Ridée ou radieuse ? – Marie de Hennezel

J’ai découvert cette question et la description de l’image ci-dessous dans divers écrits de Marie de Hennezel, notamment « La chaleur du cœur empêche nos corps de rouiller » et « Une vie pour se mettre au monde¹« .

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Irène Sinclair

Je n’ai pas eu l’occasion de découvrir cette femme souriante et séduisante dans un magazine ni sur un panneau géant. Et je doute fort que les publicitaires aient poussé très loin leur tentative de réhabiliter le vieillissement dans le cadre de cette campagne pour « la vraie beauté ». Dommage …

Dans « Une vie pour se mettre au monde », Marie de Hennezel écrit :

« On connaît maintenant cette célèbre publicité de la marque Dove qui a fait appel à une mannequin de 96 ans. On voit son visage ridé comme une pomme reinette éclairé par un sourire éclatant, et la question posée : «ridée ou radieuse ?» Le stade des rides, c’est celui où une femme cesse de se regarder et de se juger, en travaillant à l’ouverture du cœur pour avoir quelque chose à faire rayonner, pour être séduisante de cœur.

Ainsi, en avançant en âge, cette peur disparaît. … Quelle liberté, finalement, de pouvoir simplement être. Être qui on est, ne plus rien avoir à se prouver.

Mais il faut tout un chemin pour en arriver là. Pour arriver à cette liberté. Notre société jeuniste qui a tout misé sur l’apparence fait tout pour nous aliéner. Regardez comme on inonde le marché des seniors de produits «anti-âge». … Où trouver le juste milieu ? Nourrir sa peau, lui donner le soin et l’attention dont elle a besoin, oui, mais cesser d’interroger le miroir. … C’est donc à une véritable révolution narcissique que nous sommes conviés. »

(Pages 26 et 27  de l’édition au Livre de Poche – 2011)

Je regrette un peu que M. de Hennezel ait éprouvé le besoin de recourir au mot « séduisant » à propos du cœur … Mais j’ai moi-même failli succomber inconsciemment un peu plus haut : du coup j’ai décidé de les barrer les deux occurrences, même celle qui ne m’appartient pas ! Avec « séduire » nous restons dans la logique, classique, ultra-majoritaire et … vaine, de l’amour du pouvoir, alors que la vie cherche à nous en enseigner une autre, celle du pouvoir de l’amour.

L’avancée en âge peut bien sûr contribuer à cet apprentissage essentiel, à 180° d’à peu près toutes les lignes de force de nos sociétés modernes. Mais « la fécondité du temps » ne suffit pas toujours. Un engagement  beaucoup plus actif soulagerait bien des souffrances, participerait à prévenir l’inquiétant développement de la maladie d’Alzheimer², et, j’en suis persuadé, contribuerait à rétablir un vivre ensemble sur des bases beaucoup plus saines.

« Si l’on pouvait initier toutes les personnes âgées à cette perception du « corps que l’on est », bien des souffrances liées au « corps que l’on a » seraient alors surmontées.  … Des joies immenses sont alors réservées à ceux qui découvrent un univers intime dont ils n’avaient pas conscience. Leur corps « extérieur » peut être en ruine, leur corps « intérieur » est plus vibrant et vivant que jamais. »

(« La chaleur du cœur … » – Page 202 de l’édition Robert Laffont 2008 )

C’est possible d’y parvenir, efficacement et plus rapidement qu’avec des méthodes « classiques », avec l’atelier Vieillir en pleine conscience, construit sur la base d’un atelier de Vision du Soi selon Douglas Harding. Avec quelques magistrales expériences d’attention, simples, concrètes, agréables, renouvelables, … suivies de temps de dialogue ouverts.

Faire ces expériences – et ne pas se contenter d’en lire la description – permet ensuite d’utiliser un miroir pour y voir clairement une de nos nombreuses apparences périphériques, le « corps que l’on a », là-bas à un mètre environ, c’est-à-dire précisément qui on n’est pas, une « chose ». Ce même miroir deviendra un outil privilégié de retour conscient à notre réalité centrale, au « corps que l’on est », la « non-chose » libérée des contraintes du temps, infiniment libre.

Ce « lifting intérieur » que M. de Hennezel appelle de ses vœux consiste tout simplement a distinguer clairement son visage humain de son Visage Originel et à bien conserver chacun à sa vraie place aussi continûment que possible. J’espère avoir la possibilité de prouver plus largement à quel point la Vision du Soi peut faciliter cette démarche essentielle.

 Cordialement

¹ – Cet ouvrage, compte-rendu d’un séminaire sur le thème « Vieillir, mûrir, accomplir », a été co-écrit avec Bertrand Vergely. C’est un remarquable outil pour vieillir en pleine conscience et un véritable « médicament » de prévention de la maladie d’Alzheimer. A lire, relire, offrir, faire connaître par tous les moyens.

² – Je vous invite à voir et à faire connaître le remarquable film intitulé « Ne m’oublie pas ». Et, un peu plus difficile, à lire et à faire connaître le livre de Jean Maisondieu « Le crépuscule de la raison – La maladie d’Alzheimer en question » aux éditions Bayard.

NB : pour soigner le « corps que l’on a » avec tous les égards qu’il mérite, préférez des produits biologiques de qualité, que vous trouverez notamment chez Weleda, et que vous pouvez également préparer vous même.

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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