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Réflexion sur le fléau – Marie Balmary

Marie Balmary a publié un article intitulé « Réflexion sur le fléau » dans « La Croix » du mardi 28 avril 2020. Elle confesse d’emblée n’avoir « jamais eu autant de mal à écrire un article ». Ce qui n’est guère étonnant lorsque l’on se confronte à ces questions : « Dieu a-t-il quelque chose à voir avec le fléau de la pandémie ? Peut-on lui trouver un sens ? »

Un an et demi plus tard, j’ai moi aussi toujours bien du mal à proposer de beaucoup trop longs commentaires de cet article. L’intégralité du texte étant désormais aisément accessible en divers endroits du wouèbe, c’est ainsi que je vous le propose aussi.

Un texte de Marie Balmary n’est pas un twitt … il nécessite d’être lu et relu, médité. Mais si vous pratiquez un peu son œuvre, vous connaissez déjà son étonnante habileté à dénouer les énigmes les plus retorses, à établir des relations subtiles entre l’actualité et les textes « anthropogènes », à formuler des réponses ouvertes … souvent en forme de questions ! Bonne lecture (0).

&

« Je n’ai jamais eu autant de mal à écrire un article. La Croix me demande une méditation sur ce que nous vivons actuellement. Je venais de vivre un deuil et un incendie. Et puis sont arrivés pandémie mondiale et confinement. Pas étonnant que je me sois retrouvée devant la question du sens.

Y a-t-il un sens à découvrir ? Autour de moi, on me met en garde. Danger d’y voir une intervention punitive de Dieu dans l’histoire. Ce sont les hommes qui ont fait quelque part une grave erreur sur la vie¹. La science sait lire les causes. Pas besoin de chercher un sens …

Pas de chance pour moi, cela ne me suffit pas. Je ne peux pas ne pas entendre en moi la question impossible : Dieu est-il pour quoi que ce soit dans ce qui nous arrive à tous ? Des amis m’ont dit : attention, sur ce chemin les pièges sont partout. Dieu n’y est pour rien. Il nous laisse libres, responsables. Il n’intervient pas dans l’histoire. D’ailleurs, a-t-Il bougé lors de la Shoah² ? Je réponds : non, il n’intervient pas dans les violences entre humains : a-t-il sauvé Jésus de ses ennemis³ ? Dieu est hors de cause.

Mais quelque chose grince dans le cœur des croyants si nous affirmons l’absence de Dieu au monde. Puisque même chacun de nous, individuellement, a sans doute un jour espéré, prié peut-être, pour qu’Il intervienne dans son histoire personnelle, pour lui permettre d’échapper à un danger mortel, pour protéger ceux que nous aimons (4). Ne disons-nous pas, lorsqu’un malheur nous a épargnés : Dieu merci ? Et tant de psaumes L’appellent à notre secours (5).

Une guerre ? Il me semble que cela ne nous aide pas de choisir ce terme (6). Un « fléau » plutôt (7). Mot mystérieux qui, depuis l’Antiquité, suscite une enquête : pourquoi apparaît-il ici maintenant ?

Je file dans la Bible, la Genèse et l’Exode (8). On peut croire qu’il s’agit d’événements symboliques, voire mythiques mais non réels. Seulement si le déluge, Babel, la sortie d’Égypte sont des mythes, alors comment Dieu ne serait-il pas lui aussi mythique ?

Un fléau, c’est en général un phénomène qui vient de la nature. D’où qu’il implique le Créateur. J’entraîne le lecteur dans un essai de lecture. Vous allez trouver que j’exagère. D’accord. Exagérons ensemble et voyons ce que cela donne (9). Pour cela, il me faut revenir beaucoup en arrière.

Je vais reprendre trois interventions divines dans le récit biblique, mais d’abord entendre ce qui est dit dans le Nouveau Testament de Dieu. Pas d’intervention divine – parce que, comme il est écrit (Jean 5, 17), « le Père agit sans cesse ». Action permanente, donc (10).

Déluge, Babel et la sortie d’Égypte. Les raisons de ces trois « interventions divines » concernent d’abord la perte de l’égalité en dignité entre homme et femme : en Genèse 6, avant le Déluge, les hommes se croient fils des dieux tandis que les femmes ne seraient que des mortelles qu’ils prennent comme ils veulent. Et alors, « la route » qui menait l’humain mâle et femelle à l’image de Dieu est perdue. Les humains ne seront plus « divinisables » (11). D’où peut-être que Dieu regrette de les avoir faits. Sauf Noé et sa femme, ses fils et leur femme, et des animaux pour refonder la terre.

