« Un Jésus pour notre temps » : chapitre 15 de « La Troisième Voie »

Nag_Hammadi_Codex_II
Nag Hammadi Codex II, folio 32
début de l’évangile selon Thomas

Douglas Harding entretenait une belle relation d’intimité avec l’évangile de Thomas, qu’il a notamment évoquée dans ce quinzième article du recueil intitulé « La Troisième Voie ».

Je connaissais le texte de Thomas bien avant de lire « Un Jésus pour notre temps », dans différentes traductions et assorti de divers commentaires, mais là encore, l’originalité et l’efficacité de l’approche de Douglas est étonnante :

  • Douglas ne tourne pas autour du pot en qualifiant ce texte de « bombe à retardement salutaire ». Pour lui la découverte faite à Nag-Hammadi en décembre 1945 présente l’immense intérêt de « court-circuiter » l’histoire et les innombrables commentaires de « deux millénaires de prétendu christianisme ».
  • Douglas cite une dizaine de logia majeurs. Le logion n° 2, notamment, qui correspond d’assez près au programme d’un atelier de Vision du Soi : chercher/trouver/être troublé/s’émerveiller/régner sur le tout ! Et quelques autres qui insistent sur cette connaissance … évidente, sur cette lumière qu’il s’agit juste d’expérimenter simplement …
  • Son commentaire du logion n° 1 est particulièrement éclairant :

« L’Évangile commence par un avertissement, un défi et une promesse fabuleuse. Il nous avertit que ces paroles de Jésus ne sont pas faites simplement pour être lues. Il faut travailler sur elles. Ce n’est pas à la surface que l’on trouvera leur sens. Il faut creuser pour découvrir leur secret. Le défi consiste à persister dans cette recherche jusqu’à ce que le sens secret ne soit plus secret mais évident. Et le fruit de cette découverte n’est rien moins que la vie éternelle et la dignité royale. »

Et, s’il existe certainement d’autres méthodes pour « se faire l’herméneute de ces paroles » (traduction de Jean-Yves Leloup), je n’en connais personnellement pas de plus efficace que la Vision du Soi selon Douglas Harding.

  • A son habitude, Douglas se tourne directement vers les questions pratiques les plus immédiates : où chercher, comment chercher, que chercher ? C’est moins prestigieux (et moins rémunérateur ou générateur de subvention) que de se préoccuper de datation, de traduction du copte, de recoupement avec d’autres manuscrits (Papyrus d’Oxyrhynque), de filiation, de publication … mais c’est tellement plus utile !
  • Où chercher ? « … dedans … exactement là où je suis en ce moment, plus proche de moi que moi-même. … la demeure que je n’ai jamais vraiment quittée … le centre de ce qui est à la fois mon monde et le monde, toujours ici et jamais là-bas. … Ici, au centre, vous êtes la clé, vous êtes le secret de ces paroles de Jésus. »
  • Comment chercher ? « C’est avec une naïveté inspirée que nous devons entreprendre cette aventure, avec l’esprit direct et ouvert d’un enfant, et même d’un très jeune enfant. Le Royaume est invisible pour les adultes en tant que tels. … nous devons faire fortune en échangeant nos concepts contre des percepts. »
  • Que chercher ? « … notre demeure est un lieu de paradoxe et de profond mystère … ce lieu est vide, et pourtant plein de Tout : vide pour accueillir tout ce qui peut se présenter … c’est le lieu où les contraires se rejoignent et s’unissent en une seule et même réalité. C’est ici que l’on trouve l’Un. »
  • Ensuite, et bien il n’y a plus qu’à vouloir regarder, de manière ordonnée et systématique comme dans l’expérience du doigt par exemple, pour découvrir ce « … vide, cette capacité ou espace d’accueil pour la scène toute entière … ce Royaume qui est bien en nous. »
  • Résultat ? « Nous voyons clairement que nous sommes grands ouverts, que nous sommes l’ouverture même, au grand large, sans limites, si immenses que nous contenons le soleil et les étoiles. Comme c’est merveilleux, comme c’est libérateur de ne plus être une petite chose éclairée, mais d’être la Lumière qui illumine toutes choses dans le monde. »

Douglas termine son article sur une perspective très optimiste, en évoquant « le grand processus de simplification en cours … qui nous libère des formes extérieures, des dogmes, de l’énorme machine ecclésiastique » pour nous conduire « à la vision béatifique qui est au cœur des grandes traditions religieuses … ce cœur simple et patient qui bat éternellement avec force. »

Bien que parfois moins optimiste que lui, je suis néanmoins particulièrement heureux de contribuer modestement à ce mouvement, que ce soit avec ma participation à la traduction de « The Hidden Gospel – Games for the Kingdom » ou au travers de mes ateliers Vision du Soi & Lectures essentielles.

Je vous rappelle qu’un atelier Vision du Soi & Évangile de Thomas est programmé en octobre 2014 au Domaine du Taillé.

Cordialement

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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