Les hauts de Kannon (extraits) – Christian Le Dimna – Revue VST n°0/02-97

Christian a eu la chance de pouvoir accueillir Catherine et Douglas Harding accompagnés d’Alain Bayod lors de leur voyage au Japon en Avril 96 ; il nous raconte ses impressions.

[…] Yuko Takaki, éditrice et amie de Douglas, avait préparé leur séjour du 3 au 17 avril 96, avec une perfection toute japonaise et su réunir une soixantaine de personnes à Kyoto et près de cent à Tokyo pour 2 week-ends d’une dizaine d’heures … d’exécution chacun.  Si on avait d’abord pu s’interroger sur l’impact que produiraient sur les japonais, les exercices tranchants élaborés par Douglas et que lui et ses deux complices leur proposaient avec amour, l’intensité des question et la profondeur exceptionnelle du témoignage des participants prouvèrent, si besoin était, qu’aussitôt après avoir traversé les apparences sociales et culturelles, on aborde au même espace infini.

La traduction effectuée par Eric, un anglais qui avait 16 ans lors de sa première rencontre avec Douglas, révélera d’ailleurs que certains endroits du voile sont moins épais ici qu’ailleurs.  Ainsi lorsque nous nous tenons face à face avec quelqu’un, les japonais s’accordent à celui qui est là-bas (mukaï- au).  Lorsque je me désigne moi-même du doigt en pointant l’index sur ma poitrine, eux le dirigent vers l’espace qu’ils sont vraiment, vraiment, vraiment.  Il me plaît de constater que ce geste est identique à celui qui résulte des 50 ans d’effort fournis par Douglas pour trouver un outil qui nous dirige le plus directement possible vers le lieu que nous n’avons jamais quitté.  De constater aussi que c’est un patriarche au visage de Bodhidarma et venu d’Occident comme celui-ci, qui redonne vie à ce qui n’était plus qu’un symbole indéchiffrable.

(Note de Jean-Marc : Il ne s’agit pas ci-dessus du moine de Tokyo en compagnie de Douglas, mais de maître Deshimaru devant une représentation de Boddhidharma, le 28° patriarche indien et 1° patriarche chinois.)

[…] Je me souvenais avoir entendu rapporter qu’il n’y a rien de pire que de vivre dans l’intimité des sages.  Je vous le confirme : leur disponibilité de tout instant, leur ouverture permanente, leur simplicité lumineuse et leur humour sont une véritable provocation.  Mais ce qui m’a le plus appris, c’est de voir la consécration sinon « l’obsession totale » dont ils font preuve pour partager ce trésor qui nous appartient tous.  C’est aussi la complète démystification de cette réalité mystique : ainsi, à table, Douglas se servant avec application de ses baguettes, prolongements conscients de ses doigts, comme, explique-t-il, les toilettes puis les égouts, les rivières etc … le sont de ses intestins et m’amenant ainsi à voir de la manière la plus simple que l’univers est mon corps.

[…]

 

Cordialement

 

by-nc-sa

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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