SPP4 : La Science-1 est d’une précision mathématique

« …

Les mathématiques de la Science-3 – la science de l’observé – demeurent inévitablement en-deçà de leur propre idéal de précision et d’applicabilité.

Ce qui n’est pas le cas des mathématiques de la Science-1, la science de l’observateur. Prenons le dénombrement ou le calcul. Il y a trois méthodes : celle de l’enfant, celle de l’adulte et celle de l’adulte qui a retrouvé son esprit d’enfant. Le petit enfant qui se trouve dans une pièce avec quatre personnes compte quatre visages, parce qu’il ne se compte pas du tout lui-même. L’adulte, se comptant à tort comme l’objet n°1 (ou l’objet n°5 s’il est poli), dénombre cinq visages. La Première Personne à l’esprit d’enfant n’en compte à nouveau que quatre car, contrairement au petit enfant, elle ne s’ignore pas en tant que Sujet, et contrairement à l’adulte, elle ne se classe pas parmi les objets. Elle voit qu’elle n’est ni un adulte, ni un enfant, qu’elle n’a jamais grandi du tout en quoi que ce soit, et donc elle ne se compte pas parmi les choses mais s’inclut dans la Non-chose, dans le Zéro. Elle compte toujours à partir de zéro. (0 !)

Quel que soit le groupe d’objets que le Savant-1 veut compter – yeux, visages, têtes, hommes, corps, ou n’importe quoi d’autre, personnes, idées, qualités – il est conscient de ne leur ressembler en rien, de ne pas du tout appartenir au même groupe. Il voit qu’en tant que Première Personne, il ne peut en aucun cas être compté parmi ces objets, pas plus qu’on ne compterait la coupe à fruits avec les fruits. La Première Personne est Zéro par rapport à toutes les choses existantes – essentielle pour les compter mais non impliquée, non classifiable : elle est leur compteur, elle-même non dénombrable.

La Science-3 dispose d’un arsenal mathématique très compliqué, la Science-1 utilise un outil très simple, à savoir le Zéro – moi-même en tant que Rien ou numéro 0, au lieu du numéro 1.

De sorte que si si le Savant-3 résoud beaucoup de problèmes secondaires, il aggrave le problème principal qui est celui de la dualité, la séparation entre le soi et le non-soi, avec toutes les angoisses qui l’accompagne¹. »

 

Cordialement

 

0 – Le texte propose de bien distinguer :

  • « a : L’enfant : 1 2 3 4 (il ne se compte pas du tout)
  • b : L’adulte Science-3 : 1 2 3 4 5 (il compte à tort le Sujet comme l’objet n°1) – 5 1 2 3 4 (il compte à tort le Sujet comme l’objet n°5)
  • c : L’adulte-esprit d’enfant de la Science-1 : 0 1 2 3 4 (il se compte comme le Sujet 0) »

Cela n’a l’air de rien, mais cela change tout ! Essayez, vérifiez, n’en croyez pas un traître mot !

Vous en savez désormais un peu plus sur ce Rappel : la Première Personne compte toujours à partir de 0, moyen habile (upaya) de, notamment, transformer les groupes de quatre personnes en groupe de trois … Et également de réduire à néant le concept erroné d’« environnement ». Mais « savoir » n’a guère d’importance en cette matière, seule compte la pratique, la « discipline assidue », jusqu’à ce que ce mode de comptage soit (re)devenu réflexe.

¹ – A cet endroit du texte se trouve un renvoi vers les deux citations ci-dessous :

« Dis au mental qu’il n’y a que l’UN². Celui qui divise l’UN erre de mort en mort. »

Katha Upanishad

« Là où il y a deux, il y a la peur. »³

Brihadaranyaka Upanishad

Précision importante : « Les citations des mystiques et maîtres … ne font pas partie de la démonstration présente et … ne sont certainement pas présentées comme faisant autorité. Elles sont seulement destinées à illustrer l’ancienneté et l’universalité de la SCIENCE – 1. Le SAVANT – 1 vérifie les écritures par l’expérience, et non l’expérience par les écritures.« 

Cette proposition a été développée par David Lang dans son texte : « Les experts ont-ils bien pigé le truc ? »

² – Il faut bien commencer un jour par le « dire au mental », certes. Mais comme le mental est une machine – perfectionnée & puissante – à « diviser », à fabriquer du deux, à choisir, à préférer, à distinguer, … il va falloir s’armer de patience et de pédagogie. Les expériences de la Vision du Soi selon Douglas Harding – simples, concrètes, joyeuses – peuvent constituer une aide décisive pour cesser d’ « errer de mort en mort ». Essayez, vérifiez, n’en croyez pas un traître mot !

³ – Arnaud Desjardins citait régulièrement cette phrase au cours de son enseignement.

Martine Buttex propose une belle traduction des 108 Upanishads.

Rappel : « La Science de la Première Personne – Principes, Pratique et Potentiel »  – Éditions Dervy 1998

 

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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