Préface à « Ce que je suis, les autres ne le voient pas »- Alain Bayod

Voici la préface au livre de Philippe Fabri écrite par Alain Bayod, un ami.

« Nous avons rencontré Douglas Harding le même jour, Philippe Fabri et moi-même, en novembre 1993, au lieu-dit « Ardenne » en Charente-Maritime. À bien des égards cette rencontre a changé ma vie. Si ce livre a vu le jour, c’est qu’il en a été de même pour son auteur. Il y a eu réellement un avant et un après. Le choc, en ce qui me concerne, s’est produit dans un sac en papier (l’expérience du Tube, voir pages 78-87 de ce livre.)

« In the present evidence, how many faces do you see in the tube ? »

« Sur l’évidence de l’instant présent combien de visages voyez-vous dans le tube ? »

tube

Je n’en vis qu’un, celui de ma partenaire là-bas à l’autre extrémité du tube. De « mon » côté, rien, l’ouverture, l’immensité intérieure* que je cherchais depuis si longtemps.

«Je t’ai cherchée au-dehors, beauté si ancienne et si neuve, je t’ai cherchée au-dehors, et tu m’attendais au-dedans»,

disait Saint Augustin. Le retournement s’était produit.

D’un point de vue strictement technique, il s’agit d’un éveil. L’éveil à notre véritable nature, la prise de conscience de Ce que nous sommes réellement, la découverte de notre vrai visage, notre visage Originel, celui d’avant que nos parents se rencontrent, comme disent les maîtres Zen, notre « visage d’éternité » selon Rûmî.

Mais soyons clair, l’éveil évoqué dans ce souvenir et proposé dans ce livre n’a rien de définitif ou de stable. C’est une découverte, une introduction à la « Nature de l’Esprit » selon l’expression tibétaine, un commencement, une initiation. Mais cette découverte est essentielle. La libération, la délivrance, la guérison, la dés-identification définitive, irréversible par rapport au moi, c’est bien « autre chose ». Et entre la découverte et l’établissement se situe la Voie, le Chemin, la pratique.

Vous l’avez sans doute déjà compris, le livre que vous avez entre les mains est dangereux, extrêmement dangereux pour vos croyances, vos idées reçues, vos concepts à propos de vous-même. Ce livre est subversif et c’est ce qui fait son intérêt et sa beauté.

Philippe Fabri nous propose un mode d’emploi méthodique de quasiment tous les exercices/expériences que Douglas Harding a partagés inlassablement aux quatre coins de la planète pendant plus de quarante ans. Il existe bien sûr d’autres livres sur le sujet, mais la présentation de « Ce que je suis, les autres ne le voient pas » me séduit par sa rigueur, sa sobriété et sa richesse en photos et en croquis simples et éclairants.

Les exercices de Douglas ont deux caractéristiques – certains diraient peut-être deux défauts – irréductibles et quelque peu effrayants pour l’ego. Ils sont simples et prodigieusement efficaces. La présentation de Philippe accentue ces caractéristiques.

Simplicité, le grand mot est lâché.

« Heureux les simples d’esprit car ils verront Dieu »

nous dit Jésus ! L’accès à notre véritable nature n’est possible que par la curiosité et l’innocence.

« Si vous ne redevenez pareils à des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume. »

C’est la nécessité de l’esprit neuf, l’esprit du débutant si cher au Zen.

Cette simplicité nous est difficile. Nous sommes conditionnés à vouloir comprendre. Or il s’agit simplement de VOIR, de manière évidente et absolument enfantine. De voir, sans intermédiaire, sans concept. »

Alain Bayod
Alain Bayod

Alain Bayod

 

 

 

 

 

Cordialement

 

NB : sur la page web de l’éditeur, les commentaires de Terre du Ciel et de Psychologies Magazine relatifs à cet ouvrage majeur sont … désolants, pour ne pas dire nuls. Leurs rédacteurs n’ont pas du oser engager leur tête dans un tube en papier … !

Et vous, est-ce que vous en aurez l’audace ?

 

by-nc-sa

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

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