Marie Balmary dans « Corps, Âme, Esprit » de Michel Fromaget

J’ai découvert l’existence de Marie Balmary voici déjà bien longtemps, en lisant « Corps, Âme, Esprit », le maître-livre de Michel Fromaget paru en 1991 (0). Il est fait référence à sa recherche dès l’Avant-propos :

« Marie Balmary, psychanalyste¹ qui connaît très bien Freud et la Bible, développe à cet égard une pensée décisive². Ayant constaté que nombre de mécanismes utilisés par le psychisme individuel fonctionnent aussi au niveau collectif (C. G. Jung avait déjà postulé l’existence d’un inconscient collectif), M. Balmary montre que si la fonction du rêve est bien d’informer l’individu sur les réalités essentielles concernant sa vie et ignorées par sa conscience, alors c’est exactement une même fonction que jouent les mythes à l’égard de la collectivité.

Et l’auteur de démontrer, avec à propos, que si la conscience individuelle refoule et déforme les messages oniriques, la conscience collective, (en l’occurrence l’homme occidental moderne) repousse et trahit de même ce qui est écrit dans la Bible.

Afin de bien voir cela, il suffit, comme le demande M. Balmary, d’accorder l’attention convenable à “l’état dans lequel les récits fondateurs se trouvent dans nos mémoires”, puis de comparer cet état à ce qui est réellement écrit³. La comparaison est instructive et … éprouvante. La psychanalyse ayant appris à l’auteur que l’esprit humain ne fait jamais taire, ni ne déforme sans motif une mémoire, elle pose alors la question juste :

Quel est donc le secret si dangereux enfermé dans la Bible,

pour que celle-ci soit si impitoyablement refoulée ? (4)

Ainsi que l’anthropologie fondamentale introduite en ces pages tâchera de le montrer, ce secret concerne la réalité et la nature de l’être essentiel vivant en chacun. Nous pourrions écrire que ce secret est : l’Être même de l’homme. » (5)

Michel Fromaget

Marie Balmary

 

Cordialement

 

0 – Quelques détails dans le billet « Corps & Âme – Esprit – Michel Fromaget ».

¹ – Et même « psyahanalyste » !

² – Pour étayer ce compliment Michel Fromaget ne disposait en 1991 que des deux premiers livres de Marie Balmary  :

³ – « Accorder l’attention convenable … puis comparer … » : ne vous y trompez pas, cela représente un travail considérable. Mais, Marie Balmary a déjà commencé à le faire avec d’autres avant vous, les récits de sa recherche sont disponibles dans ses livres, et il est désormais possible de s’inspirer de sa démarche.

Les plus motivés peuvent même rejoindre, ou créer, un atelier Bible et Psychanalyse.

4 – Ce « refoulement » présente deux visages principaux :

  • ne pas ouvrir un texte considéré comme tissu de vieilleries incompréhensibles et sans intérêt et, de facto, rejoindre la « religion » aujourd’hui majoritaire : l’ignorance ;
  • rabâcher des écritures sacrées sans chercher à entendre ce qu’elles ont à nous dire maintenant, à comprendre quels questionnements elles suscitent et, de facto, renforcer l’erreur précédente.

5 – Quelques compléments pour situer cet extrait dans un copieux « Avant-propos ou la lampe de l’Homme Rebelle » :

  • « … le rapport de l’homme à sa civilisation peut non seulement rendre l’homme malade, mais aussi réellement le tuer. J’entends tuer en lui “quelque chose” ou “quelqu’un”, de bien plus essentiel à la définition de son humanité et de son identité que son intelligence ou son propre corps. … »
  • « L’Homme Rebelle sera cet homme qui précisément refuse d’accepter la mort de cet essentiel où se trouve le cœur de son identité profonde. Il est, par exemple, Rimbaud hurlant, dans une formule donnée pour les siècles :

“JE est un autre !” … »

  • « … Le mythe de Narcisse est un des plus grands mythes anthropologiques – c’est-à-dire expliquant la réalité de l’homme – qui soient. Il montre donc ce qui arrive à qui se confond avec son ego et “tombe” amoureux de sa personne au point de ne plus faire qu’un avec elle. … »
  • « … “Convertissez-vous !” (Mc 1,15) Quelle est cette conversion, ce retournement, cette metanoïa que demande Jésus ? elle consiste justement à se détourner de son ego, de sa personne, elle consiste à ne plus se confondre avec le reflet, avec l’image et à se “retourner” afin de découvrir son identité véritable. … »
  • « … les sciences humaines … n’étudient pas l’homme tel qu’il est, mais tel qu’elles le voient, et donc – ce qui est plus grave – tel qu’elles le font. Il y a là un drame immense. L’homme, en effet, ne grandit jamais au-delà de la conception qu’il se fait de lui-même. … »

Extrait concernant la recherche de Marie Balmary

  • « … Toutefois, bien que cette anthropologie tripartite ait été dans les temps anciens extrêmement répandue, nous en avons presque totalement perdu le sens. Et, aussi curieux que cela puisse paraître, ce sens est pour nous – occidentaux de ce siècle – bien difficile à retrouver, très difficile à concevoir, encore plus à vivre. Or, cette redécouverte, j’en suis convaincu, est pour l’homme moderne véritablement essentielle, je dirais même vitale. C’est là, je crois, ce que voulait dire André Malraux dans son mot célèbre :

“Le XXI° siècle sera spirituel, ou il ne sera pas.” … »

  • « … cette conception ternaire, bien plus encore que le binôme “corps – psychisme”, puisqu’elle comprend et dépasse celui-ci, rend compte de la réalité concrète, s’incarne dans des phénomènes biologiques et, surtout, demande, pour être connue et comprise, une réelle pratique. En cela, l’anthropologie tripartite se présente à nous comme une langue étrangère : nul ne peut prétendre bien la connaître qui ne la met en pratique. … »
  • « Quelle est cette lampe dont parle le titre ? Chacun l’aura déjà compris, elle est cette part au plus profond de l’homme qui appelle et ne veut pas mourir. Elle est cette étincelle si fragile qui, infiniment au-delà de la personne, supplie l’homme de ne pas se confondre avec son image, son reflet. … le même mot esprit désigne tout à la fois le lieu spirituel en l’homme et Celui qui s’y exprime : l’Esprit. De même en va-t-il encore de la lampe du Rebelle : elle est son esprit, mais la lumière qu’elle dispense est la lumière de l’Esprit. Elle est cette lumière qui permet à l’homme de découvrir sa véritable identité. … »

NB : si vous vous sentez réellement concerné par tout ce qui précède, la Vision du Soi selon Douglas Harding peut constituer une aide décisive. N’en croyez surtout pas un traître mot, essayez, vérifiez !

Ensuite, vous pourrez lire avec profit les œuvres de Michel Fromaget, de Marie Balmary, le « Traité du Rebelle » d’Ernst Jünger et bien d’autres livres … Histoire de « vérifier si les experts ont bien pigé le truc » !

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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