Main basse … de qui … sur quoi … ?

Voilà plus de six mois qu’est annoncée la parution d’une « mise au jour » consacrée à l’œuvre de Marie Balmary par un certain Alain Tornay (0).

Le titre originellement annoncé était le suivant :

« Marie Balmary – La Bible comme un rêve ».

La première de couverture de l’ouvrage initialement annoncé (cf. ci-contre), à défaut d’être des plus honnêtes restait correcte. Il était néanmoins possible de lui reprocher de chercher à vendre (assez cher d’ailleurs …) du papier, en captant la notoriété du nom de Marie Balmary, placé en position centrale dans une très grande taille de police, alors … qu’elle n’est pas l’auteur de ce livre ! Passons.

&

Le titre du livre désormais en vente a été transformé in fine en une version outrageusement agressive et racoleuse :

« Marie Balmary, Main basse sur la Bible – La Bible comme un rêve »

Ce titre s’avère tout aussi contestable que la première de couverture qui l’accompagne.

Que l’acheteur éventuel sache très clairement qu’il ne s’agit pas d’un nouvel ouvrage de « Marie Balmary … sur la Bible », comme un regard rapide & superficiel sur ce visuel pervers s’efforce de le faire croire, mais, vraisemblablement, d’un procès à charge concernant sa recherche. Le chef d’accusation¹ est ainsi sournoisement étalé dès cette première de couverture : en étudiant « la Bible comme un rêve »², Marie Balmary ferait « main basse » sur ce texte fondateur …

C’est plutôt de bon augure : la pertinence, la qualité et le succès de cette recherche originale & courageuse dérangent, voire inquiètent, certains « catholiques » …³

Il reste bien sûr tout à fait possible d’être en désaccord, partiel – voire total, même si cette hypothèse me semble particulièrement difficile à imaginer – avec la recherche de Marie Balmary. Mais le procédé exposé sur cette première de couverture relève de l’inélégance suprême, pour ne pas dire de la plus vile bassesse.

Arnaud Desjardins utilisait de temps à autre, toujours très à propos, la formule suivante :

« Qui médit se raconte,

Qui accuse se dénonce,

Qui juge se condamne. »

Il me faudra proposer ici un bilan plus précis de ce livre après l’avoir lu, mais il me semble que l’on peut déjà accorder le plus grand crédit à la formule ci-dessus en ce qui concerne tous ceux qui se cachent derrière.

Ceux qui ont réellement fait « main basse » sur la Bible, ceux qui ont transformé un texte « anthropogène » porteur de vérité, de liberté, d’égalité et de fraternité en un outil de pouvoir et de peur au service d’un cléricalisme totalement contre-productif, ceux-là ont effectivement bien des raisons de s’inquiéter des percées – décisives, à mon humble avis … – opérées par Marie Balmary.

 

Cordialement

 

0 – Une rapide recherche sur le wouèbe m’indique notamment qu’Alain Tornay a écrit un article intitulé : « Marie Balmary : révélation psychanalytique et Bible révélante », dans la revue culturelle suisse Nova et Vetera  n°83 (2008/2), p. 163-197. Cette revue « se propose d’éclairer de la lumière de la foi catholique et de la théologie de saint Thomas d’Aquin les grandes questions d’actualité ».

¹ – La présentation de ce livre, sans doute reprise sur la quatrième de couverture, indique :

« L’écoute psychanalytique est le métier de Marie Balmary et inspire son travail exégétique. Il s’agit d’aborder la Bible comme en psychanalyse on écoute un rêve supposé être porteur de significations cachées. La psychanalyse s’est déjà affrontée à l’Écriture sainte, mais jamais avec une telle attention portée à la lettre même du texte sacré. Les vues de Marie Balmary sur le Nouveau Testament et la personne du Christ sont atypiques et en contradiction avec la compréhension qu’en a toujours donnée l’Église. Cette œuvre singulière et intimidante invite à divers questionnements. C’est l’objet de ce livre qui met au jour cette main basse sur la Bible. »

A propos de l’auteur :

Alain Tornay est docteur en philosophie, ancien professeur au Collège Saint-Maurice (Valais, Suisse). Il est l’auteur de « L’oubli du bien. La réponse de Lévinas » (1999) et de « Éléments de philosophie comparée » (2 volumes, 2003).

ISBN : 979-10-97507-07-7   EAN13 : 9791097507077

Préface du père Nicolas Buttet

² – « La Bible comme un rêve » : en voilà un « résumé » un peu succinct. Les lecteurs de l’œuvre de Marie Balmary savent :

  • qu’effectivement elle est psychanalyste, et que ces gens là travaillent, entre autres, sur la ressource humaine durable qu’est le rêve ;
  • mais que son travail dépasse très largement ce seul aspect. Il est aisé de le constater puisque le lecteur est associé à son cheminement de recherche tout au long de ses principaux ouvrages (« Le Sacrifice interdit. Freud et la Bible », « La Divine Origine. Dieu n’a pas créé l’homme », « Abel ou la Traversée de l’Éden »). Le susdit lecteur doit d’ailleurs s’accrocher un peu – beaucoup ! – pour ne pas perdre le fil ;
  • qu’elle a notamment appris le grec et l’hébreu biblique – excusez du peu – pour lire au plus près du texte ;
  • et, ce qui constitue peut-être l’aspect le plus important de sa recherche, qu’il ne s’agit pas d’un travail solitaire : le Groupe Déluge et les Ateliers Bible et Psychanalyse en témoignent.

³ – Quelques recherches sommaires sur le wouèbe permettent d’établir des liens assez suspects et, a minima, de se poser quelques questions concernant l’idéologie sous-jacente à cette « mise au jour », sans doute commanditée par quelques ultras … « dévisseurs d’ampoules » !

Certes « Saint-Maurice, le très haut collège »  constitue une couverture idéale : comment oserait-on soupçonner un ex-enseignant de cette vénérable – et traditionnellement innovante – institution suisse ?

Un de ses anciens élèves, le « valaisan planétaire » Maurice Chappaz, rapporte un propos résigné du recteur de l’époque qui demeure d’actualité :

«L’Église est vraiment d’origine divine, sinon il y a longtemps que les curés l’auraient foutue par terre.»

L’auteur de la préface, Nicolas Buttet, a été ordonné prêtre le 29 juin 2003 par le – relativement controversé – évêque de Fréjus-Toulon Dominique Rey, sans pour autant avoir fréquenté le séminaire ou fait des études de théologie … ? Il semblerait que tous deux facilitent activement l’implantation de la – non moins controversée – fraternité Eucharistein en France. Leurs sourires – à cran d’arrêt … ? – me semblent inciter à la plus sourcilleuse prudence.

Si tous ces gens-là – heureusement surveillés de près par le magazine Golias – considèrent que Marie Balmary a failli, « ça laisse à penser que pour eux l’Évangile c’est de l’hébreu », comme le chantait si bien Georges Brassens.

Affaire à suivre donc, en sachant que j’assume mon « Indéfectible soutien à Marie Balmary » quelles que soient les attaques de tous bords qu’elle subit.

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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