Tu veux … ou tu vœux pas ?

En ce début d’année, traditionnellement propice aux vœux et aux bonnes résolutions, il n’est sans doute pas inutile de se poser la seule question¹ qui vaille :

Qu’est-ce que je veux vraiment ?

Je ne pense bien sûr pas ici au désir d’une nouvelle … chose, quelle qu’elle soit, aussi utile puisse-t-elle être, et même si elle a été « vue à la télé ». Les choses, nous le savons bien, sont aussi limitées, conditionnées, périssables … que les satisfactions que nous pouvons en retirer. Non, passons tout de suite à tout « autre chose » … au « tout Autre » … à cette « non-chose » qui est en réalité notre identité la plus centrale, enfouie sous un épais mille-feuille d’identifications. Alors un peu d’audace, et …

« Passons sur l’autre rive. »

Évangile de Marc 4, 35

Passons sur la rive de cet espace d’accueil illimité et inconditionnel qui est notre vraie nature, et dont, en réalité, nous ne nous sommes jamais éloigné que de manière illusoire. Réintégrons le seul lieu où nous trouverons « la paix, la joie sereine et la sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau »².

Est-ce compliqué, et en conséquence existe-t-il un risque de gaspiller un peu trop de notre précieux temps ? Non, bien sûr que non. Et cela ne l’a d’ailleurs jamais été puisqu’il s’agit de retrouver un état naturel, le « Royaume » ou la « Nature de Bouddha » – peu importe le nom, par nature inadéquat, qui lui est culturellement affecté – qui est notre droit de naissance et notre devoir si nous souhaitons devenir un être humain complet. C’est en tous cas ce qu’affirment toutes les spiritualités dignes de ce nom, en précisant généralement que Cela est déjà entièrement là, ici, maintenant, sans la moindre condition.

 

RamanaSouriant
Ramana
évidence de l'éveil
Groseille …

« L’éveil est aussi évident qu’une groseille dans le creux de la main. »

Ramana Maharshi

 

 

 

Mais, grâce aux géniales expériences de Douglas Harding, rien n’est désormais plus simple que de VOIR notre véritable Nature, le fameux « Visage Originel » cher au bouddhisme zen.

Certes, cela risque de provoquer quelques remous (« Survient un grand tourbillon de vent. Les vagues se jetaient sur la barque, au point que déjà la barque se remplissait. »  Marc 4, 37) et quelque inquiétude passagère (« … cela ne te fait-il rien que nous périssions ? » Marc 4, 38).

Mais, sur l’autre rive, au cœur de cet espace d’accueil qui nous est commun, que nous sommes tous, nous sommes assurés de retrouver la paix (« Le vent tomba, et il se fit un grand calme. » Marc 4, 39)

Demeurer en – et surtout vivre à partir de – ce « grand calme », ce « Grand », cet espace d’accueil, ne sera peut-être pas des plus faciles au début, mais ayons confiance en la vie pour nous procurer avec générosité nombre de petits et gros soucis pour nous inviter à revenir en ce (non)lieu.

Oui, Douglas Harding a replacé cette question intemporelle de ce que nous voulons vraiment au cœur du chemin spirituel avec une intensité peut-être encore jamais atteinte. Désormais, si nous le voulons vraiment, nous pouvons. Si nous estimons ne pas pouvoir, c’est que nous ne voulons pas vraiment, que nous en restons au stade du vœu³, de la velléité.

 

Cordialement

 

¹ – Ou bien de trouver un « ami spirituel » qui sera en mesure de nous la poser avec force et exigence, sans aucune pitié. De telles personnes se faisant plutôt rares, pourquoi ne pas commencer par s’aider soi-même en se la posant … pour de bon, histoire de préparer un peu une éventuelle rencontre ?

Quelques exemples, assez différents dans leur forme, assez proches au fond :

Svami Prajnanpad : « Que voulez-vous ? »  Arnaud Desjardins : « Atma darshan »

Jésus : « Que cherchez-vous ? » Les deux disciples : « Rabbi, où demeures-tu ? » Jésus : « Venez et voyez. »                                                                                   Évangile de Jean 1, 38-39

Jésus : « Veux-tu guérir ? »« Lève-toi et marche. »                Évangile de Jean 5, 6-8

² – Extrait de la dernière phrase de  « Vision », le texte fondateur de la Vision du Soi.

Doigt dans les 2 sensJPGComme pensée et sensation sont des processus très fluctuants – même chez les personnes qui pensent les maîtriser – la Vision du Soi selon Douglas Harding propose de s’en tenir rigoureusement au fait de voir, à la Vision à double sens. Pensée et sensation continueront de « fonctionner », plus ou moins en sourdine, mais moins nous nous en préoccuperons, et moins nous les renforcerons.

Cependant cette sensation « d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau » est absolument délicieuse et revigorante : une libération, un éveil …

Cela tombe bien, cette expérience est la seule qu’il soit réellement possible de partager. Mais, comme d’habitude, n’en croyez pas un traître mot, venez vérifier dans un atelier !

³ – Je profite de la dernière occurrence de ce mot pour remercier Dorothée Werner dont l’éditorial « Tu vœux ou tu vœux pas » dans le magazine Elle du 2 janvier 2015 m’a inspiré l’idée de cet article, et va sans doute m’en inspirer un second.

Ne commettez surtout pas l’erreur de sous-estimer ce petit bijou d’éditorial sous prétexte que la suite du magazine constitue une véritable avalanche de « choses » en tous genres. « Que souhaiter d’un peu authentique pour 2015 ? » demande-t-elle. Pourquoi pas de découvrir la Vision du Soi selon Douglas Harding ! « Auguri ! »

 

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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