Babel (Genèse 11) : un rassemblement « mondial », totalitaire : « Toute la Terre… des paroles uniques. » Des slogans qui ne parlent que travail et technique pour se faire un nom unique, construire une ville et une tour dont la tête atteindra le ciel. Là encore la route de la relation entre humains et avec Dieu est perdue. Dieu les disperse sur la surface de la Terre, arrêtant leur asservissement à leur propre puissance (12). Il confond leur langue, ils ne se comprennent plus et arrêtent de construire.

Et puis l’Égypte (Exode) : Pharaon fait tuer tous les garçons. Il ne restera que des filles que les Égyptiens prendront comme ils veulent. Les hommes hébreux deviennent esclaves. Moïse demande à Pharaon de laisser partir son peuple trois jours au désert pour fêter YHWH. Faire un sabbat, un arrêt. Pharaon refuse. Il y aura alors les dix plaies d’Égypte. À la dixième plaie, le fléau a « réussi » : Pharaon laisse naître les Hébreux (13).

Lorsque j’ai vu écrit à Paris sur un grand magasin « Ouvert tous les dimanches », j’ai pensé : nous sommes donc en Égypte. Notre fléau à nous apparaît maintenant, alors que nous cumulons, en Occident du moins, les trois erreurs racontées dans la Genèse et l’Exode. Nous défaisons la différence homme/femme, donc la relation, nous construisons une mondialisation de plus en plus technique pour atteindre le ciel (l’homme augmenté, l’immortalité) et nous sommes à nous-mêmes nos propres pharaons, nous soumettant à toujours plus de travail – ou bien pas de travail pour ceux qui ne sont pas bons dans cette course-là. Nous n’avions aucun moyen d’arrêter cela. Or, tout s’est arrêté. (14)

Arriverons-nous, maintenant, à sortir de ce mode de vie, avec notre âme, et la nature – elles demandent que s’arrête le désordre mortel de la surconsommation mondiale. Allons-nous lire selon l’Écriture que lorsque l’humanité va « droit dans le mur », comme cela a été tellement dit, alors la nature, la Terre, la vie intervient ? Hasard ou alerte ? (15)

Dans l’Évangile de Matthieu (10, 30), je lis : « Et ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt celui qui peut perdre et l’âme et le corps dans la géhenne. Deux petits passereaux ne se vendent-ils pas pour un sou ? Et pas un d’eux ne tombera en terre sans votre Père. Et pour vous, les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés. » Passereau ou cheveu, pas un d’eux ne tombera sans votre Père. Curieuse formule. Ce n’est pas le Père qui fait tomber, Il est « avec ».

Il y a, dans ce passage de l’Évangile, une autre chose à laquelle je souscris totalement : la mort du corps n’est pas ce qui peut nous arriver de pire. D’ailleurs, n’est-ce pas notre route à tous ? Le danger, c’est la perdition de l’âme. Il ne faudrait pas que les pouvoirs publics nous asservissent maintenant à notre santé. (16)

Nous imaginons comme il va être difficile de changer nos priorités, de quitter des conforts qui nous infantilisent et des bonheurs catastrophiques. Difficile de trouver accès au désir le plus profond dont ce virus peut nous redonner le goût : la relation aux autres, la reconnaissance (y compris financière) de ceux qui servent la vie et pas le profit, qu’ils soient soignants, enseignants, entrepreneurs à tous échelons … Le désir d’être ensemble en paix dans une nature respectée et bénéfique. Ce désir profond auquel le fléau peut nous faire trouver l’accès. » (17)

Marie Balmary

 

Cordialement

 

0 – Ce deuxième lien renvoie vers une édition payante du journal La Croix. Mais ce texte se trouve désormais en divers endroits du wouèbe … A défaut d’acheter ce vieux n°, vous pouvez acheter les livres de Marie Balmary : tout est bon chez elle, y-a rien à jeter … !

En complément du lien vers l’œuvre de Marie Balmary, en voici un second vers ses Contributions, articles, conférences.

