Le Procès … – Témoin à charge n° 23, le mollah

« Dans sa représentation moderne, pseudo-scientifique et, il est vrai, quasiment athée, le monde a perdu sa dimension verticale. C’était un monde perpendiculaire, vivant, en bonne santé. Maintenant, il est tombé à plat sur le dos.

Voyez la différence entre cette petite troisième personne avec ses bras minuscules, la tête en haut les pieds en bas, mince comme du papier, encadrée, sous verre, et qui n’a pas de place pour Dieu, et cette Première Personne immense qui est le contraire de tout cela, pleine de Dieu à ras bord, et dont les bras qui sont les bras de Dieu s’élèvent visiblement (…) jusqu’au-delà des étoiles. Ce n’est pas le petit là-bas qui se prosterne devant le Grand ici. Comme le dit Angélus Silésius :

« Dieu s’incline devant Lui-même et Se prie Lui-même. »

 

 

C’est uniquement en tant que Lui que je suis assez humble, et assez profond, pour être Lui.

« L’homme extérieur est la porte battante, l’Homme Intérieur est la charnière immobile. Quand je suis un avec ce en quoi sont toutes choses, passées, présentes et futures, et toutes à la même distance … alors elles sont toutes en Dieu et toutes en moi. »

Maître Eckhart »

 

[Il est beaucoup question de Dieu dans ce chapitre, ce qui n’est pas étonnant puisque le témoin à charge est un professionnel, un « fonctionnaire » de Dieu pour reprendre le bon mot (et livre) d’Eugen Drewermann.

Ce mot « dieu » pouvant irriter certains lecteurs au point de les faire aussitôt fuir définitivement, je vous propose ci-dessous une petite histoire, drôle et profonde, d’un autre Mollah célèbre dans le monde entier : Nasrudin.

Cette histoire permet, à mon sens, de dédramatiser le mot « dieu » et de comprendre clairement son utilité, au moins aussi essentielle que celle du 18° âne … !

Un homme mourut, laissant dix-sept ânes à ses trois enfants. Selon ses dernières volontés, l’aîné devait recevoir la moitié du cheptel, le second le tiers et le cadet le neuvième. Ne pouvant exécuter ces volontés, les trois enfants vinrent demander conseil à  Nasrudin.

– Vous êtes en train de vous disputer pour rien, leur dit ce dernier.
Je vais vous prêter mon âne et votre problème sera résolu.

Il porta ainsi le troupeau à dix-huit têtes. Il en donna la moitié à l’aîné, soit neuf ânes, le tiers au second, soit six ânes et le neuvième au cadet, soit deux ânes. Le total des trois parts étant de dix-sept, il récupéra l’âne restant, celui qu’il leur avait prêté …

Cette courte histoire aurait certainement sa place dans bon nombre de manuels scolaires, partout où des « adultes » se déchirent à propos d’un « dieu » qu’ils conçoivent différemment et pensent honorer en s’entre-tuant …]

 

Notre pianiste a, bien sûr, lui aussi rendu hommage à Nasrudin.

 

Cordialement

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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