Marie Balmary, psychanalyste inspirée – Sébastien Lapaque 

(NB : Je poursuis ici mon projet de regrouper sur volte-espace diverses publications concernant Marie Balmary dispersées aux quatre coins du wouèbe …)

Marie Balmary, psychanalyste inspirée (0)

« Après avoir publié une nouvelle histoire de l’inconscient chez Freud saluée par Maurice Clavel (« L’Homme aux statues »¹, Grasset, 1979), elle s’est intéressée au récit de la Création, à la rivalité entre Caïn et Abel. Une rencontre avec Marc-François Lacan, frère du célèbre psychanalyste et moine bénédictin, lui a fourni la matière d’un dialogue à la fois réel et imaginaire sur le verbe « croire » (« Le Moine et la Psychanalyste »², Albin Michel, 2005).

Marie Balmary

Écrivain, conférencière et clinicienne, Marie Balmary ne ressemble pas aux psychanalystes pour midinettes qui encombrent les plateaux des émissions de variétés et font des piges à la rubrique « sexo » des magazines féminins³. Cette femme, qui prend au sérieux ce que parler veut dire, n’a pas cessé, depuis trente ans, d’essayer de comprendre les bouleversements et les souffrances qui accompagnent l’émergence d’une parole qui devrait pourtant être libératrice.

Elle s’est naturellement intéressée à la Bible, « première fondation et première histoire de la parole » (4), persuadée qu’on y trouve les remèdes pour guérir la civilisation judéo-chrétienne de ses maladies (5). Elle a consacré dix ans à apprendre l’hébreu pour pouvoir serrer le texte au plus près.

Depuis un premier essai consacré aux Écritures intitulé « Le Sacrifice interdit » (Grasset, 1986), Marie Balmary s’est sans cesse obstinée à emprunter des chemins de traverse, à ouvrir des voies nouvelles et à déblayer pour l’avenir en revenant toujours au texte.

C’est ce qu’il y a de fascinant dans sa démarche intellectuelle, qui rappelle celle de René Girard : cette capacité à lire la Bible comme un livre neuf.

« C’est la même chose qu’avec les partitions de musique, nous confiait-elle un jour. Peut-on encore jouer Beethoven comme si sa musique venait d’être écrite ? Évidemment, c’est même la seule manière. La Bible est un texte que chacun reprend, relève, réinterprète à sa façon, avec d’autres (6), ce qui ne veut pas dire de façon purement imaginaire. Si on laisse la Bible écrite sans que chacun la relève, elle ne sert plus. Elle devient un musée de textes. La phrase qui résume le mieux cette question, est celle de Jésus dans l’Évangile :

« Qu’y a-t-il écrit ? Que lis-tu ? » (7)

Cette différence entre ce qui est écrit et ce qu’on lit est très éclairante. »

Ainsi, grâce à Marie Balmary, la psychanalyse et les Écritures se sont-elles surprises à faire bon ménage dans le cadre d’une anthropologie fondamentale audacieuse. La singularité de cette construction personnelle, à l’origine d’une des pensées les plus originales de notre temps, est d’être née d’un échec.

C’est en effet après avoir vu sa thèse refusée par la Sorbonne que Marie Balmary s’est décidée à scruter seule les textes. « Le non de l’Université m’a libérée de tout programme et ouvert des chemins d’errance. Je n’ai donc plus demandé le chemin à ceux qui le savaient et j’ai pu rencontrer ceux qui cheminaient aussi, en se perdant chacun et en se trouvant les uns les autres… » (8)

Marie Balmary ajoute au paradoxe en se déclarant volontiers agnostique. C’est qu’elle aime les montées transgressives vers l’objet de sa quête et les lignes de démarcations intellectuelles tracées à front renversé. « C’est moi, une non-juive, qui part dans les fondations juives, tandis que beaucoup d’analystes juifs s’intéressent aux textes grecs. Cet entrecroisement n’est pas un hasard. On est plus libre d’aller travailler dans ce qui nous est d’abord moins connu. »

