« Réussir » et « aujourd’hui » – Eric Orsenna et Bernard Pivot

Voici la conclusion d’une interview croisée d’Erik Orsenna et de Bernard Pivot en date du 2 mai 2013, dans un hebdomadaire dont il est globalement permis de se passer …

« Quel est votre mot préféré ?

Erik Orsenna : « Réussir », à cause de son étymologie. « Réussir » vient de l’italien uscire, « trouver la sortie ». On pense souvent qu’un homme qui a réussi, c’est quelqu’un qui est arrivé. Moi, je pense que celui qui a réussi, c’est celui qui n’est pas loin de la sortie.

Bernard Pivot : Le mot « aujourd’hui ». »

 

« Arriver », au sens habituel du terme, cela se passe dans la zone « je suis humain » du dessin de Douglas Harding. C’est là-bas, à un mètre environ, c’est-à-dire à bout de bras qu’il est possible d’arborer fièrement (ou stupidement si on est un publicitaire con-nu, c’est selon) une Rolex à son poignet. C’est un « succès » très relatif parmi d’autres, cela flatte la petite troisième personne, renforce souvent l’ego, durcit parfois le cœur, … Certains dans bon nombre de pays sont même persuadés encore de nos jours que c’est parce que « Dieu » les aime qu’ils ont les moyens de s’offrir ce bel outil … !

 

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« Réussir », au sens traditionnel mais surtout intemporel du terme, c’est parvenir, en inversant de 180° la direction de son regard, à rejoindre la zone « Je Suis » au Centre, à la Source, à zéro centimètre de moi-même. C’est, en réalité, la seule heureuse issue à cette vie humaine, limitée dans sa dimension humaine. Et là, dans cette Non-Chose où le temps n’est plus mesurable, plus besoin de quelque instrument de mesure du temps que ce soit ! Là, l’éternité est enfin retrouvée.

En tous les cas c’est ce que disent toutes les sagesses et spiritualités du monde depuis la nuit des temps. Que cette vérité soit presque complètement oubliée par le monde moderne prouve que nous vivons une époque d’effondrement de la connaissance véritable, une régression humaine sans précédent dans l’histoire des civilisations. Elle prouve que nous ne vivons plus réellement au sein d’une civilisation, quels que soient par ailleurs l’accumulation des progrès technologiques. Et qu’il est donc assez logique que nous soyons installés durablement dans une crise globale, même indépendamment de la raréfaction des ressources et du dérèglement climatique.

« Je Suis la porte  » [Ἐγώ εἰμι ἡ θύρα] que Jean met dans la bouche de Jésus en 10, 9 peut aussi se lire « La porte c’est Je Suis ». Le passage, l’échappatoire à la condition mortelle ne  se trouve que dans la réalisation du « Je Suis », du « Tu es Cela » des Upanishads, ou d’autres expressions traditionnelles strictement équivalentes.

Et, deuxième bonne nouvelle, il est désormais possible grâce à la Vision du Soi selon Douglas Harding, de ne pas reporter indéfiniment à demain l’expérience personnelle de ce déplacement, du seul voyage véritablement nécessaire. Cet éveil s’avère possible « aujourd’hui », dans un atelier.

Il ne vous reste plus qu’à venir vérifier.

Cordialement

 

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A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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