¹ – Ne comptons pas trop sur Marie Balmary pour tourner autour du pot :

« Ce sont les hommes qui ont fait quelque part une grave erreur sur la vie. »

Une « grave erreur » sans doute moins ponctuelle que structurelle : le « Divin Marché » néolibéral – l’outil créé par l’avidité humaine et à son service – ne serait-il pas de fait le véritable « fléau » majeur qui détruit et l’humanité de l’homme et la nature ? Une « fabrique des pandémies », mais aussi des guerres, des famines, de l’épuisement des ressources et de la biodiversité et, in fine, du dérèglement climatique …

La pandémie de Covid-19 serait alors un « fléau » en mode mineur, une « plaie » parmi d’autres, un avertissement pour ne pas persévérer dans cette totale erreur de cap, pour cesser de servir l’idole dévorante de la mondialisation financière & économique. Une crise sévère pour … « nous éviter le pire » :

« Du bon usage des crises. Ne soyons pas si mesquins, et disons du bon usages des crises, catastrophes, drames, naufrages divers. J’ai gagné la certitude, en cours de route, que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire. … »

Christiane Singer

Avec cette pandémie, il me semble que nous nous sommes  considérablement rapprochés de la conséquence de cette « civilisation du viol » dénoncée par Samivel dans un précédent billet : « Babel, ou l’inversion ».

« Alors, il faudra choisir : … retrouver l’humilité d’esprit … et aussi cette énergie inconnue dont l’un des noms est Amour. Ou bien poursuivre aveuglément une aventure babélienne et, un jour ou l’autre, un jour inéluctable, être enterré sous les décombres. »

Malheureusement, les divers modes de « gestion » de la pandémie jusqu’à ce jour laissent penser que l’avertissement n’a pas été suffisant, que la logique perverse qui a conduit à cette « grave erreur sur la vie » va encore perdurer quelque temps …

² – « Dieu … a-t-Il bougé lors de la Shoah ? »

  • Immense question … Je me contenterai de coller ci-dessous quelques éléments de réflexion, plus que de réponse …

« La scène se trouve dans le premier ouvrage publié par Elie Wiesel, « La Nuit », paru en 1958 aux éditions de Minuit. Prisonnier au camp de Monowitz-Buna, dépendant d’Auschwitz (Pologne), Eliezer (Elie Wiesel) assiste régulièrement, avec les autres détenus, à des exécutions. Les SS forcent les détenus à défiler devant les condamnés qui viennent d’être pendus et à les regarder. Un jour, parmi ces condamnés se trouve un garçon de 12 ans. Trop léger pour mourir sur le coup, il agonise plus d’une demi-heure au bout de la corde. « Et nous devions le regarder bien en face. Il était encore vivant lorsque je passais devant lui. Sa langue était encore rouge, ses yeux pas encore éteints. Derrière moi, j’entendis un détenu demander : “Où donc est Dieu ?” Et je sentais en moi une voix qui lui répondait :

“Où il est ? – Le voici : il est pendu ici, à cette potence…”« 

Dans un texte célèbre de son journal, Etty Hillesum, qui mourra à Auschwitz, s’adresse à Lui en ces termes :

« Oui, mon Dieu, tu sembles assez peu capable de modifier une situation finalement indissociable de cette vie. Je ne t’en demande pas compte, c’est à toi au contraire de nous appeler à rendre des comptes, un jour. Il m’apparaît de plus en plus clairement à chaque pulsation de mon cœur que tu ne peux pas nous aider, mais que c’est à nous de t’aider et de défendre jusqu’au bout la demeure qui t’abrite en nous … »

Dimanche 12 juillet 1942

Emil Fackenheim a développé l’idée selon laquelle l’existence d’Auschwitz renouvelle les prescriptions de la tradition juive. Ce qu’il appelle « la voix d’Auschwitz » dit en effet ceci :

« Il est interdit aux Juifs de donner à Hitler des victoires posthumes. Il leur est prescrit de survivre comme juifs, de peur que périsse le peuple juif. (…) Il leur est interdit de désespérer de l’homme et de son monde et de s’évader dans le cynisme ou dans le détachement, de peur de contribuer à livrer le monde aux forces d’Auschwitz. Enfin, il leur est interdit de désespérer du Dieu d’Israël, de peur que périsse le judaïsme. »

Cette prescription, c’est ce que Fackenheim appelle le 614e commandement, qui s’ajoute aux 613 autres (les mitsvot) théoriquement observés par les juifs du monde entier. Il s’agit là d’un nouvel impératif qui oblige à envisager autrement la question de Dieu après Auschwitz.

