Petit traité de résilience locale – Agnès Sinaï, Raphaël Stevens, Hugo Carton, Pablo Servigne

« Gravir l’échelle de la conscience » a été proposé après avoir vu une vidéo d’une interview de Pablo Servigne sur le thème : « Effondrement de la civilisation ? »

De ce même auteur en collaboration avec quelques autres (0) il est possible de lire un « Petit traité de résilience locale », en ligne sur le site des éditions Charles Léopold Mayer¹ ou en se le procurant chez un libraire.

TABLE DES MATIÈRES

Introduction. À lire en cas d’urgence

La « grande descente énergétique »
Vers un monde post carbone
Vous avez dit résilience ?
La résilience pour changer le monde

I. Une résilience commune dans un monde morcelé

Les six symboles de la résilience
Les visages de la résilience
Un concept difficilement saisissable par la science classique
La résilience commune

II. Une Résilience globale pour faire face à la Grande Accélération

L’urgence de se préparer
Simplifier nos modes de vie : entre Grande Requalification et low-tech
Vivre en ville dans un climat modifié : se préparer aux pénuries
Revoir la conception des infrastructures

III. Une résilience locale pour retrouver la capacité d’agir

Designs de résilience territoriale
Vers des biorégions urbaines et rurales
Des paysages permaculturels
Descente énergétique locale et créative
« Faire sa demeure » plutôt que « se loger »
Régies énergétiques

IV. Une résilience intérieure pour ne pas s’effondrer²

Plonger dans l’ombre
Comment vivre avec l’horizon d’un effondrement ?
Accueillir les émotions
Entamer un processus de deuil
Cultiver un for intérieur et retrouver le sens du sacré
Aller de l’avant, rebondir

Conclusion

Anticiper, se préparer au pire pour mieux l’éviter
Le grand débranchement pour se reconnecter
La politique de la résilience

Notes

&

 

Cordialement

 

0 – Notamment la fondatrice et un membre de l’Institut Momentum.

Ce site propose des réflexions, ressources et liens de grande qualité. Cf. notamment « Le Manifeste ».

« Le 21ème siècle ressemble ainsi à la sortie d’une parenthèse. L’exubérance énergétique du 20ème siècle est terminée. La majeure partie du pétrole facile à extraire a été brûlée en 200 ans d’ère industrielle. La fête est finie. »

Je regrette néanmoins que le thème « Psychologie du changement » soit encore si peu étoffé : il y aurait des liens à établir vers les travaux de Joanna Macy, de Carolyn Baker, Paul Chefurka, etc …

Et je regrette surtout que le thème « Spiritualité du changement » soit – pour l’instant – inexistant ! La Vision du Soi selon Douglas Harding pourrait y tenir une place de choix.

Rappel : la Première Personne compte toujours à partir de 0, moyen habile (upaya) de, notamment, transformer les groupes de quatre personnes en groupe de trois … Et également de réduire à néant le concept erroné d’« environnement ». Essayez, vérifiez … n’en croyez pas un traître mot !

¹ – Ce site propose également des ressources de qualité, tout comme celui de « La Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme ».

² – Ce chapitre m’intéressant tout particulièrement, quelques citations et quelques commentaires :

« Notre douleur pour le monde provient de notre interdépendance avec le monde vivant. Lorsque nous entendons la Terre pleurer avec nous, nous libérons […] des canaux qui nous maintiennent connectés au monde qui nous entoure. Ces canaux fonctionnent comme un système racinaire, en nous donnant accès à une source de force et de résilience aussi âgée et durable que la vie elle-même. »

Joanna Macy

« Active Hope : How to Face the Mess We’re in without Going
Crazy », New World Library, 2012

Avons-nous encore le temps, même si c’est bien sûr nécessaire, de commencer par travailler sur les émotions … ? Personnellement j’en doute. Je pense qu’il serait bien plus utile de commencer par Voir que nous sommes en réalité espace d’accueil illimité & inconditionnel du « monde vivant », que nous sommes ce « monde vivant » et pas seulement « connectés » à lui. Le sentiment de compassion découle tout naturellement de la Vision.

