« Shunyâtâ – La vacuité bouddhique » – John Blofeld

J’ai récemment repris sur ce site un article d’ipapy évoquant John Blofed, « Douglas Harding a tout compris ».

Ce nom de John Blofed ne m’étant pas tout à fait inconnu, j’ai cherché un peu et j’ai fini par retrouver un texte de cet auteur dans le magnifique ouvrage « Le vide – Expérience spirituelle en Occident et en Orient », de la nouvelle série Hermès aux éditions des Deux Océans.

Court et étrange article, bourrelé de doutes et de restrictions, dont la lecture laisse perplexe. Comment cet homme a-t-il pu passer si près de la Vision du Soi selon Douglas Harding … et la laisser filer, voire s’en débarrasser comme quelque chose de menaçant ? Peut-être par désir excessif de connaissances … ce mot revenant à de très nombreuses reprises dans son texte ?

YSPIl est vrai que le sutra II, 37 des « Yoga-Sutras » de Patanjali :

« Quand le désir de (com)prendre disparaît, alors les trésors apparaissent. »

… il est aussi possible de le lire en négatif : tant que le désir de comprendre reste le plus fort … le trésor restera bien caché !

 

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Dès le premier paragraphe du texte de John Blofeld les choses se gâtent … :

« La vacuité (shûnyatâ)est un grand mystère. … Peu de savants occidentaux paraissent en avoir saisi le sens, et même dans les pays bouddhistes, à l’exception de rares mystiques accomplis qui, dans leurs méditations les plus profondes, se sont trouvés face à face avec la vacuité¹, il y a relativement peu de gens qui, grâce à certaines intuitions préliminaires acquises au cours de la méditation, associées à une vaste connaissance des sûtras, peuvent s’être formé une idée approximative de ce qu’est la vacuité. »

Un peu plus loin, Huai-Hai vient à la rescousse de John Blofeld en évoquant l’illumination comme « la réalisation de l’identité de la forme et de la vacuité ». Mais l’auteur ne se satisfait pas de ce paradoxe … et s’efforce vainement de décortiquer logiquement la proposition de cet éminent maître zen !

[…]

« Si je devais montrer cet article à un de mes maîtres tibétains ou chinois, il me dirait probablement «déchire-le ! A quoi bon perdre ton temps et celui des autres en discussions philosophiques, en spéculation dépourvue de sens, sur ce que les sûtras appellent la vacuité ? … La vacuité est là dans ton esprit et partout ailleurs. Ce qu’il faut, c’est en faire l’expérience. Cesse donc d’écrire ou même de lire et cherche à en faire l’expérience directe tout de suite²». »

Comme il est dommage que John Blofeld n’ait pas saisi l’occasion de valoriser l’expérience de la Vision du Soi & Vision Sans Tête !

Si je peux me permettre un conseil, laissez votre désir de comprendre au vestiaire et faites sans attendre l’expérience : rien n’est plus simple que de voir clairement ce mystère de l’espace d’accueil inconditionnel que nous sommes, rien n’est plus évident que voir que nous n’avons jamais été autrement que face à espace. Mais n’en croyez surtout pas un traître mot, essayez … !

 

Cordialement

 

¹ – Face à face avec quelqu’un, c’est déjà mission impossible comme le montre l’expérience du tube. Mais alors là, « face à face avec la vacuité », cela dépasse l’entendement !

² – A quoi bon avoir des « maîtres » si c’est pour ne pas mettre en pratique le plus important de tous les conseils qu’ils peuvent vous donner : « faire l’expérience directe tout de suite » ?

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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