Je maintiens les trois extraits ci-dessus, mais je je viens d’entendre un « witz » encore beaucoup plus explicite, raconté par Delphine Horvilleur dans une émission d’Arte consacrée à l’humour juif :

« Deux survivants d’Auschwitz sont en train de faire de l’humour noir sur la déportation. Et Dieu qui passe par là leur dit : “mais enfin comment osez-vous plaisanter sur ce sujet ?” Et les d’eux répondent : “toi tu ne peux pas comprendre, tu n’étais pas là” … »

  • Autre immense question, encore beaucoup trop refoulée à mon humble avis : est-ce que les « forces d’Auschwitz » ne continueraient pas à tirer les ficelles des nombreuses marionnettes idolâtres du « divin marché » qui sévissent aujourd’hui en toute impunité … ?

³ – « Dieu » – ou quel que soit le nom qui vous agrée, voire une mystérieuse absence de nom – a été, depuis déjà bien longtemps, soit reconnu, soit introduit (c’est selon !) comme une structure symbolique du monde des humains et, globalement, maintenu dans leurs sociétés et réflexions depuis. Et, quelle que soit notre foi, notre absence de foi, voire notre mauvaise foi, il semble assez difficile de contester que le dérapage majeur qui aboutit à l’actuelle pandémie s’origine dans l’affaiblissement continu de cette structure … depuis les Lumières. Voire bien plus tôt pour certains : cf. « Corps Âme Esprit » de Michel Fromaget.

Pour faire court, jeter le bébé de la spiritualité avec l’eau – parfois bien sale, certes – des religions, n’aura pas constitué le « progrès » escompté. Ce « progrès » dénué de la dimension de l’Esprit, ce projet fondé sur une anthropologie incomplète – rien que le corps & mental, donc fausse, confirme à 100 % le célèbre aphorisme d’Emil Cioran :

« Le progrès est un élan vers le pire. »

Dans le mythe chrétien, « Dieu » assiste à la mort & résurrection de Jésus (la « contenant » en quelque sorte …) qui ne font sens que dans le cadre d’une anthropologie tripartite « Corps & Âme – Esprit ».

Dans le cadre de la Vision du Soi selon Douglas Harding, mourir à la dimension périphérique exclusive « je suis humain » du dessin ci-dessous permet de ressusciter en tant que « Je Suis » central, en tant que « Je Suis rien & tout »

Mort (au réductionnisme corps & âme) & résurrection (à la plénitude Corps & Âme – Esprit) : ne serait-ce pas là la seule bonne façon de sortir de la toute-puissante idolâtrie de marché, cette folle structure « mère » de toutes les catastrophes présentes et à venir ? Ne serait-ce pas là « Le seul espoir » ?

« Dieu est hors de cause » : comment ce « contenant » ultime pourrait-il être cause ou conséquence de quoi que ce soit … ?

4 – « Affirmer l’absence de Dieu au monde », relève en quelque sorte toujours du croire … Mais je ne sais trop quoi penser de « Dieu » … Comme indiqué dans le premier hyperlien de la note n° 3, c’est une « métaphore » des plus utiles pour nous conduire plus loin & plus profond, plus « grand », plus vaste, plus spacieux … jusqu’à « l’immensité intérieure » que nous sommes, tous. Ce n’est pas une « métaphore » si inefficace qu’on le dit généralement, mais une « image » et un encouragement à travailler à la « ressemblance ». Un peu comme le 12° (ou 18°) chameau de Mullah Nasruddin, « Dieu » est un moyen des plus habiles pour nous permettre de devenir enfin pleinement humains. Tant que nous n’aurons pas consciemment intégré le fait que :

« L’accès à l’humanité n’est pas héréditaire. Seule l’aptitude à l’humanité l’est. »

Marie Balmary

« La divine origine, Dieu n’a pas créé l’homme »

Chapitre 5 – début du 2° paragraphe – Éditions Grasset 1993 et Livre de Poche Biblio Essais

… nous continuerons de nous comporter comme « des singes en colère qui font pleurer les anges ». Ce dont les actualités du monde ne cessent de rendre compte …

Ne serait-ce pas cela le plus grand « danger mortel », le non-« accès à l’humanité » ? Ce que Maurice Bellet résume ainsi :

« Le virus, c’est l’obscur désir qui jette les humains dans la destruction de leur humanité. »

S’il existe le moindre moyen d’échapper à ce désastre, ce serait quand-même dommage de s’en passer, non ?

5 – Georg Lichtenberg a même écrit : « Je suis athée, Dieu merci ! ».

