Le Procès … – Témoin à charge n° 20, la kinésithérapeute

« Les corps que traite le témoin sont des systèmes clos, enfermés dans une peau. Chacun est une chose nettement définie, au sein d’un monde familier de choses nettement définies. Le mien, au contraire, est ouvert. Au Bout du Monde qui est sa Ligne de Base, ce corps s’ouvre sur un univers totalement différent et se fond en lui – un monde de Nulle part infiniment mystérieux, dans lequel il n’y a pas la moindre chose. Mon corps puise sa nourriture dans cet Autre Monde comme l’arbre puise la sienne dans ses racines, et ses racines dans le sol.

[NB : ce dessin est extrait du chapitre n°18, la disciple fervente.]

[…]

Mon corps largement ouvert est absolument unique. Je n’en ai jamais rencontré de semblable. Les corps que traite le témoin sont nombreux et remarquablement identiques.

[…]

John a-Nokes n’est qu’une image dans un tableau encadré, accroché au mur. Il n’est qu’une apparence, ni substantielle ni réelle, encore moins divine. Quant à la personne réelle et substantielle qui est ici, libre et sans limite, je vous jure que les faits m’ont forcé à revenir (bien malgré moi) à quelque chose qui ressemble fort au Christ immanent de mon enfance. Par une grâce étonnante, je suis revenu à Moi, enfin !

[…]

La question est maintenant de savoir comment traiter efficacement les nœuds qui peuvent se former dans mon véritable corps, qui est unique. Quel est le bon remède, le remède pratique, qui doit forcément être aussi différent de celui utilisé par le témoin que ses patients sont différents de moi ? …  A proprement parler, le traitement n’est pas un traitement. Il n’est pas question de faire quelque chose, mais de s’éveiller. Il s’agit d’attention, d’humilité face à l’inévitable évidence, de regard soutenu qui permet de voir, de gratitude pour ce qui nous est donné, pour le Dieu qui se donne lui-même.

Et lorsque je regarde vraiment, la découverte essentielle et décisive, c’est l’absence de cette pelote de nœuds qui est censée être ma tête.

[…]

Mais aucun nœud ne peut résister à ce traitement si on l’applique consciemment, assez régulièrement

[…]

N’est-ce pas éminemment simple ?
Simple ne veut pas dire facile. Ce traitement pour les nœuds (qui est aussi un traitement pour le blasphème) n’est pas radical et définitif. Il faut le poursuivre. Dès que mon attention flanche, la pelote de nœuds se remet en place … »

« L’homme extérieur et l’homme intérieur sont aussi différents l’un de l’autre que la terre du ciel. »

Maître Eckhart

« En entretenant mon enveloppe physique, j’ai perdu de vue mon véritable moi. En regardant de l’eau boueuse, j’ai perdu de vue le clair abîme. »

Tchouang-tseu

« Comme les rivières noient leur nom et leur forme dans la mer, les sages noient leur nom et leur forme dans la lumière infinie de Dieu. Celui qui a trouvé l’Esprit est Esprit … Les nœuds de son cœur sont dénoués. »

Mundaka Upanishad

 

Où sont les racines du pianiste ?

 

Cordialement

 

A propos de Jean-Marc Thiabaud

Jean-Marc Thiabaud, 57 ans, marié, deux fils. La lecture de "La philosophie éternelle" d'Aldous Huxley m'oriente précocement sur le chemin de la recherche du Soi. Mon parcours intérieur emprunte d'abord la voie du yoga, puis celle de l'enseignement d'Arnaud Desjardins. La rencontre de Douglas Harding en 1993 me permet d'accéder à une évidence que je souhaite désormais partager.
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