Œuvres de Marie Balmary

« Psychologie, philosophie, exégèse, théologie ? Les titres de ses principaux ouvrages témoignent de l’originalité irréductible de sa recherche (0) :

Le Livre de Poche Biblio Essais n° 4201 – 1994¹

« Marie Balmary applique à Freud lui-même la démarche qu’il suivait avec ses patients². Sa méthode, des Grecs à la Bible, de la vie de Freud à ses écrits, est fidèlement freudienne. Elle nous convie à une reconsidération de tout l’édifice psychanalytique. »

Le Livre de Poche Biblio Essais n° 4220 – 07/11/1995

« Depuis longtemps, Marie Balmary lit l’œuvre de Freud et la Bible en même temps. Indifférente aux diverses traditions intellectuelles qui ont décrété l’hétérogénéité radicale de ces deux univers, elle s’efforce d’explorer les profondes analogies des récits fondateurs qui renvoient à l’expérience de l’inconscient et à celle de la Révélation. Certes, Freud s’était passé de Dieu pour dire l’homme, et la religion, souvent, se plaît à faire l’économie de l’humain pour révéler Dieu. Mais ne fallait-il pas tenter l’aventure d’une réflexion double et susceptible de saisir ce qui – dans le Testament dévoilé par Freud, l’inconscient, comme dans les Écritures peut parler d’une même voix – Tel est l’objet de ce livre …

On y trouvera donc Adam et Eve, l’épisode de Babel, l’histoire d’Abraham dans ses étapes les plus décisives, de son départ à la guérison de Sarah et l’élévation d’Isaac … et, en résonance, des passages évangéliques ; tous écoutés à partir de leur langue, comme un psychanalyste écoute un rêve. Il ne s’agit pas ici de traduire Freud dans le langage de ce qu’il tenait lui-même pour “une illusion”. Il a semblé plus urgent de bâtir une exégèse ouverte et multiple, ce dont cet essai s’acquitte avec rigueur et pertinence. »

Le Livre de Poche Biblio Essais n° 4271 – 11/11/1998

« On ne peut pas écouter l’autre, en tant que psychanalyste, sans se demander d’où vient à l’homme l’aptitude à dire “je”, à parler sa vie, sa mort, en première personne. Car l’efficacité de la cure analytique repose sur l’accès du patient à “je” sujet, ce à quoi aucun animal n’est parvenu. Or la science, après Darwin et avec Freud, croit l’homme “issu de la série animale”. Où donc le sujet trouvera-t-il sa généalogie ? Pas dans la nature. Où donc, dans la culture, puisque la religion de l’habitude croit lire au début de la Bible la création de l’homme comme objet vivant par un Dieu tout-puissant ?

Ce livre est un nouveau voyage dans nos récits d’origine, en quête de l’apparition du sujet : le premier “je” de Dieu – du diable – et de l’humain ; comment cet humain est bien créé, mais non l’homme et la femme qui n’apparaissent que par leur rencontre ; l’importance de la loi symbolique pour “je” et “tu” dans leur éveil … Marie Balmary revisite ainsi les grandes figures bibliques et évangéliques, leur posant à chacune la question du sujet et de l’autre. Jusqu’à ce qu’apparaisse une nouvelle cohérence de ces textes avec l’expérience clinique. Au lieu heureux où l’homme ne se vit désormais plus comme chose, bête ou esclave, mais comme sujet fils, engendré d’esprit. Au-delà de la création et de la mort. »

« Pourquoi le dieu de la Genèse refuse-t-il l’offrande de Caïn alors que celle d’Abel est agréée ? Cette énigme est le point de départ de la recherche menée par Marie Balmary dans ce livre. Un travail d’élucidation conduit comme une enquête qui, en plus d’être passionnant, renverse un certain nombre d’idées reçues. Par exemple, que le “péché originel” invoqué comme justification de nos souffrances ne figure pas dans le texte de la Genèse et que le mot “faute” désigne ce qui menace l’homme et non ce qu’il commet …
S’opère ainsi un véritable changement de perspective. Plutôt qu’un paradis perdu, l’Éden n’est-il pas le lieu de l’épreuve première, d’abord trop difficile, par laquelle les créatures humaines accèdent à la parole, la filiation, la fraternité ? »

  • 2001 : « Je serai qui je serai, Exode 3,14 », Alice éditions (épuisé)³

 

Le Livre de Poche Biblio Essais n° 4414 – 24/10/2007

« Lorsqu’un moine et une psychanalyste – juive et agnostique – s’interrogent ensemble, non pas sur ce qui guérit mais sur ce qui pourrait “sauver”, que peut-il naître de cette rencontre ?
Une parole libre dans laquelle le verbe “croire” se passe de complément, et qui exprime une autre idée du désir, pour la psychanalyse comme pour la religion. Parole tendue, confrontation parfois, au sujet de l’Église et de ce Dieu demandeur de sacrifices que la psychanalyste compare à un ogre mangeur d’âmes.
Parole heureuse, qui conduit les deux interlocuteurs vers des rendez-vous avec Abraham, le Psalmiste et Jésus, mais aussi avec Mozart, Rimbaud mourant auprès de sa sœur, ou Montaigne au chevet de La Boétie.