« Les Psaumes » traduits par André Chouraqui : ici ou .

6 – « Une guerre ? » Marie Balmary fait référence à la déclaration « Nous sommes en guerre », qu’Emmanuel Macron a martelée six fois pour sonner la « mobilisation générale » contre un « ennemi (…) invisible, insaisissable ». « Jamais la France n’avait dû prendre de telles décisions en temps de paix », a-t-il aussi déclaré. (Adresse aux Français, 16 mars 2020)

Pourquoi a-t-il utilisé ce mot ? Serait-ce – inconsciemment – pour mieux établir le lien avec une possible origine de ce virus :

  • des recherches virologiques militaires – l’indécent « gain de fonction » – qui auraient mal tournées dans ce désormais fameux laboratoire P4 de Wuhan ?
  • les Jeux mondiaux militaires d’été (JMME), qui se sont tenus à Wuhan en octobre 2019 ? (281 athlètes français, 415 personnes en tout dans la délégation française, 9 308 sportifs venant de 110 pays. La « grande muette » nie bien évidemment toute relation …).
  • la très grande légèreté (avouée in fine par Florence Parly devant une commission du Sénat) du confinement de certains personnels de la base aérienne de Creil, suite à leur mission de rapatriement de français depuis Wuhan fin janvier 2020 ?
  • un autre truc bien tordu dont seuls les militaires ont le secret … ? (Cf. un échantillon dans « The big picture »)

Ou – très consciemment – pour :

  • se donner la possibilité – aussi légale qu’antidémocratique – de classifier secret-défense toutes les décisions concernant la pandémie ? Le coup du « responsable mais pas coupable » étant sans doute difficile à réutiliser plusieurs fois …
  • activer le puissant levier de la peur afin de conserver le pouvoir pour un second quinquennat, en bon disciple de Machiavel qu’il est ?

Nous aurions grand intérêt à ce que notre président relise & intègre cette pensée d’Albert Camus :

« Mal nommer un objet c’est ajouter au malheur de ce monde. Et justement la grande misère humaine qui a longtemps pour­suivi Parain et qui lui a inspiré des accents si émouvants, c’est le mensonge. Sans savoir ou sans dire encore comment cela est possible, il sait que la grande tâche de l’homme est de ne pas servir le mensonge. »

« Sur une philosophie de l’expression »

Mais depuis « L’avertissement du Président », nous savons qu’Emmanuel Macron est un serviteur du mensonge qui « ne souffre pas d’opposition »

7 -Quand je lis le mot « fléau », je visualise d’abord deux objets, deux objets doubles : le fléau agricole utilisé pour le battage des céréales. Et le fléau d’armes, très directement inspiré de l’instrument agraire. (Un nunchaku étant sans doute l’objet qui relie au mieux les deux fonctions.) Certaines  images associées à la Covid-19, un virion central sphérique hérissé des protubérances de la désormais célèbre protéine Spike, peuvent d’ailleurs évoquer l’extrémité d’une masse d’armes médiévale :

Mais ce mot « fléau » peut aussi concerner un instrument de mesure universellement utilisé dans le monde antique, une balance de type romaine, destinée à mesurer un poids en le comparant à une masse : tous deux posés dans des plateaux reliés par une tige appelée « fléau ». Un instrument fréquemment utilisé comme allégorie de la Justice, puisque la balance fait référence à l’idée d’équilibre et de mesure : cf. la balance de Thémis.

« Fléau » me semble ainsi renvoyer très directement aux « jugements » annoncés par l’Éternel en Exode 7, 4 :

« … et je ferai sortir du pays d’Égypte mes armées, mon peuple, les enfants d’Israël, par de grands jugements. »

Lorsque les « jugements » quant aux immenses déséquilibres en cours causés par l’Hubris humaine ne sont pas entendus – alors que des scientifiques nous mettent en garde depuis plus de cinquante ans – vient logiquement le temps du « glaive » de Némésis … Rien n’a vraiment changé depuis l’Exode : nos « Pharaons » modernes ont toujours le cœur aussi endurci et sont incapables d’écoute.

Espérons que la succession de « plaies » ne culminera pas dans des atteintes graves des enfants, à l’heure où certains pays commencent à les « vacciner » à partir de l’âge de cinq ans … et où la France y « réfléchit » pour début 2022.

8 – « La Genèse c’est le camp de base » de Marie Balmary. Tous ses lecteurs reconnaissent d’ailleurs que ça lui réussit plutôt bien de « camper » là : ils peuvent ainsi bénéficier de ses nombreuses découvertes & ouvertures dans tout le champ de « l’un et l’autre testament » et dans celui de la relation.