Ainsi Marie Balmary accorde-t-elle autant d’importance à l’histoire de Joseph qu’à celle d’Oreste et au récit de la Genèse qu’au mythe d’Œdipe (9). Son art d’écouter ce que le texte veut dire est d’autant plus séduisant qu’il se veut libérateur. « La lecture attentive du texte de la Bible permet un changement de perspective qui fait apparaître l’Éden non plus comme le lieu d’une faute première mais comme un lieu d’épreuve, un lieu qui raconte l’humanité arrivant devant elle-même : homme et femme, différents, et ayant à faire quelque chose de la différence des sexes. »

C’est ainsi que Marie Balmary dépasse Freud, qui regardait la religion comme une illusion infantile (10), pour ouvrir à ses contemporains un chemin de confiance où la Parole vive souffle sans cesse sur notre poussière. »

Sébastien Lapaque

Le Figaro, 2006

Cordialement

 

0 – Cet article commence à dater un peu puisqu’il a été publié le 17 août 2006, certes. Son titre ne l’est guère … Il a de plus été publié dans « Le Figaro », qui n’est vraiment pas ma lecture de prédilection … Mais dans quel autre journal ou magazine un tel article, reconnaissant la valeur considérable des travaux de Marie Balmary, aurait-il bien pu paraître … ? Un grand merci Monsieur Lapaque.

Ceci dit, un article de l’édition du même jour faisait peut-être l’éloge de l’intégrisme catholique, ou proposait un reportage à la gloire des « dévisseurs d’ampoules », il faudrait vérifier … ! Le dernier Figaro Magazine que j’ai parcouru (une de ses voisines le passe gentiment chaque semaine à ma maman) accordait ainsi presque autant de place à l’hurluberlu transhumaniste Laurent Alexandre qu’à l’expérience permaculturelle de la ferme du Bec Hellouin … Cherchez l’erreur ! C’est une ligne éditoriale à 360°, attrape-tout, bien en phase avec notre époque d’« en même temps » !

¹ – La présentation de « L’Homme aux statues » comme une « nouvelle histoire de l’inconscient chez Freud » me semble un peu courte, et de nature à susciter bien des résistances – pour ne pas dire refoulements ! – chez des « freudiens » plus orthodoxes que Marie Balmary … Mais bien qu’ancienne (1974 pour la première édition), cette recherche originale, courageuse, solide mérite toujours d’être lue attentivement, surtout assortie de la préface de la nouvelle édition (1997).

NB : après avoir déjà suscité des remous du coté de Lacan (Cf. « Lacanerie 2 – L’Origine du Monde … la vraie »), je vais peut-être en provoquer du coté des freudiens … ? Tant mieux, un peu de « buzz » ferait le plus grand bien à volte-espace !

² – Lire « Le Moine et la Psychanalyste » constitue sans doute la meilleure façon d’entrer, en douceur, dans l’œuvre de Marie Balmary. Pour ensuite aller (beaucoup) plus loin si affinités …

L’« Avant-propos » met clairement les choses au point : si vous souhaitez à tout prix faire entrer l’auteur dans une catégorie, celle de « lacanienne » qui vient trop rapidement en tête n’est adaptée qu’en référence, première & principale, à Marc-François Lacan. Que tous les « lacaniens » de stricte observance n’en fassent pas une maladie … !

« Freudienne » … « lacanienne » … ? Marie Balmary ne serait-elle pas avant tout « psyahanalyste » (Cf. la 1° note de bas de page du lien vers « Évocation de Marc-François Lacan » inséré dans le 1° paragraphe) !

Marc-François Lacan

Marc-François Lacan, l’essentiel … :

« Naissance à Paris, le 25 décembre 1908

Mort à Ganagobie (Alpes-de-Haute-Provence), le 5 mai 1994.

Moine de l’Abbaye bénédictine Sainte-Marie-Madeleine d’Hautecombe (à Saint-Pierre-de-Curtille, Savoie ; 1931-1992), puis de l’Abbaye de Ganagobie.

