L’hospitalité, l’accueil – Les amis de l’ami

Les Amis de l’Ami – association qui prolonge l’enseignement d’Yvan Amar – a publié récemment : « L’hospitalité, l’accueil », illustré par un extrait de « La visitation » de Fra Angelico.

 

La Visitation (partiel) – Fra Angelico

 

Voici quelques extraits de ce texte, accompagnés de commentaires en lien avec la Vision du Soi selon Douglas Harding.

« Accueillir, c’est accueillir l’autre, que l’autre soit une situation, un événement, ou l’état dans lequel on se trouve, et, le lieu privilégié de l’accueil c’est la relation avec le semblable, l’humain.

L’accueil est le lieu privilégié de reconnaissance dans la relation consciente.

L’accueil commence dans la simplicité d’une relation, où le regard que l’on porte sur l’autre, parce qu’il est un regard en quête de reconnaissance de l’Un est un regard de dignité.

La première hospitalité, c’est l’hospitalité qui accueille l’étranger, l’inconnu, l’autre, pour lui permettre en un premier temps de venir pousser en nous les portes que l’on laisse si souvent fermées.  Peu à peu, ce que la vie de séparation perçoit comme un risque, se transmute en expérience vécue, le sentiment d’une parenté nous fait ressentir une confiance, un sentiment qu’on ne peut expliquer et qui relève déjà d’une reconnaissance.

Lorsque tu accueilles l’autre, dans un premier temps, ce que tu vas voir, c’est ta réaction à l’autre. Alors, lorsqu’on dit accueillir l’autre, ce n’est pas vraiment accueillir l’autre, c’est accueillir le provocateur de ta réaction. Et par la suite, vivre, nous, avec cette réaction, c’est donc obligatoirement s’accueillir soi.
Parce que je réagis, je peux déduire : oui l’autre est un autre, ce n’est pas l’UN.
Et l’autre est cet Un qu’il va falloir reconnaître, dévoiler.
 
Prendre le risque de l’autre, traditionnellement  cela se traduit par l’hospitalité, l’accueil de l’inconnu, de l’étranger, de l’autre, parce que l’autre est cet UN qu’il va falloir reconnaître et dévoiler.
(Ces trois dernières lignes sont extraites de la  page 100 de « L’effort et la grâce ».)

Le propre de l’accueil, c’est d’être intelligent, c’est plus qu’être intelligent, c’est être Intelligence.
Pratiquant l’accueil, l’Intelligence au travers de l’accueil grandit. Nous, nous ne connaissons dans le refus que la mémoire liée aux expériences antérieures, à la façon de se protéger, à la façon de gagner, à la façon d’être meilleur, nous nous ne connaissons que ces stratégies-là.
L’accueil, au sens où nous l’entendons ici, ne connaît pas les stratégies, il est le lieu où grandit l’Intelligence ; et cette Intelligence  joue, invente…
Elle n’est pas liée à la mémoire, aux refus, aux stratégies.
Cela, c’est très subtil, évidemment.
Pratiquer l’accueil renvoie à l’obligation de conscience dans la relation, et à ce qui va grandir au travers de cela. C’est du concret.

Enfin, la discrétion, le secret sont des nécessités.
On ne dévoile pas, chacun dévoile pour lui-même. Nous sommes tellement  habitués  à partager pour montrer, pour convaincre, ce prosélytisme est la pire des choses !

Être présent au rendez-vous, avoir cette qualité d’accueil, c’est la base de la vraie mission. La mission ce n’est pas posséder une connaissance qu’on va répandre et trop souvent imposer aux autres. La mission apparaît quand on sait être au rendez vous, quand on est avec l’autre, quand on est là, qu’on écoute, l’autre devient peu à peu dans notre qualité d’accueil la révélation de plus en plus précise de ce dont les deux ont besoin et la mission à ce moment là se fait toute seule, c’est répondre à ce besoin, à cette demande…

Et quand je grandis, ça grandit, je ne peux pas grandir seul.
Pratiquer l’accueil, voilà ce qu’Yvan nous a transmis, c’est un engagement, c’est une exigence envers soi, envers la vie et cela donne une qualité à notre présence.
Pour nous prier, c’est faire ce que l’on doit.
Cette pratique efface le pratiquant !