9 – « Exagérer » & « Exagérer ensemble » : une des caractéristiques de la « méthode » de Marie Balmary. Nul doute que ses lecteurs seront d’accord avec moi pour en apprécier le fructueux résultat … à condition d’oser exagérer avec elle ! Son audace paye ! Essayez vous aussi de la lire (et de la relire …) avec audace, vérifiez la pertinence de sa recherche. Vous ne serez pas déçu.

La Vision du Soi vous permet même de pousser l’audace un cran plus loin : Voir, puis vérifier si « les experts ont bien pigé le truc » !

10 – « Le Père agit sans cesse » … La proposition de traduction de Marie Balmary invite à un petit détour via ce magnifique comparateur de traductions des 4 évangiles, … qui ne nous aide guère :

[ο δε ιησους απεκρινατο αυτοις ο πατηρ μου εως αρτι εργαζεται καγω εργαζομαι]

« Mais Iéshoua‘ leur répond : « Mon père jusqu’à maintenant travaille, et moi je travaille. » » – André Chouraqui

« Mon Père jusqu’à présent œuvre et moi aussi, j’œuvre. » – Sœur Jeanne d’Arc

«Mon Père est continuellement à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre.» – Bible en français courant

« Mon Père, jusqu’à maintenant, est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre. » – Bible Liturgie catholique

Le recours aux strongs grecs de Jean 5, 17 non plus.

Ce sont sans doute les mode et temps de ἐργάζομαι qui inclinent vers ce « Père qui ne cesse d’agir ».

11 – Que les humains soient ou non « divinisables », c’est là la grande affaire, la seule question pour une vie réussie, digne d’un être humain. C’est du moins ce que nous racontent depuis toujours les textes de toutes les sagesses & spiritualités du monde ; cf. des anthologies comme « La Philosophie Éternelle » d’Aldous Huxley, ou autres. C’est aussi ce que vivent les « happy few » qui ont eu la chance de rencontrer un passeur de cette expérience d’éveil. Mais, en général, la chance a d’une part été nourrie par un désir profond & sincère, une recherche souvent laborieuse ; et, d’autre part, l’éveil n’est qu’un point de départ, comme l’explique si bien Alain Bayod dans la 4° de ses « dix croyances du chercheur spirituel » :

« Le but du Chemin spirituel n’est pas de découvrir le soi, c’est de vivre à partir du Soi.

Découvrir le Soi, c’est commencer le Chemin ! Ce n’est pas du tout la même chose ! »

Intégrer l’éveil va donc nécessiter ensuite une « discipline assidue ».

Pour résumer brièvement : l’éveil c’est prendre conscience que nous sommes faits « à l’image de dieu », étape cruciale et indispensable pour ensuite pouvoir nous-même réaliser, concrétiser cette « ressemblance », essentiellement par & pour nos relations, envers nous-même, les autres, tout l’univers.

Quelques compléments à lire dans ce billet relatant une conférence de Marie Balmary : « Nous sommes « en l’image », à nous de faire la ressemblance. »

Cette note concernant l’ensemble du paragraphe, il me faut bien évoquer aussi « la perte de l’égalité en dignité entre homme et femme ». Merci à Marie Balmary de nous signifier à quel point cette égalité est fondamentale dès le commencement biblique de l’histoire humaine. Ce n’est pas une histoire des déficiences et excès d’un patriarcat qui devraient peu à peu disparaître ou s’amender au fil des millénaires, non. Absence d’égalité ? Alors rien n’est vraiment possible, autant tout effacer, Déluge ! Quelle misère de constater que nous avons encore si peu compris cette évidence, si peu progressé. Quel désastre que le pitoyable spectacle de tous ces fondamentalistes qui brandissent et rabâchent des textes qu’ils feraient mieux de lire plus soigneusement. « Assez » !

12 – Pour prolonger la réflexion de Samivel dans la note n° 1 à propos de la « civilisation du viol » (Rappel : « Babel, ou l’inversion »), ne serait-il pas possible de considérer la pandémie de Covid-19 comme la dernière conséquence en date de cette « aventure babélienne » ? En attendant pire … ? Ou mieux, en étant « optimiste » !