Exégète, théologien et philosophe. »

 

Et ces trois pages d' »Avant-propos » donnent également le ton et la clé de la méthode : de l’écoute, encore de l’écoute, toujours de l’écoute ! Notre « président philosophe » ferait bien de s’en inspirer …

Mon rêve concernant ce livre : qu’il devienne un film, est au point mort. J’ai lancé diverses bouteilles à la mer ; que hasard & nécessité fassent désormais leur part.

³ – Effectivement, ça ne lui ressemble guère. Mais il se trouve que bon nombre de ses « trouvailles » vont dans le sens d’une libération globale de l’être humain, et sont donc aussi susceptibles de contribuer à une sexualité plus harmonieuse, une véritable « relation » et pas seulement des « rapports ». Une « trouvaille » parmi de nombreuses autres : la mutation du nom & de la personne de « Saraï » (« ma princesse ») en « Sarah » (« la princesse ») vaut mieux que tous mes pauvres commentaires. La sexualité libérée, c’est d’abord une affaire de langue … enfin, je veux dire de parole !

Dans un entretien radiophonique déjà ancien avec Renaud Camus, Christian Bobin inversait radicalement la remarque désabusée, et péremptoire, d’une poétesse russe contemporaine affirmant : « l’amour n’est que prétexte à baiser ». Pour Bobin « baiser » – tout comme la plupart des autres activités – n’est justement que « prétexte à l’amour » … (Référence retrouvée dans ce billet.)

Cf. aussi la conclusion des « cinq critères d’un amour réussi ».

4 – « La Bible première fondation et première histoire de la parole » : Marie Balmary parle naturellement dans l’aire culturelle occidentale qui est la sienne, et vraisemblablement aussi la nôtre, et ce en dépit de la confusion provoquée & entretenue par une mondialisation destructrice des repères symboliques.

On ne remerciera jamais assez Marie Balmary d’avoir osé courageusement plonger dans les « eaux » de ce bain là – souvent boueuses, il faut bien le reconnaître – à une époque où le projet quasiment général consistait à les jeter aussi loin et définitivement que possible. Malheureusement avec le « bébé » de la spiritualité … ce qui constitue la catastrophe ultime, en phase avec notre époque d’ignorance et de confusion.

5 – Si vous considérez que la civilisation judéo-chrétienne est exempte de toute maladie, c’est que vous êtes très mal informé ou que vous avez définitivement adopté la posture de l’autruche … Le dernier billet évoqué ci-dessus évoque un livre de Jacques Ellul, « La subversion du christianisme », qui propose en exergue cette citation de Kierkegaard :

« Toute la chrétienté (c’est-à-dire le christianisme historique tel qu’il s’est imposé) n’est autre chose que l’effort du genre humain pour retomber sur ses quatre pattes, pour se débarrasser du christianisme, en prétendant que c’est son accomplissement. »

Cela peut sembler un tantinet excessif, mais me semble rejoindre cette notion qui revient régulièrement dans les travaux de Marie Balmary, à savoir que « Dieu » a dit une chose et que nous en avons entendu deux (Psaume 61, 12). En général nous commençons également par retenir & soutenir ce qui est le plus opposé à cette unité (non-dualité) dite par « Dieu ».

Pour savoir si la Bible contient des « remèdes » susceptibles de « guérir la civilisation judéo-chrétienne de ses maladies », il vous faut nécessairement la lire … Lire Marie Balmary d’abord, bien sûr ! Mais vous verrez, elle vous donnera aussi le goût de revenir, avec méthode, à ces textes « anthropogènes ».

6 – Ce « avec d’autres » est essentiel : Marie Balmary est convaincu que « le biblique n’est pas accessible en solitaire », ce qui semble logique puisqu’il n’y est question que de parvenir à établir des relations justes entre « frères », à rétablir cette fraternité salvatrice dont nous avons un très urgent besoin. Et ce, dans une écoute et un respect mutuels aussi déployés que possible, hors de tout cléricalisme … François aurait grand intérêt à s’appuyer résolument sur l’œuvre de Marie Balmary pour mener à bien ses justes combats !

L’orchestre constitue effectivement une belle métaphore de ce projet, tout comme la ronde.

