialogue entre Krishna et Arjuna qu’en étant vous-même simultanément l’Un et l’autre. »

 

Voilà en substance ce que j’ai retenu de ses leçons. Être un Arjuna tiraillé par un dilemme moral majeur, plein de doutes et d’hésitations, paralysé devant l’action : aucune difficulté ! Mais être Krishna, le Seigneur Suprême … ? Et être plus précisément les deux, Krishna & Arjuna, Krishn&rjuna … ? Comment faire ?

La pratique du yoga puis de l’adhyatma-yoga de Svami Prajnanpad auprès d’Arnaud Desjardins m’a bien sûr énormément aidé à progresser sur ce chemin de vie, de toute une vie. Mais ce qui a été déterminant pour parvenir à être Krishn&rjuna c’est bien sûr la Vision du Soi de Douglas Harding.

 

CarteDouglas1

Être Krishn&rjuna c’est Voir sa véritable nature d’espace d’accueil inconditionnel et illimité, c’est être simultanément le « Grand » qui englobe le « petit », ou le « petit » qui s’insère harmonieusement dans le « Grand », au sein d’une hiérarchie bien ordonnée, c’est revenir dans ce lieu originel que nous n’avons en réalité jamais quitté. C’est être « Je Suis » au Centre & « je suis humain » en périphérie …

Avec la Vision du soi c’est, j’ose le dire après Douglas, l’évidence même. Mais n’en croyez pas un traître mot, venez vérifier dans un atelier.

NB : le titre de cet article mentionne, trop modestement, « une » clé de lecture … Il s’agit bien évidemment de LA clé de lecture. Et elle est transférable à tous les textes sacrés dans un contexte dualiste : ainsi par exemple ne pas lire les évangiles de Thomas et de Jean sans être à la fois Fils et Père revient à perdre son temps … En gardant cependant à l’esprit que :

« Le Père et moi nous sommes un (Jean 10, 30) & Le Père est plus grand que moi. » (Jean 14, 28)

 

Cordialement

 

¹ – Marc Ballanfat a notamment publié une traduction de la Gita aux éditions Garnier-Flammarion en 2007 (Cf. l’illustration ci-dessus).

² – J’ai déjà évoqué sur ce site quelques-unes des figures marquantes de ce haut-lieu, notamment Jean-Yves Leloup et Jacques Blache. Restent bien sûr Boris Tatzky et feu Bernard Rérolle. Cela viendra.

³ – Je conserve ainsi le souvenir de sa réponse malicieuse à notre ignorance d’apprentis-professeurs de yoga qui souhaitaient privilégier la singularité de la Gita, en bref ce droit à l’action mais pas à ses fruits

« Ah bon, et “Que Ta volonté soit faite et non la mienne”, vous croyez vraiment que cela signifie autre chose … ? »

Un grand Monsieur vraiment, une fine équipe, un haut lieu … Merci pour tout !

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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