« Les religions du monde » – Douglas Harding

Parmi les livres de Douglas Harding traduits en français, « Les religions du monde » est certainement le moins connu. Mais c’est loin d’être le moins intéressant.

Jugez-en : avez-vous déjà vu quelque part ailleurs un schéma heuristique d’une telle précision ? Alors que ce livre a été publié pour la première fois en 1966 !

ReligionsMonde
Les Religions du Monde, page 12
Douglas Harding – Accarias L’Originel

Ce « manuel pour les esprits ouverts », et plus précisément pour les personnes ouvertes à la dimension de l’Esprit, est surprenant à plus d’un titre :

  • le schéma ci-dessus d’abord, qui malgré ses imperfections – je ne retiendrai ici que celle conduisant à prolonger le Christianisme par le Catholicisme au lieu de l’Orthodoxie – est vraiment saisissant de clarté. La position tout à fait originale du zen apparaît très clairement, trait d’union entre deux mondes : l’indo-européen et le chinois (pour résumer très sommairement).
  • comme dans presque toutes ses préfaces, Douglas plonge droit au cœur de la question. Qui contesterait son diagnostic « La maladie [de notre planète] s’appelle la religion » à l’heure des affrontements quotidiens au Mali, en Centrafrique, au Soudan, en Syrie, Irak, Égypte, … ? Qui contesterait que le « doute … un scepticisme total et athée » et la « conversion » ont largement fait la preuve de leur inefficacité ? Mais pour être convaincu de la valeur du seul remède envisageable, « l’intégration », il vous faudra nécessairement passer par l’expérience personnelle. Doux rêve ?

« L’important, c’est que le remède agisse en vous et pour vous cher lecteur, et pour moi. Car vous êtes beaucoup plus que ce que vous paraissez être. On ne guérit pas de cette maladie individuellement. Lorsque vous voyez Qui vous êtes vraiment, vraiment, et lorsque vous voyez que la Religion Intégrale parle de votre Identité super-individuelle et réelle, c’est Qui vous êtes qui Voit en notre nom à tous. Vous ne pouvez empêcher votre vision de déborder sur le monde entier. »

  • Douglas ne fait pas l’impasse du chapitre « Religion et science », et nombre de ses remarques concernant « l’humanisme et le mysticisme scientifiques » sont tout à fait passionnantes.
  • la conclusion s’ouvre par une rafale de citations bien senties :

« Une vie non examinée ne mérite pas d’être vécue »   Platon

« Vous connaissez la valeur de toutes choses, excepté de vous-même ! »   Rûmi

« C’est être extraordinairement aveugle que vivre sans chercher à savoir ce que nous sommes. »    Pascal

« Toute la religion chrétienne consiste essentiellement en ceci : apprendre à nous connaître nous-mêmes, découvrir d’où nous venons et ce que nous sommes. »   Jakob Böhme

« Comprendre tout excepté soi-même, c’est très comique. »   Kierkegaard

« L’oubli du Soi est la source de toutes les souffrances. »   Ramana Maharshi

  • … et elle s’achève par une proclamation vigoureuse de la proposition fondamentale de la Vision du Soi :

« Seul Ce qui est ICI [au Centre] ne me décevra jamais. Cela seul est permanent, libre, éternel, immuable. C’est Rien, la Vacuité, la Clarté pure. Mais c’est un Rien très spécial – un Rien qui est conscient de lui-même en tant que Rien, et Tout ! Voilà ce que je suis !« 

  • ReligionsDuMondebien entendu les cinq chapitres « d’initiation » à l’hindouisme, au bouddhisme, au confucianisme – taoïsme – zen, au judaïsme – christianisme et à l’islam  exposent une recherche sérieuse, passionnée, exigeante, documentée. Mais, comme d’habitude, n’en croyez pas un mot, vérifiez !

Bref, dans ce domaine comme dans bien d’autres, la solution de la Vision du Soi est offerte à qui veut bien s’en saisir. Allons-nous encore longtemps continuer d’être idiots au point de négliger pareil trésor ? La Vision du Soi n’est-elle pas – un peu à la manière du zen dans le schéma ci-dessus – un pont entre le meilleur du monde d’hier, spiritualités & sciences, et un monde meilleur possible pour demain ? Il y a urgence à l’emprunter pour éviter soit le « meilleur des mondes », soit l’effondrement.

Cordialement

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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