Marie Balmary choisit ici pour la première fois la voie de la parabole, s’inspirant, entre autres, du dialogue réel qu’elle eut avec le moine Marc-François, frère de Jacques Lacan. Avec ce récit atypique et passionnant, elle nous introduit dans un monde de relations libératrices, autre nom du “ciel”. »

« Cent ans d’expérience de la psychanalyse nous invitent à ne pas rester pris dans l’étroite “dictature de la raison” freudienne. Si spiritualité et psychanalyse semblent d’abord incompatibles, Marie Balmary démontre, en creusant quelques questions fondamentales, que la pratique clinique liée à un nouvel accès aux textes spirituels conduit à penser la vie spirituelle comme le luxe salvateur de l’humanité face à ses souffrances. Car si la psychanalyse est un luxe, Dieu aussi. »

Un extrait.

« C’est un fait : le Jugement dernier n’est plus à la mode, et personne n’ira regretter le terrorisme sacré de jadis, sur lequel les Églises ont longtemps assis leur pouvoir clérical. Mais après ces siècles de culpabilisation morbide et de peur de l’Enfer, faut-il pour autant rejeter l’idée d’une rétribution des actes de chacun ? Si le Dieu Juge-d’antan est bien mort, en avons-nous vraiment fini avec la question du Mal et de la responsabilité ? Tout, dans notre société sécularisée, jusque dans nos mythes modernes et nos séries policières, nous montre au contraire que cette énigme nous obsède.

La psychanalyste Marie Balmary et le théologien Daniel Marguerat reprennent ici cette question à sa racine : celle des textes bibliques qui demeurent terriblement sévères en apparence – même ceux de l’Évangile. Or, à travers leur lecture en dialogue, une tout autre interprétation se fait jour, qui nous appelle à une vision de l’homme et de son avenir libérée de la peur. L’audace de ce livre à quatre mains nous fait découvrir une dimension insoupçonnée des Écritures. »

Le Livre de Poche Biblio Essais n° … Édition poche 04/01/16

« Pour beaucoup de gens aujourd’hui la Bible est un livre illisible, inaudible, qui ne leur parle plus, qui ne révèle plus rien.
C’est qu’avant d’avoir accès au Texte, il y a une lutte à mener avec lui dans une lecture active, pour le mettre en question, en doute. Et ce travail d’interprétation ne peut se faire seul.
“Ouvrir le Livre” est un carnet de route et de rencontres. Le récit d’une lectrice, Sophie Legastelois, “ignorante et incroyante”, d’une curiosité qui ne renonce pas, avec une interlocutrice choisie, Marie Balmary, psychanalyste et chercheuse de Bible. Ensemble, s’appuyant sur les langues originelles de la Bible juive et des évangiles, elles cheminent jusqu’à ce basculement où le dieu auquel il vaut mieux ne pas croire disparaît.
Alors seulement, le Livre peut s’ouvrir… et se transmettre. Car si nous ne transmettons rien à nos enfants, s’ils n’ont pas la moindre idée des fondations millénaires du monothéisme, où trouveront-ils les appuis historiques, les outils symboliques pour démasquer les idoles, se libérer ensemble, avec Abraham, des religions du sacrifice ? »

Un extrait est accessible par le lien ci-dessus.

 

Marie Balmary

 

Cordialement (4)

 

0 – Pourquoi diable le mot « psychanalyse » a-t-il disparu de la liste … ? Et serais-je le seul à avoir relevé ce si étonnant « psyahanalyste » ?

¹ – J’indique cette référence pour mémoire, car si elle apparaît bien sur le wouèbe, il semble que le livre n’est plus réédité dans cette collection de poche … ?

² – Épouvantable crime de lèse-majesté & acte de naissance de la fécondité de l’œuvre de Marie Balmary.

Je ne sais pas si quelque spécialiste de ces questions délicates s’est déjà penché sur le sujet, mais il y aurait selon moi quelque intérêt à rapprocher le « choix … », déjà ancien, de Freud avec la vague actuelle de dénonciation des violences contre les femmes : #MeToo, etc … Et peut-être surtout avec son étonnant retard … Si tant de femmes, et quelques hommes, s’écrient encore « Assez » aujourd’hui, une part non négligeable de responsabilité pourrait peut-être relever d’une certaine théorie psychanalytique …

³ – « Je serai qui je serai, Exode 3,14 » se trouve encore parfois en occasion, souvent à des prix peu raisonnables. Si vous parvenez à vous le procurer, un conseil : ne le prêtez jamais  !

Il est également fort dommage que la vidéo du soixante treizième entretien de l’émission Noms de Dieux, en date du 13 mars 2000, avec Marie Balmary, ne soit plus accessible, ni sur le site de la RTBF, ni ailleurs.

4 – Cette liste est sans doute fort incomplète. N’hésitez pas à me signaler tout ce qu’il est possible d’y rajouter.

NB : j’ai limité au maximum les liens hypertextes internes à volte-espace. Mais sachez que ce site comporte une étiquette « Balmary Marie » … et que tout est ouvert aux commentaires.

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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