Avec une vaccination quasi obligatoire pour avant tout permettre le retour à l’anormal : la poursuite d’une croissance « mondiale, unique & totalitaire », parfois aux relents transhumanistes, ne sommes-nous pas toujours bloqués à Babel ? (Où apparaît d’ailleurs le bitume, alors utilisé comme liant !) Heureusement, il semblerait que notre « asservissement à notre propre puissance » touche à sa fin. Que la pandémie, l’épuisement des ressources et le dérèglement climatique soient remerciés … de contester aussi sérieusement notre « société lézardée ».

13 – Cette pandémie aurait pu elle aussi être l’occasion de « faire un sabbat, un arrêt », et de réfléchir sérieusement & collectivement aux modalités pour stopper « la fabrique des pandémies » (Cf. lien note n° 1) … Mais, comme en Égypte, en Exode, il est encore et toujours  question de pouvoir : des « pharaons » de tous ordres (mondial, national, local, …) s’obstinent à nous imposer leur logique de croissance mortifère, la loi du PIB, et « l’élan vers le pire » se poursuit …

« L’An 01 » de Gébé a parfois été évoqué, sans grande conviction : « On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste » !

Réfléchir notamment aux correctifs à apporter aux trois « causes évidentes » de cette pandémie d’après Bruno David, président du Muséum d’histoire naturelle (fin de l’émission, vers la 10° minute) et auteur de « À l’aube de la 6e extinction », Grasset, 2021 :

  • surpopulation humaine : il est d’ailleurs consternant de constater que l’Égypte reste le pays d’une « contre-transition démographique » catastrophique, où les pauvres semblent avoir remplacé les hébreux …
  • excès de voyages lointains : la mode du circuit court ne devrait pas concerner que l’alimentation et diverses productions. Relocaliser le tourisme devient désormais un impératif.
  • élevage démesurément intensif

Aucune mesure adaptée & intelligente n’ayant encore été prise dans ces trois domaines, de nouvelles « plaies d’Égypte » devraient continuer de survenir …

14 – Quelle plus belle réponse apporter à ceux qui se demandent à quoi bon lire encore ces vieilleries de Genèse et d’Exode, ou pire, les recherches d’une « psyahanalyste » freudienne (en plus !) à propos de « l’un et l’autre testament », que cette seule courte phrase :

« Notre fléau à nous apparaît maintenant, alors que nous cumulons, en Occident du moins, les trois erreurs racontées dans la Genèse et l’Exode. »

Notre trajectoire collective – en Occident mais désormais aussi dans une très large partie du monde – depuis les Lumières et la révolution industrielle résulte d’une considérable erreur de cap … dénoncée quasiment « au commencement ». Cap que nous maintenons pourtant fermement, « quoi qu’il en coûte », contre toutes les évidences, tant de la pandémie que du dérèglement climatique, mais surtout des immenses insatisfactions et inégalités générées … grosses de violence.

« Perseverare diabolicum » … Cette trajectoire collective étant une impasse tragique, nous devrions considérer le fléau de la pandémie, et tous ceux qui, malheureusement, s’ensuivront, comme autant d’aides à la prise de conscience de l’erreur et à sa correction.

« Nous n’avions aucun moyen d’arrêter cela. Or, tout s’est arrêté. »

Certes, mais l’imposition forcenée de cette stratégie vaccinale exclusive n’est-il pas la meilleure preuve que nous sommes toujours à Babel et en Égypte ? N’est-il pas l’expression d’une toute-puissance politico-sanitaire au service d’un conglomérat technoscientifique & financier qui se contrefiche des fondements de la démocratie et de la République, des fondamentaux de la vie ? Quid des risques de carcinogénicité, de génotoxicité, de tératogénicité qui ne semblent pas avoir été très sérieusement évalués ? Avec, globalement, une majorité de la population plutôt satisfaite ou au mieux indifférente, ce qui en dit long sur son degré de peur, d’ignorance tant métaphysique que scientifique, de résignation …

« La figure la plus terrifiante et la plus repoussante de notre temps, c’est la conjonction de l’immaturité psychique la plus complète avec les moyens d’action les plus sophistiqués. »

Olivier Rey

15 – Nous pouvons compter sur Marie Balmary pour nommer exactement la situation : « le désordre mortel de la surconsommation mondiale ». S’il y a eu un frémissement d’espoir d’un « monde d’après », il semble déjà bien loin. Ce qui importe à nouveau c’est le retour d’une croissance freinée & dopée par ces quelques mois de ralentissement forcé. Pas grand chose d’autre à espérer des dirigeants, cette « caste d’anormaux », que « business as usual ». Alors qu’il serait bien plus sage de suivre le judicieux conseil d’un Taïkan Jyoji :

