Lettre de Catherine Harding pour les 10 ans de la disparition de Douglas Harding

11 Janvier 2017

« Dix ans déjà que tu as été libéré de ton apparence physique, Douglas¹.

Douglas E. Harding – © Dominica H.

 

Dix ans de solitude conjugale pour la petite Catherine, qui remercie la Vie de lui avoir donné le privilège de te rencontrer et d’être ta femme.

Tu as quitté ton corps et je continue de marcher dans mon enveloppe solitaire.

Mais ICI, au centre de moi-même, dans la Clarté de l’Être, le grand fond de lumière d’où nous venons tous, nous sommes unis plus que jamais et à jamais.

 

Merci Douglas pour ce que tu as partagé avec nous tous,des milliers d’amis à travers le monde².

Merci pour l’héritage que tu nous as laissé, la  Perle Précieuse, le Trésor, la libération ultime : la VISION DE QUI NOUS SOMMES VRAIMENT, VRAIMENT, VRAIMENT³.

Merci pour tes « expériences », la « boîte à outils » géniale qui permet à qui le veut vraiment de sortir de la prison de la petite personne enfermée dans une petite tête que nous croyons être, et de voir le Ciel Infini que nous sommes en réalité au-dedans de nous.

Puissions-nous – chacun d’entre nous – nous installer en cette Clarté et la partager avec le plus grand nombre (4).

Tu nous as libérés de l’obligation de la dépendance et de la soumission à des croyances imposées (5).

Le Face-à-Non Face au service du Grand-Ouvert, de l’amour infini devenu possible entre les êtres vivants (6).

Catherine Harding

Je veux témoigner ici de la grandeur de cet homme si modeste (7), qui a consacré sa vie à ouvrir cette Voie si concrète vers la paix, la joie, l’amour, plus proches de nous que notre veine jugulaire.

Aussi je nous invite tous, chacun d’entre nous, à célébrer cette Vision et – au plus difficile – la VIVRE (8) . »

 

Catherine Harding

Cordialement

¹ – J’avais écrit à cette occasion un Tombeau pour Douglas E. Harding.

Je précise qu’il s’agit du sens figuré du mot « tombeau » : composition littéraire, poétique, musicale, … en l’honneur d’un défunt.

Marguerite Yourcenar a ainsi regroupé à la fin de son ouvrage « Le Temps, ce grand sculpteur » de magnifiques tombeaux en mémoire de Jeanne de Vietinghoff, Jean Schlumberger et Jacques Masui. Celui que j’ai écrit pour Douglas est infiniment plus modeste.

 Ceci dit … nous sommes sans doute nombreux à savoir que Douglas n’est pas, ne sera jamais, dans la tombe ouverte à son nom. Douglas est vivant dans chacun de ceux avec qui il a partagé la Vision de notre Vraie Nature, dans le partage qui continue et s’amplifie de toutes sortes de façons.

² – Catherine a raison d’évoquer ces milliers d’amis de et dans la Vision. Ils forment une « communauté » bien spécifique, sans structure ni centre bien définis, souple et évolutive comme la vie elle-même.

Et à la différence de la plupart, cette communauté est « all inclusive ». Qui veut en faire partie est le bienvenu, sans aucune obligation … mis à part peut-être celle du partage. Et qui ne veut pas en fait quand même partie !

³ – Qu’est-ce que Douglas nous a légué exactement ? Pas le « Trésor », dont l’existence est attestée depuis des temps immémoriaux. Pas la certitude que ce Trésor est notre Vraie Nature : la plupart des grands maîtres de toutes traditions ont passé la majeure partie à le dire, le répéter, l’écrire …

Non, Douglas a apporté infiniment plus avec ses géniales expériences :

  • la possibilité pour chacun de faire l’expérience de première main de ce Trésor, ce qui change absolument … tout ! En fait c’est celle de Job, mais nettement facilitée :

« Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. »  Job 42, 5

  • la possibilité pour celui qui le veut vraiment de transformer ces expériences en exercices, de vivre le quotidien comme ascèse -exercice bien ordonné sur soi-même –  de ces expériences simples, concrètes, joyeuses. Le saut qualitatif en matière de transmission spirituelle est inimaginable.

C’est pour cela que personnellement j’éprouve la plus grande difficulté à poser la moindre étiquette sur cet « homme délicieux ». Philosophe ? Homme de science ? Artiste ? Mystique ? Ami spirituel ? … Il y a du vrai dans chacune, mais aucune n’est véritablement satisfaisante. Douglas a été, est et restera un phénomène inouï au sens fort du terme.

4 – Puissions-nous cesser de nous exiler volontairement de cette « Clarté », au prix d’efforts insensés qui nous dérobent une bonne part de notre énergie.

Puissions-nous trouver les moyens adaptés pour répondre à cette douce, mais impérieuse, obligation de partage.

5 – Comme le dit malicieusement mon ami Anaël Assier, « il est temps de mettre un terme au maître » … ! Douglas a donné à celui qui le veut vraiment les moyens de s’appuyer sans aucune illusion sur le « maître intérieur » évoqué notamment par K. G. Dürckheim.

6 – Cette phrase peut paraître obscure ou grandiloquente à qui n’a pas fait l’expérience d’un atelier de Vision du Soi. Donc … essayez, faites cette expérience – simple, concrète, joyeuse – et « donnez une chance à l’amour » comme le répétait souvent Douglas.

Pouvez-vous imaginer vivre toute votre vie sans avoir eu l’audace de prendre ce risque de l’amour … ? Quel aurait été le sens d’une telle vie, qui n’en mériterait même pas vraiment le nom ?

7 – « La vraie grandeur est silencieuse, infiniment discrète, elle réside dans la conquête de l’intelligence et de la sagesse de l’amour, de la patience et de la générosité de l’amour. »

Douglas, « cet homme si modeste », a donné à celui qui le veut vraiment tous les moyens de réaliser cette « transformation totale du sens de la grandeur » évoquée par Simone Weil, Etty Hillesum et Sylvie Germain.

8 – « Plus difficile … «  : oui cela ne se fait pas tout seul, tu as raison de le rappeler Catherine. Il est indispensable de faire preuve d’une attention soutenue, de persévérance et de patience pour réintégrer ce Centre qu’en réalité nous n’avons jamais quitté. Il est nécessaire d’investir un peu de temps et d’énergie pour valoriser ces expériences de Vision, pour se détendre dans leur évidence, pour rejoindre l’œil du cyclone

Mais n’est-il pas encore plus difficile, pour ne pas dire impossible, de se contenter de vivre en périphérie, comme une chose parmi les dix mille autres ? Poser la question c’est en fait y répondre ! Bonne pratique à tous.

« Tout cela était parfaitement simple, ordinaire et direct, au-delà du raisonnement, de la pensée et des mots. En dehors de l’expérience elle-même ne surgissait aucune question, aucune référence, seulement la paix, la joie sereine et la sensation d’avoir laissé tomber un insupportable fardeau. »

Douglas Harding

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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