Mais non moins essentiel est cet appel à ce que « chacun relève la Bible », sinon « elle ne sert plus ». Nul ne peut s’abstraire de ce travail personnel, en se planquant dans la foule derrière un « messie » qu’il conviendrait de suivre. Encore une sacrée « trouvaille » de Marie Balmary : il convient de ne surtout pas suivre Jésus, mais, si le cœur vous en dit, de « l’accompagner » [ἀκολουθέω, akolouthéô].

« Les Juifs lisent leurs écritures depuis toujours, les Protestants depuis Luther, et les Catholiques depuis … Jules Ferry ! » La formule est plaisante, mais encore très optimiste en ce qui concerne les derniers cités … Ils ont parfois encore un peu de mal à considérer que « lire délivre » !

7 – Évangile de Luc 10, 26 :

« Et il lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? »

[Ὁ δὲ εἶπεν πρὸς αὐτόν, Ἐν τῷ νόμῳ τί γέγραπται; Πῶς ἀναγινώσκεις;]

C’est un utile rappel de cette très vieille histoire de la lettre et de l’esprit, celle qui peut « tuer » et celui qui vivifie … Le « Livre » c’est bien, mais sa « lecture infinie » (David Banon), son interprétation à hauteur d’homme, c’est tellement mieux.

8 – « … ceux qui savent le chemin … », les « experts », c’est-à-dire, selon la belle définition de Paul Valéry, « ceux qui se trompent selon les règles » !

La Vision du Soi inverse quant à elle l’ordre soi disant logique : d’abord commencer par voir clairement sa véritable nature, son « Visage Originel », et ensuite de vérifier personnellement si « les experts ont bien pigé le truc » !

Petit bémol : Marie Balmary ne s’est justement pas « décidée à scruter seule les textes », mais toujours en relation avec d’autres. Cette méthode donne d’ailleurs des résultats assez … miraculeux, comme j’ai pu le constater in vivo en juin dernier lors d’un atelier Bible et Psychanalyse. Cette « bonne sortie » d’institutions sclérosées a engendré une vraie « réussite »

Deuxième petit bémol : cette « anthropologie fondamentale audacieuse » ne relève pas, à mon humble avis, de la catégorie « construction personnelle singulière ». Les travaux de Marie Balmary me semblent plutôt renouer le fil de l’anthropologie « Corps & Âme – Esprit », traditionnelle au possible et remise en quelque sorte sur le devant de la scène par Michel Fromaget. C’est d’ailleurs dans le livre éponyme que j’ai trouvé la première référence à Marie Balmary. Un grand merci Monsieur Fromaget.

9 – Il convient de lire l’œuvre de Marie Balmary, au moins « L’Homme aux statues », ne serait-ce que pour découvrir à quel point Freud a occulté (refoulé … ?) la partie la plus essentielle du mythe d’Œdipe. Celle qui le dérangeait le plus au sein de sa propre histoire familiale.

« Œdipe Philosophe », livre de Jean-Joseph Goux (1990), peut également vous intéresser.

10 – « L’avenir d’une illusion »

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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2 Responses to Marie Balmary, psychanalyste inspirée – Sébastien Lapaque 

  1. Bruno Delorme dit :

    Je me permets de laisser un commentaire personnel sur l’ouvrage de M. Balmary « L’homme aux statues » recommandé par J.-M. Thiabault.
    Une simple question à ce sujet : la méthode psychanalytique peut-elle se comparer voire se conjoindre à celle de D. Harding, tant ces deux « voies » semblent au contraire incompatibles (je ne crois pas d’ailleurs que D. Harding ait jamais rien recommandé en ce domaine analytique qu’il semble avoir ignoré…) ?
    Voici mon texte:

    • Bonjour Bruno,

      Votre texte n’est pas un simple commentaire vu son volume : 5 pages, 1366 mots … Il me semble donc plus opportun de le faire apparaître ultérieurement comme un billet en soi, assorti de quelques commentaires de mon cru. Armez vous donc de patience …
      Juste quelques mots à propos de votre introduction.
      Je recommande toute l’œuvre de Marie Balmary : « tout est bon chez elle, y’a rien à jeter, sur l’île déserte il faut tout emporter ».
      « L’homme aux statues » est surtout important pour comprendre comment elle en est arrivée à la suite de sa recherche, comment elle la conduit. Pour comprendre dans quelle mesure il convient d’accompagner Freud et de ne surtout pas le suivre, au risque de se perdre.
      Je ne cherche ni à « comparer » ni à « conjoindre » quoi que ce soit. Je ne suis pas un « expert », ni un spécialiste universitaire, ni une agence de cotation. Juste un homme engagé dans une libre recherche spirituelle. Cette liberté m’a amené à constater des coïncidences étonnantes entre les travaux de Marie Balmary et la Vision : je me délecte à explorer ces fécondations croisées, en essayant de me garder de toute confusion.

      J’ignore quelle connaissance vous avez de la « voie » psychanalytique, mais je peux vous assurer que personne ne sait rien de la Vision du Soi selon Douglas Harding tant qu’il n’a pas fait – sérieusement & sincèrement – quelques-unes de ses expériences. Comme disent nos amis anglais, « the proof of the pudding is in the eating ». Aucune autre solution que de plonger dans le grand bain si l’on veut avoir la moindre chance de « passer sur l’autre rive ». C’est d’ailleurs pour cela que j’éprouve tant de difficulté à rentrer dans les textes que vous avez bien voulu me confier « à propos de » la Vision du Soi …
      Plus j’approfondis ma pratique de la Vision du Soi/Sans Tête, moins je la trouve « incompatible » avec quoi que ce soit … Il me semble que c’est là plutôt un bon signe.
      Douglas n’a bien évidemment pas « ignoré ce domaine analytique » : c’était un véritable bourreau de travail qui n’a d’ailleurs pas ignoré grand chose de toutes les recherches de son temps. Mais sa priorité n’était pas le mental (l’âme au sens de Michel Fromaget), une « psyché » souvent en désordre et qu’il conviendrait d’analyser, mais l’esprit & Esprit, un « pneuma » essentiellement « sain » et capable de remettre en ordre – en synthèse, en unité – le corps & mental, le « soma & psyché ». C’est en cela que la Vision du Soi constitue une véritable approche spirituelle et pas un bricolage relevant du développement personnel.
      Une introduction un peu différente de votre texte indiquait : « je ne saisis pas en quoi la démarche analytique peut se conjoindre avec la méthode de la Vision du Soi qu’elle pourrait au contraire démystifier, notamment quand on songe que ce même « Soi » pourrait bien être l’Autre, lacanien, avec lequel il est impossible de s’unir ou de s’identifier. »
      Ce « conjoindre » ne m’enchante guère, mais passons … « La démarche analytique » strictement classique ne me passionne guère. Mais j’ai apprécié (et profité …) de ses rapprochements avec l’enseignement de Svami Prajnanpad. Qui présente d’ailleurs une parenté certaine avec la proposition de Marie Balmary : « Freud jusqu’à Dieu ». Dans ces approches il n’est pas question d’opposition, de « démystification », de suprématie d’une méthode sur une autre. Mais plutôt de complémentarité éventuelle pour dépasser un blocage, pour transformer une impasse en chemin.
      Je ne vais pas trop me risquer sur le terrain de l’Autre de Lacan, dont je connais vraiment trop peu le travail. Mais il distinguait me semble-t-il un « petit autre » d’un « grand Autre » … Il y a peut-être là matière à rapprochement avec la Vision du Soi, toute entière articulé sur une « hiérarchie » du « petit » et du « Grand ». Bien évidemment la Vision ne propose pas au « petit » de « s’unir ou de s’identifier » au « Grand » … Pour la bonne et simple raison que le « Grand » est la véritable nature du « petit », son Visage Originel … Penser en être distinct est une tragique illusion … que les mots seuls sont incapables de dissiper. Par contre quelques expériences de Vision peuvent aider …

      Voilà. Ça fait déjà beaucoup …

      Cordialement

      Jean Marc

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