Nos désirs font désordre

Mon œil a été attiré, lors d’un récent séjour au gîte de la Chandoline dans le Jura, par ce slogan inédit sur une belle carte postale :

« Nos désirs font désordre »

J’ai bien sûr aussitôt fait le lien avec le propos de ce site et avec le travail de Douglas Harding, puisque, effectivement, les désirs du petit, de la 3° personne, font souvent, pour ne pas dire toujours, désordre.

Mais la logique de la vision du Soi n’irrigue pas encore aussi largement notre société : il s’agissait en réalité d’un slogan féministe des Éditions Ixe. Quelque soit la justesse de cette réflexion et de ce combat, je poursuis allègrement mon détournement de slogan.

Le bref extrait de ce chapitre du Procès … explique assez bien la radicale inversion des valeurs entre la troisième et la Première Personne, entre le petit et le Grand. Celles du petit sont, par nature, empreintes de petitesse, voire de bassesse : avidité, soif de pouvoir et de savoir à des fins de domination, … Autant de non-valeurs qu’on pourrait qualifier de « masculines » d’ailleurs, dans la plus mauvaise acception du terme.

Elles ne peuvent donc que perturber l’ordre, la Hiérarchie du Ciel et de la Terre, et entraîner les multiples désordres qui affectent l’humanité. Depuis fort longtemps certes, mais qui refusera de reconnaître une singulière aggravation dans à peu près tous les domaines depuis le début de la prééminence du « modèle » occidental, et une inquiétante accélération depuis un quart de siècle ?

[NB : Le lien ci-dessus renvoie à l’ouvrage majeur de Douglas, dont la traduction française est en cours, mais j’aurais aussi bien pu me passer de majuscules pour signifier la conception taoïste de l’équilibre du monde. Le « modèle » occidental est le seul délibérément fondé sur la démesure, et son effondrement est donc inéluctable.]

 

Emil Cioran
(1911 – 1995)

A ce propos, je ne résiste pas à la tentation de vous offrir  ma citation favorite d’Emil Cioran :

 

« Le progrès est un élan vers le pire. »

 

 

Je crois que Cioran dénonçait là un « progrès » étroitement cantonné au seul domaine de la troisième personne, du petit. Le seul véritable progrès c’est celui de la totalité de l’homme : Première personne (d’abord, essentiellement) et troisième personne (ensuite, dérivée de la première), et de la qualité de relation entre ces deux dimensions. Cela rejoint une expression plus ancienne, aussi bien connue que rarement mise en œuvre :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Par bonheur, la situation actuelle est devenue si dramatiquement catastrophique que nous sommes désormais acculés à un grand rééquilibrage. La méthode de la Vision du Soi serait susceptible de jouer un rôle déterminant. Le plus dur consiste à faire le premier pas.

Cordialement

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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