« Relancer l’économie peut être aussi interprété comme faire l’économie d’objets inutiles ! »

Ou d’un Coluche :

« Quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent d’acheter pour que ça ne se vende plus ! »

Je suis certain que ce qui peut nous aider à « sortir de ce mode de vie », c’est le recours à l’Esprit – ou quelque autre mot qui vous convient. Le recours à cette dimension intérieure – le « Je Suis » central du dessin de la note n° 3 – constitue le seul accès à cette « joie sans objet » qui peut nous guérir de la compensation & consommation. C’est « le seul espoir », et je conserve aussi la faiblesse de penser que la Vision du Soi selon Douglas Harding en est « l’entrée principale ». Essayez, vérifiez !

16 – Voilà ce que nous propose le comparateur des 4 Évangiles :

« Ne frémissez pas des tueurs du corps qui ne peuvent tuer l’être, mais frémissez de qui peut perdre et corps et être dans la Géhenne. » (André Chouraqui)

« Ne craignez pas les tueurs du corps : l’âme, ils ne peuvent la tuer. Craignez plutôt qui peut et âme et corps perdre dans la géhenne ! » (Sœur Jeanne d’Arc)

[και μη φοβεισθε απο των αποκτενοντων το σωμα την δε ψυχην μη δυναμενων αποκτειναι φοβηθητε δε μαλλον τον δυναμενον και ψυχην και σωμα απολεσαι εν γεεννη]

Évangile de Matthieu 10, 28

Comment le « Père », « contenant ultime », pourrait il ne pas « être avec » ? Il ne le peut pas même s’Il le voulait, il n’en n’a pas la capacité … puisqu’il est Lui-même capacité d’accueil illimitée & inconditionnel. La « capacity » chantée par Thomas Traherne :

« Pas de bord, ni en haut ni sur les côtés, à ce que je vois de mon être. Mon essence est Capacité.« 

« … My essence was capacity,  That felt all things ; … »

Il y aurait bien des lignes à écrire à propos de « la mort du corps » et de « la perdition de l’âme » … tout un dialogue à inventer entre Marie Balmary, Michel Fromaget, Douglas Harding … Mais comme ce billet est déjà dix fois trop long, je me contenterais de retenir cette menace terrible, en train de se mettre en place – lentement mais sûrement – dans tous les pays dits civilisés :

« Il ne faudrait pas que les pouvoirs publics nous asservissent maintenant à notre santé. »

Nous y sommes : « Du pain, des jeux », … de prétendus « vaccins » ! »

17 – « Nous imaginons comme il va être difficile de changer nos priorités, de quitter des conforts qui nous infantilisent et des bonheurs catastrophiques. » Pour l’instant cette réorientation des désirs n’est absolument pas à l’agenda politique & économique :

  • le rouleau compresseur du tout vaccinal semble au contraire surtout destiné à conforter, « quoi qu’il en coûte », des « conforts infantilisants » qui, souvent, amoindrissent l’immunité naturelle de chacun …
  • tout est décidé par un tout-puissant Emmanuel Ma€ron qui ignore & méprise « la relation aux autres, la reconnaissance … de ceux qui servent la vie et pas le profit … », et classifie secret-défense les délibérations du Conseil Sanitaire … Dans sa déclaration du 22/11/21 à Amiens, il demande « … de ne rien céder au mensonge, au détournement de l’information et la manipulation par certaines et certains de cette situation (à propos des désordres en Guadeloupe) » et conclut : « On ne joue pas avec la santé. Et on ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques. » … Bref, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je ne cesse de faire depuis … bientôt deux ans !
  • ces si fragiles et dérisoires « bonheurs catastrophiques » que l’on cherche à préserver (Black friday, fêtes de fin d’année, loisirs d’hiver, etc …) semblent pourtant constituer autant d’obstacles au « désir d’être ensemble en paix dans une nature respectée et bénéfique. »

Bref, il faut nous vraisemblablement nous attendre à d’autres « plaies » pour « nous en faire trouver l’accès ». Mais cet « accès » n’est aucunement garanti : la toute-puissante Nature déstabilisée par l’avidité & agitation humaine ne négociera pas … Et aucun « dieu » ne pourvoira à quoi que ce soit.

 

Par Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 62 ans, marié, deux fils.
La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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