Prendre le risque de l’inconnu, de l’étranger, c’est prendre le risque de la vie.
L’instant est toujours inconnu.
Être rassemblé, tenir la présence, la vigilance, découvrir la simplicité de relations humaines vraies.

Cette pratique consiste à faire de chaque relation l’occasion de nous renvoyer d’abord à nos mécanismes égoïstes et d’entrer alors dans une relation où ce qui importe n’est ni notre bonheur, ni celui des autres mais ce qui grandit entre nous et nous grandit.
Là est la responsabilité que nous devons assumer.
 
La relation avec les êtres est le chemin,
On ne peut grandir qu’ensemble.                                                                                                               
Dans la vie quotidienne,
La pratique consiste à faire de cette relation un travail constant.
 

Yvan, divers enregistrements »

Cordialement

 

1 – C’est en lisant ce genre de texte, remarquable en soi, que je prends conscience de la valeur infinie de ce que Douglas Harding nous a offert avec la Vision du Soi. Avec seulement deux expériences – simples, concrètes, joyeuses – il devient possible non seulement de vivre sur le champ et de comprendre parfaitement de dont Yvan Amar nous parle ci-dessus, mais également d’être en capacité de le mettre en œuvre au quotidien, dans chaque occasion de rencontre :

  • l’expérience de pointer du & des doigts

  • l’expérience du tube

 

 

 

 

 

Mais bien sûr n’en croyez pas un traître mot, essayez, vérifiez … !

2 – Autre remarque concernant « La Visitation » de Fra Angelico. Certes, ce qui est le plus visible c’est ce double geste des bras qui s’ouvrent avec une infinie douceur pour l’accueil de l’autre, d’où le choix de cet extrait par les Amis de l’Ami. Mais, l’essentiel ne se passe-t-il pas un peu plus haut, dans l’intensité de la Vision, au niveau des têtes de Marie et d’Élisabeth – ou plus exactement de leur communion en leur « absence de tête » ?

Car que peuvent bien signifier d’autre ces auréoles intensément rayonnantes, en contact si étroit qu’elles s’interpénètrent légèrement, et ces regards si éveillés, si différents de ceux des deux servantes en retrait, … ? L’expérience du tube de la Vision du Soi n’est rien de plus & rien de moins qu’une Visitation ! « L’accueil de l’autre, l’obligation & responsabilité de relations humaines vraies » n’est qu’une conséquence naturelle – simple, concrète, joyeuse – de la Vision de notre Vraie Nature.

Mais bien sûr n’en croyez pas un traître mot, essayez, vérifiez … !

3 – Une autre peinture de Visitation renvoie très fortement à l’expérience du groupe de quatre & trois personnes : il s’agit de celle de Jacopo da Pontormo.

Elle a été revisitée à son tour par un vidéaste contemporain, Bill Viola, qui à mon avis passe complètement à coté du sens de l’oeuvre originelle … Misère de la modernité submergée par ses moyens techniques ! Vous pouvez bien sûr vérifier mon hypothèse en regardant vous aussi « Greeting » sur youtube. Et dire que cette vidéo a été exposée en l’église de San Michele de Carmignano …

Je suis très loin d’être un spécialiste des peintures de la Visitation, mais je suis persuadé que toutes ont quelque chose de très précis à nous dire du face à espace, de cette démarche si traditionnelle & si originale consistant à faire volte-espace. Ce ne sont pas que des représentations d’un art de peindre, ce sont des indications d’un art de vivre.

Sur ce même sujet et sur volte-espace :

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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