« … quelques propositions de la psychologue Carolyn Baker qui anime depuis quelques années, dans sa ville de Boulder (Colorado, États Unis), des ateliers de transition en vue de l’effondrement qui s’annonce : tenir un journal intime pour cultiver un dialogue avec son être intérieur ; lire, écrire et apprendre de la poésie pour stimuler le cerveau droit (c’est un langage réparateur pour embrasser des émotions perturbantes après des chocs violents) ; pratiquer la méditation pour créer des liens conscients avec son être intérieur ; créer de la beauté, antidote au manque de sens et à la noirceur d’une époque ou d’une société ; retrouver le sens du sacré car il tient un rôle fondamental et vital dans la capacité de se retrouver après une épreuve radicale ; se reconnecter aux autres et à la nature. »

A peu près la même remarque que ci-dessus : tout cela est bel et bon, mais pourquoi ne pas tout simplement commencer par Voir notre Vraie Nature grâce à quelques expériences de Vision du Soi … ? La méditation véritable (il existe malheureusement bien des contrefaçons …) qui établit une réelle communion – bien plus qu’une « reconnexion » – et une vie éternellement « neuve » – « a festival of newness » dixit Svâmi Prajnânpad – pleine de poésie, de beauté et de sacré découlent tout naturellement de la Vision.

Mais n’en croyez bien sûr pas un traître mot, essayez, vérifiez !

Est-ce que « le chaos qui arrive » va nous donner – enfin – l’audace et la volonté d’oser la Vision du Soi ? D’oser devenir ce que nous sommes. D’oser retrouver notre Visage Originel. D’oser réunir « image et ressemblance ».

« Aussi bizarre et déplacé que cela puisse paraître, ce dernier visage de la résilience nous semble essentiel. Les activistes politiques ont jusqu’à maintenant fait fausse route. “On ne se libère pas du déni et du refoulement en serrant les dents ou en tentant de se comporter en citoyens plus courageux. On ne recouvre pas sa passion pour la vie, sa créativité innée et sauvage, en s’autoflagellant ou en s’endurcissant. Ce modèle de comportement héroïque appartient à la vision du monde qui a abouti à la société de croissance exponentielle.” Joanna Macy »

Le « dernier visage de la résilience » consiste peut-être à Voir, à prendre conscience de l’absence de tout « visage », de toute tête Ici au Centre, Ici au cœur de la Source …

La faillite de « la société de croissance exponentielle » c’est d’abord la faillite d’une conception totalement erronée de la « grandeur ». Les pitoyables éructations : « Make America (Chine, Russie, Turquie, Corée du Nord, …) great again » ou « Make our planet great again » sont sans doute les derniers soubresauts d’une (absence de) vision surannée. Espérons …

« Cela passe aussi par une prise de recul et une prise de conscience que l’on fait partie d’un tout, d’un réseau interconnecté et interdépendant d’êtres vivants. Il faut arriver à voir le monde à travers le temps long, c’est-à-dire à travers le temps géologique, le temps des générations passées et des générations futures. Pour aller de l’avant, chacun de nous doit vivre une convergence de trois mouvements : ressentir de l’anxiété pour notre planète, prendre conscience de l’état du monde par les découvertes scientifiques et, surtout, retrouver les enseignements ancestraux (sens du sacré et spiritualité). Sans l’un des ingrédients, il sera difficile d’envisager un avenir et de pratiquer ce que Joanna Macy appelle l’espoir actif (active hope), autrement dit la posture d’espoir présent même si l’on n’est pas sûr de l’issue … »

Non, ce qui précède n’est pas vraiment exact. Le retournement – la métamorphose – que permet – simplement, concrètement, joyeusement – la Vision du Soi selon Douglas Harding amène à Voir que nous sommes espace d’accueil pour le « tout », que nous sommes en réalité le « tout » impossible à fractionner en parties. Amène à Voir que le « temps » est en nous et pas l’inverse. Amène à Voir qu’il s’agit moins de « retrouver des enseignements ancestraux » que de vivre dans la joie d’une identité retrouvée, de Voir que nous sommes construits comme espace d’accueil illimité et inconditionnel.

De plus Voir nous dégage d’une « anxiété » qu’il ne me semble pas très opportun de rechercher. Une juste, lucide et sereine inquiétude me semble suffisante.

Voir, pas comprendre ou sentir. Voir est une fonction stable, particulièrement bien adaptée aux temps difficiles qui … sont déjà là.

« Venez et voyez … »

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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