J’aime l’Evangile de Thomas parce qu’il est direct

St Thomas
Icône de St-Thomas

Le Thomas dont il est question, c’est bien entendu Didyme Jude Thomas, le « transcripteur des paroles du Secret », celui qu’on associe à l’Évangile du même nom.

Je lis, pratique et aime cette parole depuis fort longtemps, et je propose désormais deux jours pour la vivre grâce aux outils de la Vision du Soi selon Douglas Harding.

Cet intérêt n’est pas lié au fait que Thomas est le saint patron des architectes, profession principale de Douglas Harding et qui lui a inspiré, outre de nombreuses expériences, un véritable talent pour le « spirit mapping »¹. Pas plus qu’au phénomène de mode qui fait de Thomas un  représentant malgré lui d’un christianisme contestataire avant l’heure.

 

J’aime cet évangile parce qu’il va droit au Centre et parle sans détour :

« Jésus disait : Quand “cela” sera engendré en vous, cela vous sauvera. Si vous n’avez pas “cela”, l’absence de “cela” vous tuera. »

Évangile de Thomas, logion 70

Cette traduction ramassée de Jean-Yves Leloup « cogne » très fort sur nos « âmes » craintives. Les voici immédiatement acculées dans une perspective de Vie ou de mort, dont la clé est exclusivement « cela » – qu’il serait sans doute opportun de faire commencer par une majuscule : « Cela »².

Je vous propose d’améliorer cette version³ ; voici ce que je propose et pourquoi  :

La Vie, c’est seulement voir parfaitement que vous êtes Cela.

  • Il me semble difficile d’utiliser un « quand », un « si » et un autre temps que le présent de l’indicatif pour évoquer « Cela », « Cela » qui EST, de toute éternité.
  • Ce qui peut naître, c’est la conscience de « Cela » chez une personne donnée, très souvent malgré elle, en dépit de ses résistances et de tous les moyens habiles (upayas) que l’ingéniosité humaine tient à sa disposition.
  • Plus exactement, c’est « Cela » qui s’éveille à « Cela » à travers telle personne, c’est « Cela » qui Seul voit
  • La métamorphose (transfiguration) qui en découle s’avère considérable, mais il ne s’agit en réalité « que » de Vivre en plénitude notre dignité d’êtres humains, « que » d’un retour à notre Vraie Nature.
  • « Le sage a pour corps l’univers entier » disent, joliment et précisément, les Upanishads.

La mort, c’est ne pas voir parfaitement que vous êtes Cela.

  • Il me semble impossible d’ « avoir cela ». A la rigueur « avoir conscience de cela ». Mais le processus – mystérieux – me semble aller encore beaucoup plus loin : pour paraphraser St-Paul (Galates 2, 20), ce n’est plus moi qui vis, c’est Cela qui Vit en moi.
  • Tout comme il me semble difficile d’imaginer « l’absence de cela ». Cela EST, de toute éternité. Sans cela, pas de conscience. Sans Cela, rien.
  • Enfin, le risque de mort ne me semble pas devoir être envisagé au futur, laissant supputer une possible négociation, un marchandage quelconque pour l’éviter. Non, la situation est nettement plus simple et tranchée : Je Suis Cela, ou je suis d’ores et déjà mort.

 

Cordialement

 

¹ – Le « mind mapping », ou carte heuristique, est désormais assez connu, bien qu’encore trop peu utilisé. Douglas en a été en quelque sorte un précurseur dans le domaine essentiel de l’Esprit.

Un site remarquable : petillant.com

² – Existe-t-il un risque de syncrétisme avec le célèbre « Tu es Cela » de la Chandogya Upanishad ? Pas si l’on considère qu’il est question ici du fond du fond du Réel, de la « Déité » – Gottheit – de Maître Eckhart, du « Sans fond » – Ungrund – de Jacob Böhme, de Cela sur quoi il n’est possible que de poser un mot incomplet, provisoire, un simple panneau indicateur … C’est aussi un bon moyen de se se rappeler que Thomas a également été l’apôtre des Indes.

³ – Améliorer une traduction de Jean-Yves Leloup … non mais quel culot ! J’ai déjà écrit ici à quel point j’ai bénéficié de sa présence et de son enseignement. Je suis pour ma part certain qu’il apprécierait de m’avoir transmis et son amour pour l’évangile de Thomas, et sa démarche de traduction perpétuelle, d’une version en une meilleure et d’un texte en vie.

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils.
La lecture de « La philosophie éternelle » d’Aldous Huxley m’oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi.
Mon parcours intérieur emprunte d’abord la voie du yoga, puis celle de l’enseignement d’Arnaud Desjardins.
La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d’accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.

Cette entrée a été publiée dans 6 - Lectures essentielles, Evangile de Thomas and taguée , , , , , , , , . Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *