Portraits du film « Human » de Yann Arthus Bertrand

Éprouvant quelques difficultés avec les productions audiovisuelles des « hélicologistes » – ainsi que les désigne sans ménagement la revue « La Décroissance » – je ne m’étais pas précipité pour voir « Human », ce film du talentueux mais parfois controversé Yann Arthus-Bertrand.

J’ai eu l’occasion d’en visionner récemment une bonne partie en très grand format … dans le cadre d’une formation de Zhi Nen Qi Gong, plus précisément lors de la belle (et longue … !) expérience appelée « fusion des trois centres ». Un bel exemple de pédagogie sachant joindre l’utile à l’agréable ! Essayez, vérifiez !

Je voudrais ici me consacrer à un aspect plus spécifique de l’expérience que ce film permet de faire, dans une posture spécifique – de qi gong ou autre discipline pourquoi pas – ou tout simplement bien assis devant un écran.

C’est très simple :

  • commençons, en inversant la direction de notre « regard » – plus exactement de notre attention – pour établir de manière sûre et certaine notre absence de tête en-dessous de la ligne de base qui va de notre épaule gauche à notre épaule droite, cette frontière qui sépare & unit le monde (tout ce qui se trouve au-dessus de la ligne « bout du monde » de la partie droite du dessin ci-dessous) et sa Source (ce ? ce … mystère, en-dessous des pointillés).

  • voilà. Nous voyons clairement que ce Centre, Ici, n’est rien d’autre qu’un espace d’accueil illimité et inconditionnel, un vide central pour accueillir toutes les formes périphériques, une transparence centrale pour accueillir toutes les couleurs périphériques, un silence central pour accueillir tous les sons périphériques, une immobilité centrale pour accueillir tous les mouvements périphériques … un « Rien » (« Non-chose », « No-thing ») central pour accueillir « Tout » en périphérie.                                                                                                                         Nous sommes construits ainsi, que nous l’acceptions ou pas, que nous en soyons conscients ou pas … Sans aucune confusion entre le Centre et la périphérie, entre le Spectateur et le spectacle & Sans la moindre dualité entre le Centre et la périphérie, entre le Spectateur et le spectacle. Et un deuxième petit dessin valant mieux qu’un long discours, voici comment Douglas Harding se dessinait – à gauche – et comment chacun de nous peut dessiner ce qu’il voit de lui-même … Essayez, vérifiez, dessinez !

 

 

 

 

 

 

  •  et, une fois debout ou assis dans la « posture sans tête » ci-dessus, regardons le film en maintenant cette attention à double sens :

  • chaque visage de cette magnifique collection nous offre l’occasion de faire l’expérience du « face to no-face », de voir clairement – parfaitement – l’asymétrie absolue entre le visage de cet inconnu là-bas en périphérie et l’absence de tête – et donc de visage – ici au Centre. Chaque nouvelle rencontre permet de Voir, et peu à peu d’ancrer solidement dans le quotidien, toutes sortes d’asymétries :

 

  • les femmes et hommes là-bas sur l’écran sont perçus à partir de & par un espace central en-deçà de la différenciation sexuée

  • les individus d’âges très divers là-bas sur l’écran sont perçus à partir de & par un espace central en-deçà du temps, un espace qui contient le temps

  • l’infinité de détails morphologiques de chaque visage est perçus à partir de & par un espace central vide, antérieur à toute forme spécifique

  • les couleurs de peaux & vêtements & bijoux des individus qui se succèdent là-bas sur l’écran sont perçues à partir de & par un espace central transparent

  • les dispositions émotionnelles & mentales des individus qui se succèdent là-bas sur l’écran – ouverture/fermeture, confiance/défiance, joie/inquiétude, … – sont perçues à partir de & par un espace central neutre, en-deçà des émotions & pensées

  • les mouvements – des yeux, des sourcils, des lèvres, de la tête, du corps, … – des individus qui se succèdent là-bas sur l’écran, comme ceux des familles, groupes ou foules immenses, sont perçus à partir de & par un espace central immobile, immuable

  • les soldats en grand uniforme qui paradent l’arme à l’épaule là-bas sur l’écran sont perçus à partir de & par un espace central de paix, être-conscience-béatitude (sat-chit-ananda)

  • etc …

     

Chaque nouvelle rencontre permet de voir un peu plus clairement que si là-bas en périphérie j’ai l’apparence de la personne filmée en gros plan, Ici au Centre Je Suis sa Réalité. Je Suis tout comme elle espace d’accueil illimité et inconditionnel. Cet espace conscient est même la seule expérience que nous puissions réellement, complètement, parfaitement partager.

Visionner ainsi ce film c’est entrer dans une profonde méditation. Essayez, vérifiez !

&

Il est bien évidemment possible de faire cette même expérience de l’asymétrie fondamentale entre le Centre et la périphérie en regardant les paysages naturels. Ceux-ci peuvent reposer de cette abondance de visages.

Ceux qui éprouvent quelques difficultés avec leurs « sœurs & frères » auront même intérêt à commencer l’expérience avec les paysages avant de l’étendre progressivement aux humains.

Bien évidemment tout ce qui est écrit ci-dessus restera lettre morte tant que l’expérience proposée n’aura pas été faite. Je vous en conjure, tentez – soigneusement & sérieusement – l’expérience de l’asymétrie. Ayez cette audace et, si affinités, intégrez la Vision dans votre vie : si c’est que vous voulez vraiment, une « discipline assidue » mais tellement agréable et riche en découvertes, vous le permettra assez rapidement.

 

Cordialement

 

« Je suis un homme parmi 7 milliards d’autres. Depuis 40 ans, je photographie notre planète et la diversité humaine et j’ai le sentiment que l’humanité n’avance pas. On n’arrive toujours pas à vivre ensemble. Pourquoi ?
Ce n’est pas dans les statistiques, dans les analyses que j’ai cherché la réponse, mais dans l’homme. »

Yann Arthus-Bertrand

Yann … et si vous mettiez votre talent, votre notoriété et vos ressources au service d’un projet qui en vaille la peine : la capacité de la Vision du Soi selon Douglas Harding à permettre aux hommes de mieux vivre ensemble ? La réponse passe nécessairement par un retournement préalable de l’attention … et par le maintien de cette vision à double sens.

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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