Le visage, 1/4 – Les nouveaux chemins de la connaissance

Nouveaux chemins … certes, puisque tel est le titre de l’émission de France Culture, mais le thème du visage a été évoqué du 1° au 5 octobre 2007, et le livre a paru aux éditions Perrin en 2009.

Le visage demeure quant à lui un immémorial chemin de connaissance de soi, et la méthode de la Vision du Soi selon Douglas Harding est venue récemment – enfin, début des années soixante quand même – apporter une contribution décisive à cette démarche qui, peut-être, nous définit comme êtres humains.

Une semaine de radio, soit cinq entretiens de Raphaël Enthoven avec divers invités :

  1. Claudine Haroche et Jean-Jacques Courtine
  2. Dan Arbib
  3. Noëlle Chatelet
  4. Nadeije Laneyrie-Dagen
  5. David Le Breton

Mon impression générale est assez ambivalente : certes l’ensemble est de belle qualité, présente de solides informations, réflexions et liens avec des œuvres littéraires, mais … Mais tout ce bon travail demeure globalement assez extérieur et, excepté dans le deuxième entretien, le chemin de la profondeur (icône, visage originel du zen, …) n’est quasiment pas évoqué sérieusement.

HistoireVisageQue retenir du premier, conduit avec les auteurs d’une « Histoire du visage » ?

R. E . : On dit souvent des individus qu’ils se cachent en pleine lumière, on parle souvent des mystères à ciel ouvert. Reprendriez-vous cette expression à votre compte pour qualifier le visage : un mystère évident ?

J-J. Courtine : Oui c’est un mystère ; il l’est d’ailleurs resté pour nous. Nous étions partis de quelque chose qui dans le visage faisait énigme, et je ne pense pas que, en dépit de tous nos efforts, nous soyons parvenus à trouver une résolution à ce paradoxe.

R. E . : Nous sommes donc au cœur d’un paradoxe phénoménologique, puisque le visage questionne le statut des phénomènes. Que dit un phénomène selon Platon ? Il montre quelque chose, il fait signe vers un au-delà ; mais en même temps, il le dissimule par son apparition même …

C. Haroche :La multiplication des écrans et des technologies nouvelles a conduit à un aplatissement du visage sur les écrans. L’époque donne l’impression d’enjoindre les gens simultanément à l’expressivité et à l’inexpressivité, c’est-à-dire quelque chose de lisse passant bien, parce que les choses qui accrochent pour les médias audiovisuels sont éventuellement suspectes.

R. E . : Or le texte d’Oscar Wilde [Le portrait de Dorian Gray] montre bien que ce que le visage exprime est d’abord le contraire de ce qu’est la personne même.

Ces quelques extraits permettent de bien supposer, à défaut de vraiment comprendre,  … à quel point le visage constitue un lieu particulier, une « porte » pouvant ouvrir sur un « mystère ». Et à quel point cet « aplatissement » et ce « lissage » contemporains participent de la négation du « mystère ». Sans doute plus du fait d’une abyssale ignorance que d’une volonté délibérée, même s’il est vrai que cette espèce de « complot  plus ou moins conscient » génère un chiffre d’affaire considérable dans bien des secteurs, de la cosmétique à la psychothérapie …

On rejoint là cette réflexion quasi prophétique de Georges Bernanos dans son ouvrage  « La France contre les robots », paru en 1947 :

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

En omettant généralement la savoureuse phrase suivante qui clôt le paragraphe :

« Hélas ! la liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles ! »

 

La Vision du Soi constitue une excellente façon d’explorer, simplement et efficacement, ce « mystère évident », de voir à quel point le « Grand », notre vraie nature d’espace d’accueil, est le contraire en tous points du « petit » auquel nous nous réduisons si souvent, de retrouver l’infinie profondeur que nous sommes, tant dans le champ extérieur – plus de quarante puissances de dix – qu’intérieur. De la retrouver, mais surtout de l’habiter, de l’être … sans prétendre bien évidemment en épuiser le mystère.

Comme d’habitude n’en croyez pas un mot, essayez, testez, vérifiez ! Mais n’espérez pas « quelque chose de lisse passant bien » …

Cordialement

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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